L’important, c’est de voter

Après une campagne trop longue d’une semaine, l’heure du vote est enfin arrivée. On saura lundi soir quel parti formera le prochain gouvernement. On saura, surtout, si la volonté de changement exprimée à de nombreuses reprises et observée de différentes façons au cours de cette campagne, se concrétisera. Peu importe de quel côté on penche, il reste un geste essentiel à poser: celui de voter.

Beaucoup d’électeurs de la région l’ont déjà fait. Plus de 50 000 personnes, réparties dans les cinq circonscriptions desservies par Le Nouvelliste, ont voté par anticipation. Ça donne des chiffres encourageants pour le taux de participation global à cette élection générale.

Dans Trois-Rivières, près de 24 % des électeurs ont déjà voté. Dans Maskinongé, Champlain et Laviolette–Saint-Maurice, le taux de participation atteint déjà 19 % ou 20 %. Du côté de Nicolet-Bécancour, ce sont près de 15 % des électeurs qui ont voté. À la dernière élection générale, en 2014, les taux de participation dans la région variaient entre 67 % et 74 %. C’était légèrement moindre qu’en 2012, alors qu’il oscillait entre 72 % et 79 %.

Il faudrait donc freiner cette tendance à la baisse du taux de participation. Histoire de donner un minimum de légitimité à ceux et celles qui nous représenteront.

Les cinq dernières semaines ont été marquées essentiellement par les annonces des chefs et les spins provenant de leur caravane respective. Les campagnes électorales sont devenues des exercices savamment mis en scène, avec une préoccupation de plus en plus marquée pour la clarté des messages et l’image des messagers. L’inconvénient majeur, c’est que cette attention portée aux chefs, à leurs déclarations, à leurs querelles, à leurs débats et à leurs faux pas, laisse de moins en moins de place aux candidats locaux.

Heureusement, dans la région, nous avons été bien servis pendant cette campagne électorale. Mis à part l’épisode d’escarmouche entre Sonia LeBel et Pierre-Michel Auger au sujet de la DPJ, les candidats de tous les partis, dans toutes les circonscriptions de la région, auront mené une campagne propre et respectueuse. C’est tout à leur honneur.

Les adversaires de Simon Allaire, le candidat de la CAQ dans Maskinongé, ont refusé de tirer profit des révélations qui ont été faites au sujet de son dossier de contraventions au Code de la sécurité routière. Les délégués des partis présents lors du débat organisé par le 106,9 FM ont tous pris part à l’exercice en respectant les règles et en adoptant un ton courtois. Même les quatre candidats – un par parti politique – conviés par Le Nouvelliste pour écouter le débat des chefs ensemble ont répondu à l’invitation et l’ont fait dans une atmosphère de franche camaraderie.

Si le même degré de respect pouvait être observé à une plus grande échelle, cela contribuerait certainement à réduire le niveau de cynisme des citoyens envers les acteurs de la scène politique. Malheureusement, sur le plan national, la dernière dizaine de jours nous a montré davantage le côté moins édifiant des campagnes électorales.

Malgré cela, il y a quand même de quoi se réjouir. Notre démocratie est saine. Pas parfaite, mais saine. Et quand on voit les dérives qui surviennent dans d’autres pays supposément démocratiques, on peut quand même se consoler.

Les hommes et les femmes qui aspirent à nous représenter et à faire partie de l’assemblée législative méritent notre respect. La grande majorité d’entre eux le font pour les bonnes raisons, avec les meilleures intentions.

Lundi soir, ils ne seront pas tous élus. Mais on peut quand même leur lever notre chapeau. Mettre sa face sur des poteaux, accepter d’être sous les projecteurs pendant une quarantaine de jours, sacrifier du temps consacré à la famille ou aux loisirs, faire passer son propre emploi en deuxième lieu, tout cela impose la considération.

La façon la plus pertinente de leur montrer qu’on respecte cet engagement, c’est en se rendant voter.