François Legault

Où est Legault?

Une semaine déjà que la campagne électorale a été lancée et le chef de la Coalition avenir Québec n’a pas encore mis les pieds en Mauricie. Pourtant, la région est fortement convoitée par la CAQ. Certains experts lui prédisent même un score parfait, soit des victoires dans les cinq circonscriptions en jeu (incluant Nicolet-Bécancour). François Legault et ses candidats régionaux ne devront cependant pas s’asseoir trop rapidement sur leurs lauriers. Il ne faut pas oublier que la région sort d’un règne libéral et qu’il faudra un peu plus que des sondages favorables pour conquérir la Mauricie et ainsi espérer obtenir un gouvernement majoritaire.

Surtout que, pendant ce temps, les chefs des autres partis multiplient les passages en sol mauricien. Le chef libéral Philippe Couillard s’est déjà arrêté à deux reprises en Mauricie. Même chose pour le chef péquiste Jean-François Lisée qui en était mercredi à son deuxième passage en région. Même les principaux porte-parole de Québec solidaire, qui n’a pourtant pas de grandes aspirations pour la Mauricie, ont jusqu’à maintenant fait deux escales à Trois-Rivières.

On peut expliquer cette absence de début de campagne de plusieurs façons. La pire chose pour la CAQ serait de tenir la région pour acquise, ce qui serait surprenant. Sûrement que les membres de l’équipe de François Legault ont choisi de commencer leur tournée dans des circonscriptions «moins sûres», question de solidifier leurs acquis, pour ensuite finir la campagne en force en effectuant un blitz en Mauricie.

On se serait cependant attendu à ce que le chef de la CAQ soit présent au lancement de campagne de sa candidate vedette dans Champlain, Sonia LeBel. Ç’aurait été pour lui une excellente occasion de clamer que la Mauricie est une région importante pour son parti et pour donner une visibilité significative à ses candidats mauriciens qui, outre Sonia LeBel (Champlain) et Donald Martel (Nicolet-Bécancour), auront avantage à se faire connaître par la population.

Il faut quand même admettre que les candidats de la CAQ en région n’en sont pas moins visibles et proactifs depuis le début de la campagne. Sonia LeBel a lancé sa campagne en force en faisant de la protection de la jeunesse une priorité majeure. Dans Trois-Rivières, l’avocat Jean Boulet y est allé d’une intéressante proposition avec ce quartier des affaires et de l’innovation et, dans Maskinongé, Simon Allaire a suscité la curiosité avec son local électoral mobile et son code de conduite du candidat. Ne reste que Marie-Louise Tardif qui assure être présente sur le terrain mais qui n’a pas encore lancé officiellement sa campagne.

Une chose est sûre: il est essentiel que tous les candidats se rendent disponibles pour les électeurs et les médias. Il faut les entendre sur les projets et les enjeux qu’ils ont l’intention de défendre s’ils sont élus. Il ne faut surtout pas, et cela vaut particulièrement pour la CAQ, qu’ils se cachent derrière la popularité de leur parti et attendre patiemment leur élection. Espérons que les grands bonzes de la CAQ ne demanderont pas à certains candidats moins expérimentés d’adopter cette ligne de conduite pour éviter les embarras qui pourraient mettre leur parti dans le trouble.

François Legault devra donc être plus présent et il faut d’ailleurs le voir apparaître quelque part en Mauricie au cours des prochains jours. Il ne sera évidemment pas trop tard pour donner un coup de pouce à ses candidats. Un coup de pouce qui sera assurément bienvenu si les autres chefs continuent de multiplier leurs visites dans les circonscriptions régionales. La bataille de la Mauricie sera coriace et il est grand temps que le chef de la CAQ monte dans l’arène.