Robert Aubin fera tout pour obtenir un troisième mandat.

Pleins feux sur la Mauricie

ÉDITORIAL / Nous y sommes. Le signal de départ de la campagne électorale devant conduire à la quarante-troisième élection générale sur la scène fédérale sera donné mercredi. Rarement la région de la Mauricie aura-t-elle suscité autant d’intérêt. Et c’est sur la circonscription de Trois-Rivières que les projecteurs risquent de se braquer plus d’une fois durant cette campagne.

Après avoir fait languir les Canadiens – et surtout les autres partis politiques – depuis quelques jours, le premier ministre Justin Trudeau se rendra à Rideau Hall ce matin pour demander à la gouverneure générale, Julie Payette, de dissoudre le Parlement. Le scrutin aura lieu le 21 octobre, n’en déplaise aux rares juifs orthodoxes qui réclamaient un report en raison de la fête appelée Chemini Atseret...

Si la date des élections est maintenant enchâssée dans une loi, le déclenchement d’une campagne est toujours la prérogative du premier ministre sortant. Les libéraux fédéraux, en campagne officieuse depuis plusieurs semaines, ont peut-être voulu réagir à l’annonce qu’ont faite les conservateurs lundi selon laquelle Andrew Scheer et ses troupes allaient lancer leur campagne mercredi. Ça va se faire à Trois-Rivières en milieu de journée, puis à Vaughan, en Ontario, en soirée.

Évidemment, le fait de lancer une campagne à Trois-Rivières revêt une symbolique pour le Parti conservateur, qui souhaite faire des gains au Québec. Le parti croit avoir mis la main sur le candidat parfait pour peindre Trois-Rivières en bleu foncé: l’ancien maire Yves Lévesque. Ce dernier jouit d’une grande notoriété et demeure très populaire auprès d’un grand nombre de Trifluviens.

Le sondage Mainstreet que publient aujourd’hui Le Nouvelliste et les quotidiens du Groupe Capitales Médias révèle que dans Trois-Rivières, les conservateurs seraient toujours derrière les libéraux, avec un écart de huit points (36 % contre 28 %) après répartition des indécis. Il est vrai que le sondage ne mentionnait pas le nom des candidats, mais cela peut laisser présager que la partie n’est pas gagnée pour Yves Lévesque. Ses partisans les plus fidèles sont à Pointe-du-Lac et à Trois-Rivières-Ouest, deux secteurs qui se trouvent dans la circonscription de Berthier-Maskinongé.

C’est donc dans Trois-Rivières que semble se dessiner une des belles luttes dans le cadre de cette élection générale. La conseillère municipale Valérie Renaud-Martin porte les couleurs libérales, parti actuellement en avance à l’échelle nationale et encore davantage au Québec selon les plus récents sondages. Le défi pour elle est de gagner en notoriété ailleurs que dans le district des Carrefours, qu’elle représente à l’hôtel de ville depuis bientôt deux ans.

Le député sortant, Robert Aubin, fera tout pour obtenir un troisième mandat. Le hic, c’est que dans Trois-Rivières, toujours selon le coup de sonde de Mainstreet, son parti (5 %) est derrière le Parti vert (6 %) dans les intentions de vote. Le député du NPD devra miser sur son bilan et sa personnalité bien plus que sur la popularité de son chef ou le programme de son parti.

À 20 % dans les intentions de vote dans Trois-Rivières, le Bloc et sa candidate Louise Charbonneau pourraient faire belle figure et venir brouiller les cartes.

En fait, on peut dire sans se tromper que la campagne électorale sera déterminante dans Trois-Rivières. Et aussi dans Berthier-Maskinongé, seule autre circonscription où le résultat est incertain.

Parce que dans Saint-Maurice–Champlain, on peut s’attendre à une réélection facile pour le ministre François-Philippe Champagne. Aussi facile que devrait l’être celle du bloquiste Louis Plamondon dans Bécancour-Nicolet-Saurel, qui sollicite un onzième mandat. L’homme est député depuis 35 ans, une longévité rarissime au fédéral.

Il y aura des sujets chauds dans cette campagne: environnement, économie, coût de la vie, infrastructures, éthique... Espérons qu’il restera un peu de place pour les enjeux plus locaux.