La mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois, la directrice générale d'Eau Secours, Alice-Anne Simard, et sa présidente, Joceline Sanschagrin

Quand Nicolet donne l’exemple

Nicolet vient de recevoir sa certification de «Communauté bleue». En cette période où les préoccupations environnementales font partie du discours et des préoccupations d’un nombre sans cesse croissant de citoyens, il est bon de voir que des villes et des municipalités emboîtent le pas et deviennent, dans la mesure de leurs capacités et de leurs pouvoirs, des modèles à suivre.

Ce n’est pas la première fois que Nicolet sert d’exemple. La Ville avait été parmi les premières, du moins dans la région, à mettre en place un budget participatif citoyen, avec le succès que l’on connaît maintenant. Des représentants de la Ville, dont la mairesse Geneviève Dubois, ont souvent été appelés, depuis, par d’autres administrations municipales pour partager leur expérience et parler de cette initiative.

Cette fois, la reconnaissance de Nicolet comme «Communauté bleue» vient saluer l’engagement de la Ville à reconnaître le droit humain à l’eau et aux services d’assainissement, à promouvoir des services d’eau potable et d’eaux usées financés, détenus et exploités par le secteur public et surtout, à interdire la vente d’eau embouteillée dans les édifices publics et lors des événements.

Au Québec, seules les villes d’Amqui et de Danville ont devancé Nicolet à titre de «communautés bleues». À l’échelle internationale, une quarantaine de villes, dont Paris, Berlin et Madrid, se sont vu décerner ce titre. La démarche est encore jeune et il y a fort à parier, comme le souhaite la mairesse Dubois, que les villes pionnières en entraîneront plusieurs autres dans leur sillon. Et c’est tant mieux.

Au Québec, la démarche de certification est coordonnée par l’organisme Eau Secours. Ce qui la rend intéressante, c’est que ce sont des engagements réalistes qui sont mis de l’avant, peu importe la taille des municipalités. L’engagement va au-delà des considérations liées davantage à une philosophie ou à un engagement de principe, comme c’est le cas, par exemple, avec la Déclaration d’urgence climatique, à laquelle adhèrent de plus en plus de municipalités.

Il faut saluer le leadership démontré par des municipalités comme Nicolet, mais il faut aussi souligner tout autant l’engagement d’organismes, d’institutions et d’entreprises qui embarquent dans l’initiative des Communautés bleues. Les exemples d’actions concrètes sont nombreux et inspirants.

Concrètement, l’interdiction de vente de l’eau embouteillée constitue un bon moyen de réduire la pollution plastique. À elle seule, la Ville de Nicolet ne réglera pas le problème, mais elle contribuera certainement à l’atténuer. Et si d’autres villes embarquent, cela finira par avoir un impact considérable. Pourquoi? Parce que les administrations municipales sont aussi des gouvernements de proximité. Et qui dit «gouvernement de proximité» dit souvent source d’inspiration pour les citoyens. Ce sont les villes qui ont mis en place des mesures de tri sélectif des ordures, des campagnes de distribution de barils de récupération d’eau de pluie. Ce sont elles qui favorisent le compostage, la récupération de livres usagés, la plantation d’arbres.

Déjà, plusieurs municipalités de la région ont annoncé des mesures concrètes qui partagent certains objectifs avec le programme des Communautés bleues. Bécancour, notamment, souhaite éliminer les bouteilles d’eau en plastique lors des événements municipaux et sportifs. Trois-Rivières, qui vient de se doter d’une Commission du développement durable et de l’environnement digne de ce nom, lorgne aussi la reconnaissance comme Communauté bleue. Des institutions d’enseignement emboîtent aussi le pas.

De plus en plus de monde veut prendre le train de l’environnement. Là où certains verront de l’opportunisme, il faut plutôt voir la place que prend l’environnement et la lutte contre les changements climatiques dans nos discussions. Il faut se réjouir, surtout, que le sujet s’impose maintenant presque de façon naturelle dans les processus de prise de décisions politiques et dans le débat public en général.