L'UQTR

L’UQTR et ses beaux malaises

En pleines célébrations de son cinquantième anniversaire d’existence, l’Université du Québec à Trois-Rivières jouit d’une couverture médiatique dont elle se passerait volontiers. Après une chargée de cours qui a affirmé que la Terre était plate et une participation controversée du recteur à une messe de Pâques, voilà qu’un professeur multiplie les propos anti-vaccination sur sa page Facebook personnelle. Les malaises se succèdent et ils écorchent inévitablement la réputation de l’institution.

C’est la dernière chose dont l’UQTR avait besoin. Après un lock-out dont les plaies ne sont pas encore toutes cicatrisées, l’Université et ses dirigeants comptaient sans doute sur le caractère festif et générateur de fierté de son jubilé pour que soient redorés à la fois son blason et sa devise: savoir, surprendre.

Comme le mentionnait avec justesse le professeur Johannes Frasnelli, l’UQTR rayonne mais pour les mauvaises raisons.

C’est le professeur Christian Linard qui a provoqué le plus récent malaise au sein de l’institution, après que les propos qu’il répercute sur Facebook aient fait l’objet d’un article dans La Presse +.

On ne fera pas ici le débat sur la vaccination. La position des autorités sanitaires est claire et se base sur des faits scientifiques largement reconnus. Le problème, c’est qu’il y a une partie de la population qui adhère aux discours alternatifs qui sont de plus en plus répandus, notamment via les réseaux sociaux. Avec comme conséquence que le choix que font certaines de ces personnes de soustraire leurs enfants à la vaccination commence à avoir de sérieux impacts sur la santé publique en général.

Le malaise, ici, vient du fait que ce soit un professeur de l’UQTR qui prend la parole et qui relaye des informations basées sur des opinions qui ne trouvent pas de fondement scientifique ou qui sont loin de faire consensus. Même si cela a été fait par le biais d’une page Facebook personnelle, il n’en demeure pas moins que celle-ci était accessible publiquement et que les informations sont associées à son nom et à son statut de professeur à l’UQTR.

Le principal intéressé dit qu’il voulait simplement être un lanceur d’alerte pour que la communauté scientifique puisse se remettre en doute. Le principe de liberté académique lui permettrait, normalement, de soulever des questions et de remettre en cause les positions traditionnellement reconnues sur le plan scientifique. Mais encore faut-il que les arguments alors utilisés ne soient pas eux-mêmes le fruit d’interrogations basées sur des faits douteux ou ambigus.

Peut-être que le professeur Linard ne voulait pas mal faire. Mais la ligne est mince entre la prise de parole individuelle des professeurs et les interventions qui associent l’institution. Le recteur Daniel McMahon a évoqué vendredi de possibles sanctions disciplinaires. Il faudra faire preuve de grande prudence. Il faudra surtout que ça serve de réflexion pour établir un code de conduite qui se colle mieux à la réalité des réseaux sociaux, notamment.

Il est certainement difficile, voire impensable, d’«encadrer» des professeurs d’université, particulièrement au nom de la liberté d’expression et de la liberté académique. Ces deux principes sont au cœur de la vie démocratique, de la vie académique et, disons-le, de la connaissance scientifique.

La liberté académique est en quelque sorte le prolongement de la liberté citoyenne de commenter et de critiquer sans s’attirer de représailles. Mais cette fonction critique, parce qu’elle s’exerce dans un cadre universitaire, institutionnel et scientifique, appelle certainement une plus grande rigueur. Il appartient alors aux pairs, aux collègues, aux directeurs de départements, aux assistants de recherche de veiller à la protection de la réputation de leur statut de protecteurs, de producteurs et de diffuseurs de connaissances.

Il leur appartient aussi de veiller à la réputation de l’institution qui leur permet d’exercer ce rôle essentiel. Quitte à devoir parfois rappeler un des leurs à l’ordre.

Pierre Jury

Des promesses inaperçues

ÉDITORIAL / Andrew Scheer a dévoilé deux éléments clefs de son programme politique cette semaine : d’abord, une baisse universelle des impôts sur le revenu, puis une baisse de l’aide aux entreprises. Ce sont deux mesures phares qui s’inscrivent tout à fait dans la pensée conservatrice.

