Moins d’un mois...

Nous sommes à un mois moins un jour du scrutin dans le cadre de l’élection partielle à la mairie de Trois-Rivières. Cette élection, qui alimente l’actualité depuis quelques mois déjà, risque fort d’être déterminante pour l’avenir de Trois-Rivières et pour le style de gestion qui s’installera à l’hôtel de ville. Le plus grand défi pour le futur maire: s’insérer dans une dynamique différente au sein du conseil municipal. Éviter, en quelque sorte, d’être l’éléphant dans un magasin de porcelaine.

C’est unique comme situation. Habituellement, un maire arrive en poste en même temps que sont élus ou réélus des conseillers municipaux. Cette fois, c’est une élection complémentaire qui donnera à la ville fusionnée son deuxième maire. Quatorze conseillères et conseillers municipaux sont déjà en poste et ont trouvé des façons de faire nouvelles. Avec des résultats étonnants. Pas toujours heureux, mais surprenants.

Le nouveau maire ne pourrait pas arriver en mettant bêtement le poing sur la table en disant: à partir d’aujourd’hui, voici comment nous allons fonctionner. Ce serait le règne du «Qui m’aime me suive» ou de «l’État, c’est moi». Et c’est la dernière chose dont Trois-Rivières a besoin par les temps qui courent.

L’heure est à la concertation, à la consultation, à la participation citoyenne, à l’ouverture. Ce sont des thèmes qui, heureusement, sont récurrents dans les déclarations des trois principaux candidats à la mairie.

Parce que même si la période de mises en candidature se terminait vendredi, les trois principaux prétendants au titre sont en action depuis des mois. On pourrait même dire depuis des années dans le cas de Jean-François Aubin, qui n’a jamais vraiment cessé d’être en campagne électorale depuis sa courte défaite en novembre 2017.

Jusqu’à tout récemment, on croyait qu’il allait y avoir trois candidats sur la ligne de départ. Éric Lord, Jean-François Aubin et Jean Lamarche. Puis, in extremis, Pierre-Benoit Fortin a déposé son bulletin de candidature avec les signatures requises. Histoire de faire parler de lui, sans doute, et de jouer les empêcheurs de tourner en rond.

C’est ce qu’il a fait le mieux depuis 2005. Pierre-Benoit Fortin en est à sa cinquième tentative de se faire élire à Trois-Rivières: deux fois il a mordu la poussière dans le district de Sainte-Marthe, une fois lors de la partielle dans Châteaudun en 2015 et une fois à la mairie, en 2013. Il avait alors recueilli 0,6 % des voix, soit 352 votes sur les quelque 60 000 qui ont été enregistrés. Il avait en outre fait déraper le débat des candidats à Radio-Canada Mauricie.

Certains penseront peut-être que c’est le candidat qu’il manquait pour incarner la droite – il a été candidat du Parti conservateur du Québec dans Champlain en 2018 et membre de l’exécutif du Parti conservateur dans Trois-Rivières en 2007 – mais il est certainement difficile de le prendre au sérieux et de comprendre ses positions dans plusieurs dossiers.

Mis à part cette candidature-surprise, il y a dans la campagne actuelle des tendances qui se dégagent déjà. En premier lieu, l’absence de populisme, ce qui est plutôt réjouissant dans le contexte actuel. Les candidats principaux incarnent plutôt la tendance inverse, celle qui repose sur la concertation, sur une ouverture aux nouveaux modes de gestion, avec participation citoyenne.

Il y a aussi beaucoup de candeur et d’inexpérience dans la présente campagne. Ce n’est pas mauvais en soi. C’est même rafraîchissant. Mais une meilleure connaissance de certains dossiers municipaux servirait parfois mieux les deux candidats qui n’ont aucune expérience politique.

Enfin, sur la liste des enjeux, on doit impérativement placer la poursuite du travail amorcé dans certains dossiers, notamment en infrastructures. On doit aussi ajouter une nécessaire préoccupation pour la capacité de payer des contribuables et éviter une grogne comme celle qu’on observe à Shawinigan. Il faut maintenant limiter les grands projets et privilégier l’entretien et la réfection des infrastructures existantes.

Enfin, le défi majeur pour le prochain maire sera de devenir un leader régional fort, ce qui manque cruellement à la Mauricie depuis plusieurs années. Celui qui sera élu le 5 mai aura une ville à gérer et une région à rassembler.