Ruth Ellen Brosseau

L’exception à la règle

ÉDITORIAL / Se pourrait-il qu’une des plus belles histoires d’adoption soit celle de Ruth Ellen Brosseau par les électeurs de Berthier-Maskinongé? Si on se fie aux résultats du plus récent sondage Mainstreet mené pour Le Nouvelliste et le Groupe Capitales Médias, c’est un constat qui est possible. La députée sortante pourrait être une des rares membres du caucus néo-démocrate à sauver son siège au Québec. Sinon la seule.

Sur les différents sites d’agrégation de sondages et de projection de sièges, seul Alexandre Boulerice pourrait survivre à la prochaine élection pour les néo-démocrates au Québec. Mais il ne faudrait pas s’étonner de voir Ruth Ellen Brosseau obtenir un troisième mandat à la Chambre des Communes.

Son histoire est fascinante et on n’a plus besoin de la raconter. Mais il faut voir avec quel enthousiasme la population de Berthier-Maskinongé l’a accueillie, respectée et adoptée. Des histoires comme celle-là ne sont pas courantes en politique.

Élue en 2011 à la faveur de la vague orange, Ruth Ellen Brosseau n’avait jamais mis les pieds dans Berthier-Maskinongé. Pas même en campagne électorale. L’ardeur avec laquelle la députée a tout appris de la politique et sa formidable capacité d’adaptation lui ont ouvert la voie à une réélection facile en 2015. C’était presque par 9000 voix de majorité sur son plus proche rival. Alors que le NPD perdait des plumes au Québec, elle augmentait son pourcentage de votes recueillis.

Le plus récent sondage Mainstreet démontre qu’elle pourrait, contre vents et marées, conserver son siège de députée. Elle est devenue non seulement une figure de proue de sa formation politique, mais force est de constater qu’elle est devenue une figure populaire dans sa circonscription. Il ne se trouve pas beaucoup de voix pour dénigrer son travail. Elle est très présente et la population aussi bien que les élus et intervenants locaux l’apprécient. D’abord connue comme étant la plus illustre candidate parachutée, elle est maintenant une résidente du comté, partageant sa vie avec un producteur agricole de Yamachiche, où elle s’est installée.

Évidemment, un sondage n’est qu’un instantané de l’humeur des électeurs. Mais avec 35,5 % des intentions de vote, elle se situe bien au-dessus de la performance globale de son parti au Québec. Le NPD ne recueille présentement qu’entre 9 % et 12 % dans les intentions de vote des Québécois.

Mais avec 35,5 % des intentions de vote, elle ne domine toutefois pas outrageusement son plus proche rival, le bloquiste Yves Perron, qui recueille 27,8 % des voix. Le fort pourcentage d’indécis dans Berthier-Maskinongé – 21,5 % selon le sondage – pourrait faire bouger l’aiguille d’ici le jour du scrutin.

Chose certaine, Ruth Ellen Brosseau pourrait être l’exception qui confirmerait la règle selon laquelle les candidats locaux n’ont pas beaucoup de poids dans une élection fédérale. Pas mal pour celle qui n’était qu’une candidate-poteau il y a huit ans.