Mais ces annonces sont passées presque inaperçues devant la tempête médiatique qui a marqué le Canada à la suite de la publication de photos montrant le chef du Parti libéral déguisé et le visage peint en noir dans le style « blackface » populaire entre 1850 et 1960. 

Les conservateurs ne sont pas innocents dans toute cette affaire, puisqu’ils ont admis avoir coulé au moins une des photos compromettantes de Justin Trudeau à un réseau de télévision. 

D’une certaine manière, ils ont eux-mêmes court-circuité la campagne électorale fédérale, lui dérobant deux éléments de substance et les interchangeant pour un débat vain et superficiel. C’est de la propre faute des conservateurs si l’on constate que la campagne est détournée des enjeux de fond, qui touchent l’ensemble des Canadiens.

Mais Justin Trudeau n’aide pas sa cause en étant incapable de préciser s’il n’y aurait pas d’autres photos « compromettantes » de lui, malgré ses excuses répétées aux personnes victimes de racisme. 

Mais revenons à la coupure annoncée par M. Scheer.

Il retrancherait 1,25 % au premier palier fédéral d’imposition. La baisse de 15 % à 13,75 % serait répartie sur trois années. Tous les contribuables verraient leurs impôts diminuer.

Le coût de cette mesure ? Pas moins de 6 milliards $, une somme considérable pour un futur gouvernement qui serait déjà confronté à sa volonté de mettre fin aux déficits des libéraux. M. Scheer a déjà retardé son plan d’équilibre budgétaire, originalement prévu sur deux ans, à cinq ans, au-delà d’un mandat électoral donc. 

Il s’agit du premier engagement d’envergure dévoilé par un parti politique au cours de cette campagne. Et il est de taille. Six milliards $, c’est la même somme que Stephen Harper avait engagé lorsqu’il a annoncé qu’il réduirait la TPS de 7 % à 6 %, puis à 5 % — et au coût d’un autre 6 milliards $ — en 2006, puis en 2007. 

L’autre annonce que M. Scheer a faite est de promettre une réduction de 7 milliards $ à 5,5 milliards $ l’aide financière aux entreprises. Cette économie de 1,5 milliard $ ne suffira absolument pas à compenser la promesse de la baisse d’impôt de 6 milliards $, et il faudra s’attendre à d’autres mesures dans les quatre semaines qu’il reste avant le scrutin.

Ces réductions des coûts aux contribuables s’avèrent des éléments majeurs qui s’inscrivent en droite ligne dans la pensée conservatrice.

Ils ne favorisent pas les grands plans ambitieux d’investissement dans le transport en commun, comme l’ont fait les libéraux depuis quatre ans, ou l’assurance-médicaments pour tous, comme le souhaite le Nouveau Parti démocratique.

Pour le reste, les bleus y vont pour des mesures à la pièce qui relèvent du clientélisme cher à M. Harper. Notamment le retour des crédits d’impôt pour les activités de loisir des enfants et celle pour compenser les coûts du transport en commun.

Préférez-vous un gouvernement qui aligne les déficits, mais qui investit des milliards dans le transport en commun, par exemple, ou préférez-vous un gouvernement qui vous aide à déduire les frais de transport en commun ? Voilà les choix de société auxquels sont confrontés les Canadiens. Réponse le 21 octobre.

Éditorial

Soubresaut dans une campagne terne

En sommes-nous vraiment rendus là? Une journée complète de campagne électorale vient d’être perdue à parler d’un déguisement de Justin Trudeau dans une soirée privée tenue il y a près de vingt ans? Un déguisement qui, doit-on le mentionner, relève davantage d’une erreur de jugement que d’une volonté de ridiculiser les personnes dont la peau est d’une couleur autre que la sienne.

Opinions

La demande oubliée

ÉDITORIAL / François Legault a clairement joué la carte nationaliste en déposant sa liste d’épicerie aux chefs des différents partis fédéraux. Environnement, immigration, langue française et laïcité sont au cœur des préoccupations du premier ministre dans le cadre de cette 43e élection générale au pays. Mais pour un premier ministre qui disait vouloir attendre de voir comment le gouvernement fédéral allait se comporter dans le dossier de la taxation des géants du web, il vient peut-être de manquer une belle occasion de réitérer cette préoccupation à ceux qui aspirent à diriger le pays.

