Depuis la fin de semaine, les «plaisanteries péquistes» font beaucoup jaser et pour le parti de Jean-François Lisée, c’est déjà un gain considérable que d’occuper l’espace médiatique et ainsi alimenter l’opinion populaire.

Miser sur l’autodérision

La nouvelle campagne publicitaire du Parti québécois vient à peine d’être dévoilée et déjà, elle a atteint son objectif. Depuis la fin de semaine, les «plaisanteries péquistes» font beaucoup jaser et pour le parti de Jean-François Lisée, c’est déjà un gain considérable que d’occuper l’espace médiatique et ainsi alimenter l’opinion populaire.

Pour sa nouvelle campagne publicitaire, le Parti québécois a fait appel à la firme Upperkut, qui avait aussi réalisé celle de la mairesse de Montréal, Valérie Plante. On se souvient tous de l’impact qu’avait eu le slogan «L’homme de la situation» sur les affiches montrant Mme Plante en gros plan.

Il fallait donc s’attendre à un autre bon coup publicitaire, cette fois pour le Parti québécois. Et on a décidé de miser sur l’autodérision.

Le concept est simple: raconter une blague légère mettant en scène un partisan du PQ ou le parti lui-même. Des affiches avec les histoires en question seront visibles un peu partout prochainement. La campagne radio, elle, permettra d’entendre ces blagues comme si elles étaient racontées par un humoriste.

Des exemples? «La différence entre un péquiste et un dentiste? Les deux en arrachent, mais travaillent pour votre bien». Ou encore: «Le sport olympique auquel excelle un péquiste? Le saut à obstacles.» Et aussi: «Qu’est-ce qui est bleu et blanc et qui rebondit tout le temps? Le PQ.»

Ce n’est peut-être pas drôle à se taper sur les cuisses, mais pour des slogans électoraux, disons que c’est clairement audacieux, léger et, avouons-le, efficace.

On ne peut qu’esquisser un sourire en voyant le Parti québécois rire lui-même un peu de la situation dans laquelle il se trouve présentement: champion des querelles internes, à la traîne dans les sondages et avec vingt-huit députés, le plus petit caucus depuis 1985.

L’autodérision devient une arme redoutable parce qu’elle vient couper l’herbe sous le pied à tous ceux – les adversaires, particulièrement – qui seraient tentés de se moquer du Parti québécois. Bien sûr, il y a un effet «extensible» à cette campagne: tout le monde en rajoute, trouve de nouvelles blagues, allant parfois dans un ton plus mordant. Les réseaux sociaux sont propices à cette infection ponctuelle. Mais c’est inévitable et ça va passer.

En pleine saison estivale, une telle campagne publicitaire fait du bien. Elle nous change des slogans creux, vides, archiusés, qui souvent peuvent coller à n’importe quel parti. Mis à part, peut-être, le «On se donne Legault» de la CAQ en 2014...

Le concept du Parti québécois vient surtout donner une impression que cette équipe a envie de faire les choses différemment. Cela peut plaire à des citoyens qui boudent les élections ou qui sont cyniques envers la politique et ses acteurs.

Le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, indiquait lundi que sa formation politique avait décidé de jouer la carte de l’humilité en optant pour une campagne estivale, légère et «rieuse». Au-delà de cette apparence, le message que ça envoie c’est que le Parti québécois a des défis à relever, mais est capable de surprendre. Qu’il a fait des erreurs, mais qu’il est prêt à rebondir. C’est un examen de conscience intéressant pour une formation politique.

L’humilité plaît en politique. La capacité de reconnaître ses torts, ses travers, est malheureusement inhabituelle pour les politiciens. En ce sens, la campagne publicitaire péquiste marque une nouvelle façon de séduire l’électorat. Et à en juger par les premières réactions, il y a de la place pour des campagnes innovatrices et de l’audace dans la transmission de messages vers l’électorat.

Reste à voir, maintenant, si derrière les blagues qui attirent l’attention, le Parti québécois saura transmettre ses idées et convaincre la population qu’il a un plan solide, qu’il est prêt à prendre le pouvoir et qu’il fera mieux que le gouvernement actuel.

Il reste moins de deux mois pour en faire la démonstration.