Quand Nicolet montre la voie

ÉDITORIAL / Ce n’est pas la première fois que les façons de faire de Nicolet sont citées en exemple. Le plus récent accomplissement de cette petite ville audacieuse est d’avoir réussi à réduire de 20,9 % ses gaz à effet de serre entre 2012 et 2020, une première au Québec nous dit-on. Si d’autres villes ont des engagements semblables en cette matière, il faut souligner l’efficacité des mesures déployées par l’administration municipale nicolétaine au cours des dernières années.

Après avoir inspiré plusieurs autres villes et municipalités pour la mise en place d’un budget participatif citoyen – Trois-Rivières s’y mettra enfin dès 2020 – et pour l’obtention de la certification de «communauté bleue», Nicolet fait encore figure de pionnière et de ville résolument tournée vers l’avenir en s’attaquant aux émissions de gaz à effet de serre (GES).

C’est connu, les villes et les municipalités jouent un rôle crucial dans la lutte contre les changements climatiques. Comme gouvernements de proximité, elles ont un impact direct sur de nombreux secteurs à fortes émissions et sur le mode de vie des populations locales. Elles sont donc bien placées pour mettre en œuvre des mesures concrètes de réduction de GES et d’adaptation au sein de leurs communautés.

Sept ans après avoir mandaté une firme pour l’accompagner dans l’évaluation de ses émissions de GES et dans le déploiement de moyens pour les réduire, Nicolet a reçu son bulletin et dépasse déjà l’objectif qu’elle s’était fixé. En 2012, la Ville alors dirigée par le maire Alain Drouin, avait pris l’engagement de réduire d’au moins 20 % ses émissions de GES d’ici 2020. C’est chose faite.

Parce qu’il y a eu une volonté politique d’honorer cet engagement, essentiellement. Une nouvelle administration municipale aurait très bien pu ne pas avoir la même sensibilité et la même détermination. Mais c’est plutôt le contraire qui s’est produit. Depuis qu’elle est arrivée en poste, en 2016, Geneviève Dubois semble mettre les bouchées doubles en matière d’environnement et de changements climatiques. C’est tout à son honneur, mais aussi à celui des élus et des fonctionnaires qui l’entourent.

Nicolet a choisi la stratégie des petits pas. Une ville de cette taille n’a certainement pas les mêmes comportements émetteurs de GES qu’une ville de 100 000 habitants ou plus. La Ville a choisi d’intervenir sur ses bâtiments, sur son parc de véhicules, sur son éclairage public, sur sa gestion de l’eau et sur les déchets municipaux.

Le bilan dévoilé ces derniers jours à Nicolet s’inscrit dans une volonté du monde municipal de faire sa part dans la réduction de gaz à effet de serre. Dans la foulée de l’adoption de sa première politique de développement durable, en 2009, Trois-Rivières avait pris un engagement de réduire de 20 % ses émissions de GES d’ici 2030 et un bilan est attendu au cours des prochains mois. Récemment, des MRC comme des Chenaux ou Maskinongé ont aussi manifesté le souhait d’avoir un inventaire des émissions de GES sur leur territoire. Partout on sent une volonté de déployer des efforts pour les réduire. Et ça, c’est une excellente nouvelle. Même le gouvernement du Québec est prêt à accompagner le monde municipal, notamment par le biais du programme Climat Municipalités, qui suscite encore beaucoup d’engouement.

Ces manifestations de volonté surviennent au moment où le ministre de l’Environnement du Québec, Benoit Charette, annonce que le Québec est prêt à réduire encore davantage ses émissions de gaz à effet pour 2030, comme le demande un groupe d’experts de l’ONU. La cible du Québec pourrait passer de 37,5 % à 50 % de réduction des GES pour 2030, par rapport au niveau de 1990. C’est considérable.

Il est certes encourageant de voir que des municipalités veulent faire leur part, d’une part parce qu’elles peuvent servir d’inspiration pour les citoyens et d’autre part parce qu’en matière de lutte aux changements climatiques, chaque geste compte.