Dans la foulée de la commission parlementaire sur l’avenir des médias, François Legault avait indiqué que son gouvernement n’avait pas l’intention, à court terme, de taxer les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) sans que le fédéral emboîte aussi le pas. Il avait dit vouloir attendre de voir quel allait être le positionnement d’Ottawa face à cette question.

Opinions

Et si on écoutait madame Normand?

ÉDITORIAL / La lettre de madame Françoise Normand, publiée mardi dans ces pages, avait quelque chose de touchant. Cette octogénaire de Trois-Rivières, adepte de natation et de baignade, se demandait comment il était possible que la Ville refuse de se pencher sur un projet de piscine intérieure publique. Sa voix s’ajoute aux milliers de personnes qui ont déjà signé une pétition à cet effet. Mais la Ville ne souhaite pas aller plus loin. Et c’est bien dommage.

C’est quand même ironique ce qui est en train de se produire à Trois-Rivières. La construction d’un colisée de 4400 places se poursuit, au District 55, avec en prime un délai de livraison et des dépassements de coûts. On n’a encore aucune idée de l’utilisation mais on construit. On nous dit que ça va être bon.

Opinions

Un cadeau empoisonné?

ÉDITORIAL / Maxime Bernier pourra participer aux débats des chefs qui auront lieu les 7 et 10 octobre. C’est la décision que vient de rendre le commissaire aux débats, David Johnston, après une contestation de la part du chef du Parti populaire du Canada lui-même, qui en avait d’abord été exclu. C’est une bonne nouvelle pour le Beauceron et pour la démocratie en général. Mais pour le principal intéressé, ça peut être une arme à double tranchant. Ou un cadeau empoisonné.

Après la décision préliminaire rendue en août dernier, Maxime Bernier a réussi à faire la démonstration que son parti avait de «véritables possibilités» de faire élire plus d’un candidat, comme le stipule un des critères dont la Commission des débats tenait compte.

Opinions

Ces hommages qui tombent en disgrâce

ÉDITORIAL / C’est toujours un sujet délicat. Doit-on retirer un hommage toponymique à une personne dont l’étoile pâlit a posteriori? C’est la question que se posent ces jours-ci les membres du comité de toponymie de Trois-Rivières à la suite de la demande de représentants de la communauté atikamekw de Manawan visant à faire changer de nom la rue Roger-Garceau. Si les raisons évoquées pour justifier cette demande sont suffisamment fondées et crédibles, ce qui semble être le cas ici, la réponse devrait être oui.

Le cas de Roger Garceau, du moins dans sa dimension toponymique, rappelle en tous points celui de Claude Jutra. Le piédestal du cinéaste s’est écroulé, en 2016, à la suite d’allégations de pédophilie suffisamment sérieuses pour provoquer une onde de choc. Des municipalités et des organisations ont alors entrepris de débaptiser des rues, des places ou des prix prestigieux.

Opinions

L’outil qu’il fallait pour élargir la loi

ÉDITORIAL / C’est un jugement majeur qui a été rendu, mercredi, par la juge Christine Baudouin sur l’aide médicale à mourir. La Cour supérieure du Québec a accédé à la requête présentée par Nicole Gladu et Jean Truchon pour invalider les articles des lois fédérale et provinciale qui restreignent abusivement l’accès à l’aide médicale à mourir. Ce jugement, pour lequel les gouvernements seraient mal avisés d’interjeter appel, devrait plutôt servir de justificatif à une révision de la loi pour élargir l’accès à l’aide médicale à mourir.

Il est fascinant de constater à quel point la population et les tribunaux semblent maintenant plus avancés que les législateurs dans leur réflexion sur ce sujet délicat qu’est l’aide médicale à mourir. Si la prudence était de mise au moment d’ouvrir la porte à cette assistance, il faut maintenant avoir la lucidité de faire un état des lieux et d’apporter les correctifs qui s’imposent.

Opinions

Les lutins ont la mine basse

ÉDITORIAL / Les traverses de lutins à Saint-Élie-de-Caxton sont désertes par les temps qui courent. Les lutins eux-mêmes se font rares. Ils n’ont plus de fun. Ils ne s’amusent plus comme dans les belles années. Ils ont moins de monde à taquiner. Soixante pour cent moins de visiteurs par rapport à l’année dernière. Et une atmosphère un tantinet morose.

