Le Dr Olivier Roy, le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, la députée de Laviolette, Julie Boulet, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, le président-directeur général du CIUSSS-MCQ, le Dr Marc-André Lacombe et la présidente de la Fondation pour la santé du Haut Saint-Maurice, Caroline Bérubé, ont procédé à la première pelletée de terre symbolique inaugurant les travaux d’agrandissement et de réaménagement de l’urgence.

Pour tous ceux qui ont dû faire la route

Ça faisait au moins quinze ans que La Tuque réclamait une unité satellite d’hémodialyse. Et c’est maintenant chose faite. C’est une bonne nouvelle, assurément, mais on ne peut pas s’empêcher de se demander, en même temps, comment il est possible de prendre autant de temps avant de répondre à un besoin criant pour les soins de santé dans une région isolée.

Ce besoin, il était connu. Au début des années 1990, Léonce Audy et son épouse avaient dû déménager de La Tuque à Trois-Rivières pour que monsieur – aujourd’hui décédé – puisse recevoir ses traitements d’hémodialyse trois fois semaine, à raison de quatre heures par traitement. 

D’autres patients – des dizaines, voire des centaines au fil des ans – n’avaient d’autre choix que de faire le trajet de plus de 160 kilomètres entre La Tuque et le centre hospitalier que l’on qualifie successivement d’affilié, d’universitaire et de régional. Les patients en hémodialyse de La Tuque, eux, lui accolaient volontiers un autre qualificatif: éloigné.

En 2005, le club Rotary de La Tuque s’en était mêlé, en désignant un de ses membres, Gaston Hamel, pour intervenir auprès des dirigeants et dénoncer l’absence de service d’hémodialyse. L’année suivante, le maire Réjean Gaudreault mettait tout son poids politique pour que La Tuque obtienne une telle unité satellite. Dans les années qui suivirent, plus de 5000 personnes ont signé une pétition à cet effet.

Ce n’est qu’en 2014 que le dossier a été élevé au rang de priorité pour le Centre de santé et de services sociaux du Haut-Saint-Maurice, puis de l’Agence régionale de santé et de services sociaux. Une annonce a été faite cette même année. On prévoyait l’ouverture de cette unité à la fin de l’année 2015.

Nous sommes à la fin de 2017.

Il ne faut donc pas s’étonner de voir que le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, et la ministre responsable de la région, Julie Boulet, étaient tout sourire vendredi pour inaugurer cette unité satellite. 

Mais bien plus que les dignitaires, c’est la population, les entreprises, les organismes et les gens d’affaires de la région qu’il faut remercier. Parce que si l’ouverture de cette unité représente un investissement de 2,6 millions $, il faut savoir que près du cinquième de cette somme – environ 500 000 $ – a été avancé par la Fondation pour la santé du Haut-Saint-Maurice. C’est impressionnant et ça mérite le plus grand des respects.

Le ministre Barrette n’a pas manqué de le souligner: c’est comme si on avait amassé 75 millions $ à Montréal.

Non seulement on doit attendre des années – presque des décennies dans ce cas-ci – pour obtenir un service nécessaire, mais on doit aussi compter sur la communauté pour en financer une bonne partie. Est-ce normal? Le ministère de la Santé, le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec, c’est déjà financé avec nos impôts. 

Tant mieux si la contribution de la Fondation a pu permettre de finaliser le montage financier pour enfin déployer des services d’hémodialyse dans le nord de la Mauricie. Mais le danger est de faire de ce type de participation financière une condition sine qua non à la réalisation de projets qui, normalement, devraient faire partie des investissements normaux d’une autorité sanitaire.

On a profité de l’inauguration de l’unité de dialyse, vendredi, pour procéder à la première pelletée de terre pour marquer le début des travaux d’agrandissement et de réaménagement de l’urgence. Il s’agit d’un projet de 14 millions $ qui devrait, dit-on, être complété à la fin de 2019.

Mais les gens de La Tuque et de la haute Mauricie savent maintenant très bien qu’ils ne peuvent plus croire les autorités qui leur parlent d’échéanciers, surtout en matière d’infrastructures de santé.

Ce n’est peut-être pas un hasard si la première pelletée de terre de la future urgence a été difficile à faire en raison du sol gelé...