Martin Francoeur
Le Nouvelliste
Martin Francoeur

Prudence et optimisme

ÉDITORIAL / De prime abord, elle est réjouissante cette nouvelle selon laquelle le vaccin contre la COVID-19 développé par le géant pharmaceutique Pfizer a généré un taux d’efficacité de 90 %. 

Depuis le temps qu’on nous dit qu’un retour à la normale ou à quelque chose qui s’en rapproche repose essentiellement sur la découverte et la distribution d’un vaccin efficace, on ne va pas bouder notre plaisir de trouver cette nouvelle encourageante. Même si elle appelle à la prudence.

Il y avait quelque chose d’ironique dans le fait que Pfizer claironne sa nouvelle deux jours après l’annonce de la projection de la victoire de Joe Biden sur Donald Trump. Ce dernier promettait un vaccin «pour bientôt» depuis plusieurs mois. Et c’est le président élu, Joe Biden, qui a commenté la nouvelle lundi, indiquant qu’elle apporte «tant de raisons d’espérer», tout en ajoutant qu’il faudra encore des mois avant que ne se termine la bataille contre la COVID-19.

Même les marchés boursiers se sont emballés devant cette lueur d’espoir au bout du tunnel.

Les données révélées par Pfizer lundi proviennent du stade 3 de l’étude clinique de son vaccin. Elles ne sont que préliminaires et n’ont pas été validées par la communauté scientifique. Mais déjà, un taux de succès de 90 %, s’il est avéré, est au-delà de ce que plusieurs espéraient pour un virus capable de combattre la COVID-19.

Il restera sans doute plusieurs étapes de validation et d’homologation au cours desquelles on voudra répondre à une multitude de questions qui sont soulevées par la découverte possible d’un virus contre la COVID-19. Les résultats sont peut-être incomplets et aucune autorité réglementaire n’a encore approuvé quoi que ce soit. Mais au moins, on se rapproche de quelque chose.

Et tout cela ne doit pas enlever de l’importance à la nouvelle.

Quelque encourageante qu’elle soit, la nouvelle ne doit pas non plus nous faire crier victoire et nous rendre moins vigilants dans le respect des mesures actuellement déployées pour limiter la propagation du virus. Il y a encore loin de la coupe aux lèvres, mais si la confirmation arrive et que la distribution est autorisée, on pourrait espérer une vaccination prioritaire dans le premier trimestre de 2021. Le Canada, doit-on le rappeler, a une entente avec Pfizer, comme avec d’autres firmes qui travaillent sur des vaccins candidats, pour fournir plus de 20 millions de doses dans un premier temps.

D’ici là, d’autres annonces pourraient survenir et rendre encore plus brillante la lueur au bout du tunnel.

Ça fait tout de même du bien de parler de COVID-19 et de bonne nouvelle dans un même texte.