On sentait venir cette baisse de l’achalandage touristique à Saint-Élie-de-Caxton. Dans la municipalité, les deux dernières années ont été marquées par des différends, des problèmes internes, des conflits de personnalités, des démissions, des divergences de vision. Bref, les nouvelles provenant de Saint-Élie étaient rarement positives. Et il est évident que cela a eu un impact sur le tourisme.

Opinions

Pleins feux sur la Mauricie

ÉDITORIAL / Nous y sommes. Le signal de départ de la campagne électorale devant conduire à la quarante-troisième élection générale sur la scène fédérale sera donné mercredi. Rarement la région de la Mauricie aura-t-elle suscité autant d’intérêt. Et c’est sur la circonscription de Trois-Rivières que les projecteurs risquent de se braquer plus d’une fois durant cette campagne.

Après avoir fait languir les Canadiens – et surtout les autres partis politiques – depuis quelques jours, le premier ministre Justin Trudeau se rendra à Rideau Hall ce matin pour demander à la gouverneure générale, Julie Payette, de dissoudre le Parlement. Le scrutin aura lieu le 21 octobre, n’en déplaise aux rares juifs orthodoxes qui réclamaient un report en raison de la fête appelée Chemini Atseret...

Opinions

Le temps de se faire entendre

ÉDITORIAL / Assistera-t-on, à Trois-Rivières, à une autre levée de boucliers de citoyens qui n’aiment pas se faire dicter leurs comportements individuels? Après l’abaissement souhaité des limites de vitesse en zone résidentielle et les nouvelles dispositions concernant l’utilisation de l’eau potable, voilà que la Ville s’apprête à aborder la question des plastiques à usage unique. Il était grand temps.

La Ville de Trois-Rivières annonçait plus tôt cette semaine qu’elle tiendra une consultation publique sur les plastiques à usage unique. De nombreuses villes et municipalités ont déjà adopté des règlements en cette matière, principalement en ce qui a trait aux sacs de plastique.

Opinions

Une solidarité qui fait du bien

ÉDITORIAL / C’est une impressionnante vague d’amour et de solidarité qui a déferlé sur les artisans de la presse régionale, mercredi soir au musée POP. Elle prenait une signification toute particulière pour nous, journalistes et employés du Nouvelliste. Environ trois cents personnes de tous les milieux sont venues nous dire qu’elles tenaient à nous. À leur journal. À leur information régionale. Et ça, ça fait beaucoup de bien.

Depuis l’annonce de la mise sous protection des tribunaux, les employés du Groupe Capitales Médias vivent dans l’insécurité. Notre avenir se joue bien au-dessus de nos têtes. Mais au lieu d’avoir des mines basses, les employés ont décidé de demeurer optimistes et de continuer à faire ce qu’ils font de mieux: sortir un journal chaque jour.

Opinions

Une mesure rétrograde

ÉDITORIAL / À l’heure où plusieurs conseils municipaux se tournent vers la télédiffusion ou la webdiffusion de leurs séances, il y a encore des municipalités qui décident d’empêcher quiconque, y compris les représentants des médias, de filmer ou d’enregistrer ces assemblées publiques. C’est le cas maintenant de Sainte-Anne-de-la-Pérade, où les élus semblent ne pas comprendre le caractère public de l’institution qu’ils représentent.

La Municipalité, rappelons-le, vient d’adopter un règlement interdisant tout enregistrement des séances publiques dans le but, dit-on, de respecter un certain décorum. Le règlement en question prévoit que tout membre du public qui assiste à une séance du conseil ne peut filmer, photographier ou enregistrer à l’intérieur du lieu où se tient la séance du conseil et l’usage de tout appareil photographique, de caméra vidéo, de caméra de télévision, de téléphone cellulaire, de tablette, d’ordinateur ou autre est prohibé.

Opinions

Le diagnostic de Maxime

ÉDITORIAL / Il faudrait se demander, après avoir pris connaissance des propos que Maxime Bernier a tenus sur Twitter ces derniers jours au sujet de Greta Thunberg, lequel des deux est le plus mentalement instable. Le député de Beauce a tenu des propos inacceptables, indignes d’un chef de parti qui sollicite la faveur de l’électorat canadien.

Opinions

Un exemple qui arrive à point

ÉDITORIAL / Un juge de la Cour d’appel du Québec qui prend la peine d’écrire une note de service aux victimes de la pyrrhotite pour expliquer les délais de dépôt du jugement tant attendu, on n’a pas vu ça souvent. C’est pourtant ce qu’a fait, le 16 août dernier, le juge François Pelletier. Et au-delà du caractère inhabituel de cette missive, la démarche du magistrat tombe à point: elle vient démontrer le caractère essentiel du rôle joué pas les médias locaux et régionaux.

