Pleins feux sur Trois-Rivières

ÉDITORIAL / Dans une élection générale, qu’elle soit fédérale ou provinciale, il y a toujours un certain nombre de circonscriptions à surveiller de près pour toutes sortes de raisons: candidats vedettes, luttes serrées à prévoir, rupture avec la tradition électorale, etc. Pour l’élection fédérale d’octobre prochain, Trois-Rivières sera de celles-là.

À n’en pas douter, la circonscription de Trois-Rivières aura des projecteurs braqués sur elle dans les mois qui viennent. La lutte s’annonce serrée et on sait déjà qu’elle mettra en vedette, entre autres, l’ancien maire Yves Lévesque, le député sortant Robert Aubin, ainsi que la conseillère municipale Valérie Renaud-Martin. Cette dernière deviendra officiellement candidate pour les libéraux de Justin Trudeau mardi prochain.

Les sondages menés au cours des dernières semaines à l’échelle nationale ne donnent pas tous les mêmes pronostics. Certaines firmes accordent des avances considérables aux conservateurs d’Andrew Scheer, d’autres concluent au coude-à-coude entre les libéraux et les conservateurs dans les intentions de vote ou prédisent une mince victoire libérale. Tout cela semble indiquer, selon les sondeurs et les analystes, que l’opinion publique bouge encore beaucoup en prévision de l’élection d’octobre.

Au Québec, le portrait est un peu plus fixe et présente constamment une avance des libéraux dans les intentions de vote. Le plus récent sondage Léger, publié le 26 juillet, indique que les libéraux recueillent 35,6 % des intentions de vote, soit un niveau similaire à son résultat de 2015. Le Parti conservateur se trouve en deuxième place avec 22,7 %, soit quelques points de plus que son score de 2015.

En temps normal, avec des chiffres semblables, Trois-Rivières ferait probablement partie des circonscriptions qui basculeraient du côté libéral. Mais les conservateurs ont un candidat vedette, l’ancien maire Yves Lévesque. Et il y a un député sortant bien en vue qui sollicite un troisième mandat. Ajoutez à cela un candidat ou une candidate bloquiste qui profite de la remontée de son parti depuis l’arrivée du chef Yves-François Blanchet et tout devient possible.

Le site de projections Canada338 donne les libéraux et les conservateurs au coude-à-coude dans Trois-Rivières. Impossible de faire une prédiction sûre. Les libéraux obtiendraient, en tenant compte des derniers sondages et de la présence d’un ex-maire comme candidat, 30,2 % des voix, contre 29,8 % pour les conservateurs. Inutile de dire qu’on est dans les marges d’erreur.

Même si sa candidature sera confirmée mardi, on a déjà commencé à voir Valérie Renaud-Martin dans les activités préparatoires de la campagne électorale. Plus tôt cette semaine, elle était bien en vue derrière le premier ministre lors d’un rassemblement. Elle a même pris part à une mêlée de presse aux côtés de la ministre Mélanie Joly. Elle semble incarner le type de candidature que les libéraux veulent mettre en lumière: une femme, jeune, engagée politiquement.

D’ailleurs, la principale intéressée a indiqué qu’elle ne mettra pas en pause son engagement politique municipal pendant la campagne fédérale. C’est un choix discutable, bien qu’elle soit pleinement dans son droit.

Lors de l’élection fédérale de 2015, le conseiller municipal shawiniganais Jean-Yves Tremblay, qui était alors candidat pour le NPD dans Saint-Maurice–Champlain, avait choisi de donner son salaire de conseiller municipal à la Ville de Shawinigan – environ 3200 $ pour les sept semaines de campagne électorale – pour que celle-ci puisse le redistribuer à un ou des organismes subventionnés par la Ville.

La Loi sur le traitement des élus municipaux ne contient aucune disposition prévoyant un arrêt du traitement d’un élu dans le cas où celui-ci brigue les suffrages à un autre niveau de gouvernement. Il s’agit, bien souvent, d’une décision personnelle. Il suffit de se demander si les services aux citoyens du district des Carrefours et si la participation de la conseillère Renaud-Martin aux comités de la Ville seront compromis pendant la campagne fédérale.

Elle seule peut y répondre.