Donald Trump

Pour combien de temps?

Donald Trump est devenu vendredi le 45e président des États-Unis. Il y a une grande question qui circule depuis plusieurs semaines déjà: combien de temps pourra-t-il rester en poste? Les plus optimistes diront huit ans. Les probabilistes répondront quatre ans. Les réalistes opteront pour une durée inférieure à quatre ans.
Ils ne sont pas rares ceux qui croient que Donald Trump ne finira pas un premier mandat. Plusieurs facteurs l'exposent à une destitution. Mais la théorie la plus récurrente est celle selon laquelle il pourrait tôt ou tard faire face à une procédure d'impeachment parce qu'il aura fait ce qu'il a déjà fait plusieurs fois par le passé pour atteindre ses objectifs: enfreindre des lois.
Il trouvera sur sa route des ennemis, dont certains en habit d'alliés, qui travailleront fort pour lui mettre des bâtons dans les roues. Bien des républicains préféreraient de loin voir Mike Pence, le vice-président, à la tête du pays. Surtout que le nouveau chef de la Maison-Blanche a une fois de plus dénigré cette classe politique vendredi, dans son discours d'intronisation.
Les détracteurs de Trump ont déjà des outils à leur disposition. Il y a une soixantaine de causes pendantes devant différents tribunaux: fraude, litiges contractuels, discrimination sexuelle, diffamation, atteinte à la réputation. De quoi mettre le président sur la sellette, mais pas nécessairement sous un jour favorable.
Il y a aussi ces allégations, rendues publiques il y a deux semaines, quant aux activités douteuses auxquelles se serait livré Donald Trump lors d'un séjour en Russie. Le principal intéressé a nié le tout, mais ils sont nombreux à croire, tout de même, qu'il n'y a pas de fumée sans feu. Les allégations contenues dans le document dont l'existence a été évoquée par Buzzfeed, si elles sont avérées, entraîneraient inévitablement la chute de Trump. Pas tant pour les prétendues activités à caractère sexuel dont il a été abondamment question, mais plutôt pour les possibles accusations de trahison qui pourraient découler des révélations concernant ce que certains estiment être une conspiration entre l'équipe de Trump et les dirigeants russes pour favoriser son élection.
Même si on n'a pas encore prouvé la véracité des allégations, elles sont comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête du président.
Plusieurs évoquent aussi le risque élevé d'attentat contre le nouveau président. Les mécontents sont encore nombreux. Des mouvements de résistance s'organisent. La colère gronde encore, plus de deux mois après l'élection qui a vu Hillary Clinton remporter le vote populaire par presque 3 millions de votes de plus que son adversaire devenu président.
Si la durée de la présidence de Donald Trump demeure une source de spéculations, on a déjà une bonne idée du style de cette présidence. Il sera calqué - mais peut-être en version édulcorée - sur celui de la campagne électorale, qui l'a propulsé là où il se trouve aujourd'hui. Avec des idées déjà familières: protectionnisme, climato-scepticisme, repli identitaire et tant d'autres encore. Fallait-il s'étonner de voir que le premier décret présidentiel concernait le retrait des États-Unis du Partenariat transpacifique, ce qui vient pratiquement signer l'arrêt de mort de cet ambitieux accord de libre-échange?
La présidence de Donald Trump est un saut dans le vide. Personne ne sait trop à quoi s'attendre. Ni pour combien de temps.