Le juge Pelletier l’admet lui-même: «Les membres de la formation ont pris connaissance de l’article rédigé par la journaliste Brigitte Trahan dans le quotidien Le Nouvelliste. Elle y relate entre autres l’incompréhension des victimes face aux délais requis pour le dépôt ‘‘de l’arrêt’’.»

Opinions

Recoller les pots cassés

ÉDITORIAL / Après le démantèlement, par le précédent gouvernement, de plusieurs directions régionales de ministères et le dépouillement de certains services gouvernementaux en région, voilà que le déploiement de professionnels en matière d’immigration vient donner un tout nouveau signal. Un signal clair selon lequel les régions sont importantes dans les défis reliés à la main-d’œuvre et à la démographie.

L’annonce faite mercredi par les ministres Simon Jolin-Barrette et Jean Boulet vient recoller des pots que les précédents gouvernements avaient cassés. Il suffisait de brosser un portrait des services offerts dans les directions régionales des différents ministères – pour ce qu’il en restait – pour constater qu’on assistait à une centralisation des services vers la capitale ou vers la métropole.

Éditorial

Faisons avorter ce débat suranné

ÉDITORIAL / Alors qu’on s’attend à ce que l’environnement occupe une place de choix dans la campagne électorale imminente au fédéral, voilà qu’un autre sujet s’invite inopinément dans les débats. Il semble bien, même si nous sommes en 2019, même si on est au Canada et même si on croyait que ce dossier était une affaire classée, qu’on va devoir entendre parler du droit à l’avortement. Et d’ambiguïté en ambiguïté, les propos de certains députés, chefs de partis ou aspirants députés fédéraux, n’ont rien de rassurant.

Dans un monde idéal, il faudrait que les chefs des principaux partis se positionnent clairement sur l’éventualité d’une réouverture du débat sur le droit à l’avortement. Histoire de tourner la page et de passer aux véritables enjeux de la prochaine élection. Histoire aussi de faire en sorte que les électeurs aient l’heure juste sur la position des différents partis sur cette question qui, visiblement et heureusement, n’est pas un enjeu majeur.

Opinions

Prendre le taureau par les cornes

ÉDITORIAL / Ce sont des outils essentiels qui ont été présentés, lundi, par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, pour atténuer les effets de la pénurie de main-d’œuvre. Et le fait d’y associer des moyens additionnels, à la hauteur de 55 millions de dollars, témoigne certainement de la volonté du gouvernement d’accompagner les employeurs et de faciliter l’intégration des immigrants au marché de l’emploi.

Le ministre Boulet, dans un premier temps, a confirmé un investissement de 33,9 millions $ pour bonifier le Programme d’aide à l’intégration des immigrants et des minorités visibles en emploi (PRIIME) et le Programme d’intégration en emploi de personnes formées à l’étranger référées par un ordre professionnel (IPOP). En clair, cette bonification fait passer de 50 % à 70 % la portion du salaire brut pouvant faire l’objet d’une subvention accordée à l’employeur qui embauche une personne immigrante ou un membre d’une minorité visible.

Opinions

Un recours civil qui était inévitable

ÉDITORIAL / La poursuite de 10 millions $ intentée par la famille de Jonathan Bettez contre la Sûreté du Québec, contre des policiers chargés de l’enquête sur le meurtre de Cédrika Provencher et contre la procureure générale du Québec n’a rien de vraiment surprenant. Elle était inévitable depuis le 12 octobre dernier, alors que le juge Jacques Lacoursière avait blanchi Jonathan Bettez des accusations en lien avec de la pornographie juvénile qui pesaient contre lui.

Même si ce recours est à la fois prévisible et légitime, il risque de raviver la colère que le public a maintes fois manifestée tout au long des procédures au criminel contre Jonathan Bettez, alors considéré comme principal suspect dans l’affaire Cédrika Provencher.

Opinions

Des propos inacceptables

ÉDITORIAL / «On ne parle pas comme ça aux États-Unis.»

