De cette intense et inquiétante séquence est né un esprit de collaboration et d’entraide jamais vu auparavant. Cette tempête a vu naître une grande famille qui restera soudée à jamais.

Officiellement une famille

ÉDITORIAL / La naissance de ses enfants, le premier baiser, son premier article publié... On en vit des grands jours dans une vie. Le 4 mars 2020 en fait maintenant partie. Certes, tous les employés du défunt Groupe Capitales Médias ont enfin pu pousser un grand soupir de soulagement en apprenant que les bailleurs de fonds avaient accepté le plan de relance de leurs journaux. Il était temps. C’est long, six mois à retenir son souffle...

Il faut d’ailleurs remercier ces institutions qui ont accepté de donner une chance à ce modèle d’information coopératif qui pourrait faire école. Vous ne le regretterez pas. Après l’acceptation du plan de relance par la cour en décembre dernier, cette confirmation d’aide financière vient officiellement mettre fin à des longs mois d’incertitude.

En fait, ce 4 mars 2020 vient surtout tracer un trait sur un passé où s’entremêlent les beaux souvenirs et les tristes frustrations.

Cette tempête a vu naître une grande famille qui restera soudée à jamais. Qui débattra peut-être un peu plus qu’avant, mais qui se respectera dans un but commun: réussir.

Les derniers mois ont été difficiles pour les artisans du Nouvelliste et des autres journaux du groupe. Mais de cette intense et inquiétante séquence est né un esprit de collaboration et d’entraide jamais vu auparavant. Cette tempête a vu naître une grande famille qui restera soudée à jamais. Qui débattra peut-être un peu plus qu’avant, mais qui se respectera dans un but commun: réussir.

Au cours des dernières semaines, dans les murs du Nouvelliste, nous avons vu des journalistes et des représentants publicitaires échafauder ensemble des projets pour le 100e anniversaire du journal. Des patrons transporter des boîtes avec des gens de l’administration et du tirage. Des jeunes du service à la clientèle venir parler avec des vieux de la rédaction. Des gens qui ne s’étaient jamais parlé auparavant se faire des «high five», se consoler entre eux. Bref, nous avons vu une famille se former. Une famille où chaque membre a sa place, son droit de parole.

À travers cette tempête, nous avons aussi vu une communauté mauricienne et centricoise démontrer qu’elle tient à son quotidien centenaire, un gouvernement qui commence enfin à réaliser l’urgence de trouver des solutions pour pallier la fuite publicitaire vers les grands du web et nous avons vu des milliers de personnes crier haut et fort qu’elles ne voulaient pas perdre ce droit d’avoir une information locale diversifiée de qualité.

Le ciel est maintenant plus clair à l’horizon. Les régions du Québec viennent de récupérer leur journal et les conseils d’administration locaux auront maintenant toute l’autonomie, l’expertise et le soutien pour faire de l’information régionale au profit des gens de chez nous et non à celui d’hommes d’affaires qui renient sans gêne leurs engagements.

Cette éclaircie a été rendue possible grâce à vous: retraités, lecteurs, annonceurs, camelots, et surtout grâce à vous chers collègues qui n’avez jamais abandonné et avec qui il sera à la fois motivant et honorant de relever les grands défis que l’avenir nous réserve.