Le dénouement de la saga du déneigement de la route 155 ne tient pas du miracle.

L'heure de la magnanimité

Il semble bien que ce soit la période idéale pour les municipalités et les organismes qui ont des demandes particulières à formuler à différentes instances gouvernementales, de réclamer l'intervention d'un représentant de ce même gouvernement. Les libéraux semblent plus que jamais en mode «exaucement des voeux».
Le dénouement de la saga du déneigement de la route 155 ne tient pas du miracle. Il découle tout simplement de l'intervention du premier ministre qui, plus tôt cette semaine, confirmait qu'il avait demandé à son ministre des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports de «regarder ça» et de «tenir compte de la particularité de ce tronçon majeur et isolé».
Quand un premier ministre s'adresse ainsi à un de ses lieutenants, c'est clair qu'il attend un renversement de la décision de faire passer le déneigement au niveau 2.
Le premier ministre - qui, incidemment, est aussi député de Roberval - disait aussi considérer que le caractère particulier de la 155 comme lien interrégional nécessitait un entretien optimal de niveau 1 et non un déneigement partiel de la chaussée comme en avait décidé le ministère des Transports.
Les maires, de La Tuque jusqu'au Lac-Saint-Jean, avaient tous dénoncé cette décision.
Et comme il y avait un précédent où le premier ministre avait forcé le ministère à faire marche arrière pour un autre tronçon de route dans la région du Lac-Saint-Jean, tout espoir était permis.
C'est la députée de Laviolette, Julie Boulet, qui s'est faite porteuse de la bonne nouvelle. Et qu'on ne se méprenne pas: c'est en effet une excellente nouvelle. Ça envoyait un très mauvais message d'abaisser le niveau de déneigement d'une route interrégionale sans couverture cellulaire. Même s'il était possible que cela n'ait que peu d'impact sur la sécurité, le processus était douteux.
L'intervention politique prend parfois des airs de magnanimité. Et elle ne donne pas uniquement lieu à des renversements de décisions. Il arrive aussi qu'elle «facilite» l'avancement de dossiers en cours ou la concertation d'intervenants concernés.
L'initiative de la députée Julie Boulet de convoquer une rencontre dans le dossier du nettoyage de la rivière Grand-Mère va dans ce sens. Le message était suffisamment clair pour que les représentants du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques comprennent les besoins de la Ville de Shawinigan et la nécessité pour elle de ne pas être confrontée à des exigences démesurées pour intervenir à cet endroit.
Cela a tellement bien marché que la Ville présentera finalement une demande de certificat d'autorisation pour aller de l'avant dans ce dossier. Et gageons que le traitement sera rapide, diligent et qu'il débouchera sur l'autorisation demandée.
Sans grande surprise, à cette apparente grandeur d'âme gouvernementale s'ajoute une flopée d'annonces pour redorer l'image et faire oublier l'austérité des deux premières années du mandat en cours.
Mercredi, à titre d'exemple, c'est le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, qui annonçait l'ajout de 2100 places en hébergement, en réadaptation et en convalescence pour libérer des lits dans les hôpitaux et y diminuer l'attente. Un cadeau de 100 millions de dollars.
Et détrompons-nous: ce n'est pas l'approche des Fêtes qui provoque ces soudaines largesses. C'est l'approche, plus lointaine, des élections de 2018.