C’est ce qu’a dit Donald Trump, mercredi, lorsqu’il expliquait pourquoi il avait annulé son séjour au Danemark. Il n’a pas apprécié la déclaration de la première ministre danoise Mette Frederiksen dans laquelle elle qualifiait d’«absurde» la discussion entourant l’intérêt manifesté par le président pour que les États-Unis achètent le Groenland.

Opinions

Laurence et la tempête

ÉDITORIAL / Le ciel s’est abattu en quelques endroits lundi. Mais sur la tête de Laurence Vincent-Lapointe, il l’a certainement fait avec éclat. Peu importe la décision finale que rendra éventuellement la Fédération internationale de canoë à la suite de son échec à un test antidopage, la réputation de la canoéiste est entachée et c’est ce qui est le plus triste dans cette histoire.

La championne du monde détentrice de treize titres a été suspendue jusqu’à nouvel ordre par la Fédération internationale de canoë après que des traces de Ligandrol, une substance prohibée selon l’Agence mondiale antidopage, aient été décelées dans des échantillons de son urine lors d’un entraînement en juillet.

Pierre Jury

Recyclage : une lueur d’espoir

ÉDITORIAL / Depuis lundi, une commission parlementaire se penche sur le recyclage du verre dans l’espoir de trouver une manière de stopper son envoi aux dépotoirs. Cette discussion pourrait être importante... si elle n’avait pas été initiée par la solidaire Ruba Ghazal. D’ordinaire, une telle commission aurait pu plancher sur de nouvelles solutions de recyclage, mais ce n’est pas le cas : le ministre de l’Environnement, Benoît Charette, en est absent et toute solution doit nécessairement passer par le gouvernement de la Coalition avenir Québec.

En ce sens, cette commission parlementaire jase beaucoup, mais aboutira à bien peu.

Pierre Jury

Immigration : il faut l’augmenter

ÉDITORIAL / Le gouvernement de la Coalition avenir Québec souffle le chaud et le froid sur les questions d’immigration. D’un côté, il a diminué la cible de 50 000 à 40 000 immigrants, et de l’autre, il explore déjà la possibilité de la ramener à 50 000 d’ici l’échéance électorale de 2022. Pendant ce temps, le Québec Inc. réclame au moins 60 000 immigrants par an !

L’abaissement de la cible d’immigration avait fait grand bruit, et pour cause. 

Les plus critiques accusaient le parti de François Legault d’intolérance. 

L’objectif était d’accepter moins d’immigrants, mais de mieux s’en occuper. 

Par le résultat électoral net en faveur de la CAQ, les Québécois avaient conclu qu’ils étaient en accord avec ce virage politique.

Éditorial

Pleins feux sur Trois-Rivières

ÉDITORIAL / Dans une élection générale, qu’elle soit fédérale ou provinciale, il y a toujours un certain nombre de circonscriptions à surveiller de près pour toutes sortes de raisons: candidats vedettes, luttes serrées à prévoir, rupture avec la tradition électorale, etc. Pour l’élection fédérale d’octobre prochain, Trois-Rivières sera de celles-là.

À n’en pas douter, la circonscription de Trois-Rivières aura des projecteurs braqués sur elle dans les mois qui viennent. La lutte s’annonce serrée et on sait déjà qu’elle mettra en vedette, entre autres, l’ancien maire Yves Lévesque, le député sortant Robert Aubin, ainsi que la conseillère municipale Valérie Renaud-Martin. Cette dernière deviendra officiellement candidate pour les libéraux de Justin Trudeau mardi prochain.

Opinions

Des yeux et des caméras?

ÉDITORIAL / Ce n’est certainement pas la première fois que les installations récréatives de Trois-Rivières sont la cible de vandales. Mais il est moins fréquent que la Ville et la Direction de la police lancent un appel conjoint à la population pour que celle-ci ouvre l’œil. Le problème est suffisamment sérieux pour qu’on demande aux citoyens de collaborer afin, espère-t-on, d’enrayer le problème.

Depuis le début de l’été, des parcs de Trois-Rivières sont devenus des cibles de choix pour les vandales. Il suffit de voir les photos des installations sanitaires, du mobilier urbain, des bâtiments de service ou des toilettes mobiles pour constater l’ampleur des actes de vandalisme commis cette année.

