Il est temps de ramener le prolongement de l’autoroute 30 dans les priorités régionales.

L’heure de la 30 est-elle arrivée?

En mai 2003, répondant à une énième relance de l’idée par les élus locaux, la direction régionale du ministère des Transports faisait savoir que le prolongement de l’autoroute 30 entre l’autoroute 55 et Nicolet allait être planifié dans un horizon de quinze ans.

C’est aussi ce qui était consigné dans le plan de transport régional, présenté en février de cette même année. Quinze ans, ça nous mène à 2018. Et 2018, c’est dans deux mois.

Il est temps, en effet, de ramener ce dossier dans les priorités régionales. Ce n’est certainement pas la première fois que cela se produirait: une rapide revue de presse nous permet de retrouver des traces de promesses, d’engagements, de demandes d’élus, de représentations par des organismes socioéconomiques et de commentaires éditoriaux de façon ponctuelle au cours des trente dernières années.

En 2010, alors qu’elle était ministre des Transports, Julie Boulet avait indiqué que le débit journalier de véhicules ne justifiait pas de relancer le projet de prolongement de l’autoroute 30. Du même souffle, elle admettait que la réalisation de ce projet, dans les plans du ministère, était prévue pour un horizon de cinq à dix ans. C’est-à-dire quelque part entre 2015 et 2020. On est pas mal dans cette période-là.

Les élus ont raison de réclamer le prolongement de l’autoroute 30. Le problème est toujours le même lorsque vient le temps de se rendre à Nicolet à partir de Trois-Rivières ou de Bécancour: il faut faire un détour par le boulevard des Acadiens et le boulevard Louis-Fréchette (route 132) ou par le boulevard Bécancour, le rang des Soixante et la route du Port. Le dilemme est toujours le même: quel trajet est le plus court? En distance, c’est en longeant le fleuve. Mais en temps, les deux s’équivalent.

Au-delà de ce dilemme, on se dit inévitablement que ça irait donc bien si la 30 pouvait transpercer les terres et nous amener directement à la route du Port. C’est le voeu que formulent les élus et décideurs de la rive sud depuis que la 30 s’arrête abruptement à l’ouest de la 55.

Il a fallu plaider fort pour le prolongement de la 55 entre Saint-Célestin et l’autoroute 20. Aujourd’hui, on réclame encore le doublement de cette route devenue partiellement réalité. Et on le fait essentiellement pour des raisons de sécurité. 

Les mêmes considérations devraient être mises de l’avant pour réclamer le prolongement de la 30. La circulation, souvent à une vitesse plus élevée que celle permise, est devenue dangereuse sur le boulevard des Acadiens ou sur le boulevard Bécancour. Des résidents n’en finissent plus de témoigner de la dangerosité de ces routes, notamment lorsque surviennent des accidents graves.

Le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, a toujours reconnu ce problème et a, plus d’une fois, interpellé les ministres qui se sont succédé aux Transports sur ce sujet. Plus d’une fois, il leur a rappelé que le Parti libéral avait promis ce petit tronçon de cinq kilomètres à toutes les campagnes électorales depuis quinze ans. Son prédécesseur péquiste, Michel Morin, avait lui aussi plaidé en faveur de ce nouveau lien routier.

Récemment, le sujet s’est invité dans la campagne à la mairie de Bécancour. La candidate Martine Pepin, qui dit vouloir «faire tomber le rideau entre Bécancour et Nicolet», a mentionné le prolongement de la 30 comme étant un dossier qui devait être travaillé en étroite collaboration avec la Ville de Nicolet. 

Son adversaire, Jean-Guy Dubois, avait déjà indiqué que le projet de l’autoroute 30 était complémentaire au projet de doublement de l’autoroute 55, puisque ceux-ci sont interconnectés.

La 30 est le trait d’union dont ont besoin Bécancour et Nicolet. Parce que même si elles sont situées dans des MRC différentes, elles ont entre elles beaucoup plus de liens que certaines municipalités du même territoire de MRC.

Et les échéances évoquées à quelques reprises au cours des dernières décennies sont arrivées.