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Stéphan Frappier
Le Nouvelliste
Stéphan Frappier
Yves-François Blanchet
Yves-François Blanchet

Où ça des investitures?

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ÉDITORIAL / Vous pouvez déjà commencer à faire votre choix parmi les quatre principaux candidats en vue du prochain scrutin électoral fédéral dans Trois-Rivières. De toute évidence, les campagnes à l’investiture ne seront pas très populaires en cette année d’élections et les candidats qui ont déjà annoncé leur intention devraient tous se retrouver sur la ligne de départ au déclenchement des hostilités.

Un petit problème se pointe donc à l’horizon pour le Bloc québécois. Deux candidats ont levé la main pour succéder à Louise Charbonneau, mais tout laisse croire que les instances nationales n’ont pas l’intention de tenir d’investiture. René Villemure, le choix d’Yves-François Blanchet, sera de toute évidence le candidat désigné.

Il faut remonter à septembre 2019 pour comprendre un peu mieux ce qui se passe actuellement dans ce dossier. Contre toute attente, la candidate vedette à l’investiture du parti dans Trois-Rivières, Louise Chabot, avait été défaite par Louise Charbonneau. Une sévère rebuffade servie au conseil national du parti qui avait fièrement parachuté l’ex-présidente de la Centrale des syndicats du Québec dans le comté trifluvien pour en faire une de ses candidates vedettes.

Yves-François Blanchet n’a visiblement pas l’intention de se faire refaire le même coup en 2021. Or, les instances locales tiennent à ce qu’une assemblée d’investiture ait lieu pour permettre aux aspirants locaux de tenter leur chance. C’est l’impasse.

On se rappellera que le premier à avoir signifié son intérêt a été Pierre Piché, mais ses aspirations ont été de courte durée puisque le parti lui a montré la porte. On lui reproche d’avoir utilisé «illégalement» une liste de membres à des fins électorales. Sanction justifiée? Le principal concerné, lui, crie à l’injustice. Plusieurs membres de l’exécutif local aussi. Quoi qu’il en soit, des mauvaises langues ne se sont pas gênées pour prétendre que ce «faux pas» servait bien le conseil national et le chef Blanchet en laissant la voie libre à René Villemure.

Qu’à cela ne tienne, visiblement déçu de la tournure des événements et du traitement réservé à Pierre Piché, le vétéran André Valois a décidé de reprendre du service et a annoncé qu’il sera candidat à l’investiture du Bloc québécois dans le comté de Trois-Rivières. De retour à la case départ.

«Je me présente pour donner aux membres la possibilité de choisir leur représentant plutôt que de se le faire imposer», a sèchement commenté celui qui a participé à la fondation du Bloc québécois.

André Valois vient d’ailleurs de mettre une fois de plus en garde la direction du parti: il veut une investiture dans Trois-Rivières. La réponse reçue actuellement est la suivante: Trois-Rivières ne se qualifie pas! Un point, c’est tout!

La vraie réponse, en fait, c’est qu’il n’y en aura probablement pas de campagne à l'investiture.

Peut-être que le chef Blanchet se serait épargné toute cette saga s’il avait ciblé Trois-Rivières comme étant un comté désigné par le parti immédiatement après l’annonce du retrait de Louise Charbonneau. Il aurait pu ainsi nommer son candidat et éviter d’en laisser un autre commencer à faire du travail de terrain… pour ensuite être obligé de trouver mille et une excuses financières ou de procédure pour faire passer son poulain.

Cette décision aura-t-elle une incidence sur le vote du Bloc québécois quand même important en région? Pourrait-elle amener des membres à tourner le dos définitivement aux instances nationales du parti et même les inciter à changer d’allégeance? Un membre local aurait déjà remis sa démission et André Valois rappelle qu’une «formation politique née du militantisme de ses membres ne peut renier ses principes sans écorcher ceux qui l’ont fait naître et grandir».

Voilà un dossier qui sera fort intéressant à suivre au cours des prochains jours.

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Du côté des libéraux, Martin Francoeur a bien pris soin de préciser, la semaine dernière, en confirmant son intention d’être le candidat du PLC dans Trois-Rivières, que la première étape de son entrée en politique était l’assemblée d’investiture. Or, encore là, il n’y en aura pas d’investiture. D’ailleurs, quelques heures après la confirmation qu’il se lançait en politique, les trousses nécessaires pour poser une candidature pour le PLC n’étaient plus disponibles pour la circonscription de Trois-Rivières. En fait, la vraie prochaine étape aura lieu lorsque Justin Trudeau et quelques autres ministres influents du Québec se présenteront à Trois-Rivières pour officialiser leur nouvelle acquisition. D’ici là, tout ce beau monde continuera à enchaîner les annonces qui, évidemment, ne sont pas électoralistes...

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La situation est plus claire du côté des conservateurs: le candidat dans Trois-Rivières, c’est Yves Lévesque. Pas de niaisage! Ce contexte moins nébuleux permet à l’ex-maire de Trois-Rivières d’être déjà sur le terrain et de tout mettre en œuvre pour faire oublier sa défaite de 2019.

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Même certitude du côté du NPD. On peut déjà s’attendre à ce qu’Adis Simidzija prenne la relève de Robert Aubin chez les néo-démocrates. L’ex-candidat du Parti vert du Québec est une bonne candidature; il a de bonnes idées et est en mesure de les défendre avec fermeté. Or, il aura besoin de travailler fort pour garder les acquis de son prédécesseur. D’ailleurs, plusieurs observateurs estiment que ce sont ces votes qui pourraient faire la différence à la prochaine élection. Parions qu’Adis Simidzija ne voudra pas les laisser partir aussi facilement.