Opinions

En attendant une législation

ÉDITORIAL / Sobeys vient de poser un geste fort en annonçant l’élimination des sacs d’épicerie en plastique dans ses quelque 225 magasins au Canada, dont ceux sous la bannière IGA. C’est le premier grand détaillant du secteur de l’alimentation à poser un geste volontaire à une aussi grande échelle. La mesure mérite d’être saluée, mais il vaut mieux espérer une législation cohérente en cette matière plutôt que d’espérer longuement que les autres joueurs de l’industrie emboîteront le pas.

Sobeys réalise certainement un bon coup, mais s’il est bon pour l’environnement, il l’est surtout pour son image corporative. La compagnie devance ainsi, par exemple, plusieurs municipalités qui envisagent le bannissement des sacs de plastique à usage unique sur leur territoire.

Opinions

La volte-face de Walmart

ÉDITORIAL / La décision de Walmart Canada de remettre en place un nouveau programme destiné aux personnes présentant un trouble du développement, notamment en offrant des rémunérations à des stagiaires, constitue certainement un bel exemple d’une compagnie qui admet avoir pris une mauvaise décision et qui prend les moyens pour remédier à une erreur qu’elle avait commise.

Reportons-nous à la fin mars 2018. Walmart Canada décidait de mettre fin au programme d’intégration au travail de personnes présentant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme. Le geste avait provoqué une vague d’indignation, si bien que la compagnie s’est vite retrouvée dans un tourbillon médiatique qu’elle n’avait pas vu venir.

Opinions

L’éternel recommencement

ÉDITORIAL / C’est incontournable. Chaque fois qu’on pense que le projet de train à grande fréquence (TGF) entre Toronto et Québec avance et que ça augure bien pour le retour du train de passagers à Trois-Rivières, on arrive avec une autre gifle qui nous laisse croire que tout est à refaire. Ou presque.

Le ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne, avait beau se faire rassurant, lundi, mais il reste que cette étude dont La Presse canadienne a obtenu copie ces derniers jours a de quoi inquiéter ceux et celles qui souhaitent, depuis des décennies, le retour du train à Trois-Rivières.

Opinions

Accommodement déraisonnable

ÉDITORIAL / Le Directeur général des élections du Canada a entre les mains une patate bien chaude. Il doit déterminer de quelle façon il donnera suite à la décision de la Cour fédérale de se pencher à nouveau sur la possibilité de déplacer le jour du scrutin d’octobre puisque la date du 21 coïncide avec une fête religieuse juive appelée Chemini Atseret. Tout changement de date du scrutin qui serait attribuable à cette demande, même si cela apparaît peu probable, constituerait un accommodement déraisonnable et un malheureux précédent.

Toute cette histoire part de la demande faite par la candidate conservatrice dans la circonscription torontoise d’Eglington-Lawrence, Chani Aryeh-Bain, et par Ira Walfish, un militant de la circonscription voisine de York-Centre. Les deux sont de confession juive orthodoxe.

Opinions

Une rénovation et une réflexion

ÉDITORIAL / La Ville de Trois-Rivières ne pouvait plus y échapper. Elle devra consacrer des millions de dollars, entre douze et seize s’il n’y a pas de mauvaises surprises, pour la réfection de la piscine du parc de l’Exposition. C’est un investissement nécessaire, mais qui devrait impérativement provoquer une réflexion plus large sur les piscines publiques municipales.

Si ce n’était pas de la valeur patrimoniale de la piscine de l’Expo, du caractère unique de ce lieu et de l’attachement que les Trifluviens ont envers cette installation, il pourrait être facile de remettre en question tout investissement de l’ampleur de celui qu’on prévoit réaliser l’an prochain. Entre 12 et 16 millions de dollars, ce pourrait être un pensez-y-bien pour un équipement qui, au fond, ne sert que deux mois par année.

Opinions

Un engagement non respecté

ÉDITORIAL / Si les consultations tenues au lieu historique national des Forges-du-Saint-Maurice samedi ne devaient servir qu’à une chose, ce serait certainement d’avoir démontré à Parcs Canada l’attachement de la population et de plusieurs institutions de la région envers ce site.

Les Forges, c’est ce qui devrait être la signature patrimoniale et historique de Trois-Rivières. Bien avant l’industrie des pâtes et papiers, fort bien mise en valeur avec Boréalis, il y a eu l’industrie sidérurgique. La première au Canada. Chez nous, aux Forges. Cela mérite certainement une mise en valeur digne de ce nom sur le plan patrimonial.