Nous, en 2017

(Éditorial) L’hiver est arrivé. Noël est à nos portes. Et dans quelques jours, 2018 ne sera plus qu’un souvenir. Le temps des Fêtes est une période de réjouissances pour plusieurs, et aussi une période où il devient nécessaire de prendre un temps d’arrêt. Pour revenir sur l’année qu’on a passée et se souhaiter le meilleur pour celle qui vient.

En 2017, nous avons vu Donald Trump prendre ses aises dans son fauteuil de 45e président des États-Unis. Arrogant, vaniteux, belliqueux, irrespectueux. Covfefe, aussi, pour reprendre son tweet le plus incompréhensible. En France, nous avons vu Emmanuel Macron devenir président mais surtout incarner l’opposition à Marine Le Pen. La droite populiste fait encore des ravages et cela nous rappelle que le jour n’est peut-être pas si loin pour que cette tendance nous heurte aussi de plein fouet.

En 2017, nous avons vu Kim Jong-Un jouer avec ses missiles et jouer aussi avec les nerfs de Donald Trump. Nous avons vu Mugabe prendre la plus spectaculaire débarque de l’année. Nous avons été témoins de la patience et de la résilience des Catalans.

En 2017, nous avons vu de grands méchants avec des noms comme Harvey, Irma, Jose ou Maria tout détruire sur leur passage. Et même s’ils n’ont pas de nom, les feux de forêt de Colombie-Britannique et de la Californie ont aussi fait bien des ravages.

En 2017, le Mexique a tremblé et la Lune a éclipsé le Soleil. La neige a enseveli l’autoroute 13, paralysant 300 véhicules pendant plusieurs heures.

En 2017, nous avons vu tant de nos voisins et tant de nos concitoyens inondés au printemps. Nous avons aussi vu émerger de ces eaux une vague de solidarité qui a culminé chez nous, à l’Amphithéâtre Cogeco, avec un grand spectacle-bénéfice.

En 2017, nous avions bien mal commencé l’année avec l’attentat terroriste contre la Grande Mosquée de Québec qui a attiré sur nous bien des regards mais qui a permis de voir émerger une solidarité. 

En 2017, nous avons assisté à tant d’autres attentats dramatiques: en Afghanistan, en Égypte, à Londres, à Saint-Pétersbourg, à Manchester, à Manille, à Barcelone ou à Mogadiscio. Nous avons vu l’horreur des fusillades à Las Vegas ou dans une église baptiste du Texas.

En 2017, nous avons assisté à des départs, volontaires ou non: ceux de Denis Lebel, de Sam Hamad, de Stéphane Dion, de Françoise David. De Denis Coderre, aussi. Et il y a eu aussi de spectaculaires arrivées: celles de Gabriel Nadeau-Dubois, d’Andrew Scheer, de Jagmeet Singh, de Valérie Plante. Et d’une certaine Julie Payette au poste de gouverneure générale capable d’improviser des discours avec aplomb.

En 2017, nous avons vu des personnalités nous quitter pour de bon. Des monuments des arts ou de la politique, Roger Moore, Simone Veil, Janine Sutto, Jerry Lewis, Réjean Ducharme, Jeanne Moreau, Johnny Hallyday, Helmut Kohl, Tex Lecor. Et on a dit à un Patrick Bourgeois parti trop vite: «tu ne sauras jamais comme on t’aime».

En 2017, on a aussi dit adieu à André Drouin, qui a mis Hérouxville sur la carte et qui est à l’origine d’un débat encore en cours sur le vivre-ensemble.

En 2017, nous avons assisté à des déchéances aussi grandes que l’indignation qui leur a donné naissance: Harvey Weinstein, Éric Salvail, Gilbert Rozon. Et tous les autres visés par des #moiaussi ou #metoo.

En 2017, nous avons vu des transactions ou des partenariats impressionnants, comme Métro et Jean Coutu, ou Airbus avec Bombardier. Plus près de nous, on s’est demandé si Le Trou du Diable ne lui avait justement pas vendu son âme en passant aux mains de Molson Coors.

En 2017, nous avons joué avec les chiffres: 375 pour Montréal, 150 pour le Canada. Nous avons observé Mélanie Joly jouer avec les mots dans le dossier de Netflix. 

En 2017, il s’est passé plein de choses dans nos vies respectives. Des moments de joie, de fierté, de réjouissances. Mais aussi des drames, des épreuves, des pertes.

Si demain soir le cœur est à la fête, prenons quand même le temps d’avoir une pensée pour ceux qui seront seuls. Prenons le temps de se dire qu’on s’aime. 

À nous tous, un très joyeux Noël.