En octobre 2015, devant l'imposant bâtiment du Centre de données fiscales de Shawinigan, Jean Chrétien donnait son appui au candidat libéral François-Philippe Champagne, devenu ministre depuis. Et lors de cette présence hautement symbolique, il avait déclaré, en parlant du centre fiscal: «On n'a pas bâti ça pour rien».

On n'a pas bâti ça pour rien

C'est l'ancien premier ministre Jean Chrétien, à qui on doit l'implantation à Shawinigan d'un centre de traitement des données fiscales, qui avait raison.
En octobre 2015, devant l'imposant bâtiment de l'entrée sud de la ville, il donnait son appui au candidat libéral François-Philippe Champagne, devenu ministre depuis. Et lors de cette présence hautement symbolique, il avait déclaré, en parlant du centre fiscal: «On n'a pas bâti ça pour rien».
Mardi, c'est la ministre du Revenu national, Diane Lebouthillier, qui a donné raison à l'ex-premier ministre. En annonçant une première phase de travaux de 12 millions $ pour rénover l'imposant bâtiment, elle a permis à des centaines d'employés - et à toute une communauté - de pousser un énorme soupir de soulagement.
Les indices dispersés depuis l'élection des libéraux laissaient entrevoir cet investissement dans les infrastructures servant aux opérations de l'Agence du revenu du Canada. Mais tant que l'annonce n'était pas officielle, tout aurait pu arriver.
La ministre Lebouthillier était venue à Shawinigan, en août 2016, entre autres pour constater la vétusté des installations. Elle avait qualifié les installations shawiniganaises de «pilier» pour l'Agence du revenu et a subtilement indiqué qu'elle était une femme de région, demandant aux journalistes par la suite d'en tirer leurs propres conclusions, un sourire en coin.
Un an plus tôt, François-Philippe Champagne s'était engagé à faire en sorte que les emplois seraient maintenus à Shawinigan et à aller de l'avant avec la réfection du bâtiment. En novembre dernier, l'Agence du revenu du Canada annonçait que Shawinigan allait devenir le plus grand centre national de recouvrement et de vérification, ce qui implique une transition pour les employés mais qui signifie une pérennité pour l'établissement et pour sa main-d'oeuvre.
Les libéraux, dans le dossier du centre fiscal, viennent de livrer la marchandise. Partiellement, puisqu'il ne s'agit que d'une première phase, mais de façon certaine, on peut maintenant affirmer que l'établissement de Shawinigan est là pour durer. Reste à voir si les phases à venir permettront d'injecter la soixantaine de millions $ nécessaires à une mise aux normes complète du bâtiment, comme le démontrent des estimations datant de 2011.
Pendant plus de dix ans, c'est-à-dire pendant tout le règne des conservateurs de Stephen Harper, il était impossible de déceler quelque indice que ce soit quant à l'avenir du centre fiscal. Mais depuis octobre 2015, les choses ont bien changé, à un point tel que même le syndicat se réjouit non seulement des nouvelles qui ont été annoncées, mais aussi de la façon dont circule l'information.
Quand cette information s'avère porteuse de bonnes nouvelles, on ne peut que s'en réjouir.
Shawinigan a été passablement éprouvée au cours de la dernière décennie avec les fermetures successives des usines Belgo, Rio Tinto Alcan et Laurentide.
La ville et la région ne pouvaient pas se permettre de demeurer dans l'ignorance quant à l'avenir du centre fiscal, un des plus gros pourvoyeurs d'emplois en Mauricie. En période de pointe, l'Agence du revenu emploie jusqu'à 1300 personnes au centre fiscal. Le bâtiment abrite aussi un peu plus de 200 employés de Service Canada.
On ne pouvait pas demander mieux en cette année qui marque le quarantième anniversaire de la mise en chantier du centre des données fiscales au bout de la 12e Avenue. Des cadeaux comme celui-là, on en prendrait plus souvent.