Les villes doivent embarquer

Elle est intéressante, cette idée de faire embarquer le monde municipal dans une reconnaissance de l’urgence climatique. Il faut souhaiter que cette démarche atteigne la région très prochainement et que les villes acceptent d’endosser la déclaration d’urgence climatique qui circule et qui rallie déjà plusieurs gouvernements de proximité.

Au cours des derniers jours, les villes de Sherbrooke, Rimouski et Matane ont toutes adopté cette déclaration d’urgence climatique, un document d’engagement par lequel on reconnaît cette urgence et on affirme vouloir s’engager dans des actions concrètes pour lutter contre les changements climatiques.

La démarche qui fait son chemin dans plusieurs villes s’inscrit dans le plus vaste mouvement d’adhésion à la cause que l’on peut observer depuis quelques semaines. Les récentes marches dans les rues de Montréal et de plusieurs villes québécoises, ainsi que la pétition lancée par le mouvement du Pacte pour la transition, sont d’autres exemples de la façon dont se traduit la conscientisation croissante de la population face aux changements climatiques.

Jeudi encore, à l’Assemblée nationale, un autre geste en ce sens a été posé avec le front commun des partis d’opposition en matière d’environnement. Marie Montpetit, Manon Massé et Sylvain Gaudreault ont demandé au gouvernement Legault de convoquer des états généraux sur l’urgence climatique et de poser des actions concrètes. Ils étaient appuyés par 213 candidats défaits lors des dernières élections pour présenter cette «Déclaration transpartisane pour la transition socio-économique du Québec», remise au premier ministre François Legault.

Visiblement, tout le monde veut prendre le train de l’environnement.

Même si certains pourront y voir un peu d’opportunisme, il faut se réjouir de voir qu’on parle de plus en plus d’environnement et de lutte contre les changements climatiques. Le sujet s’impose naturellement dans les processus de prise de décisions politiques et dans le débat public en général.

Pas étonnant, donc, que les villes soient aussi sollicitées pour joindre le mouvement. Les conseils municipaux constituent le palier gouvernemental le plus proche des citoyens, donc le plus proche des mouvements populaires. Les administrations municipales sont aussi bien placées pour poser des gestes concrets, notamment sur le plan du développement urbain, de la gestion des matières résiduelles, des approvisionnements, du transport collectif ou de la protection des espaces verts.

Il semble que le contenu de la déclaration d’urgence climatique soit présentement à l’étude par les conseillers municipaux de Trois-Rivières, ce qui pourrait signifier une adoption au cours des prochaines semaines. Il est utile, ici, de rappeler qu’un tel engagement, même s’il est plein de bonne foi et de belles intentions, doit trouver écho au sein de la population. Et pour ce faire, il est essentiel de bien informer celle-ci de la raison d’être de cette déclaration et des façons dont elle pourra prendre forme à Trois-Rivières.

Souhaitons qu’on retrouvera ici la même sagesse que celle qui semble animer le maire de Rimouski, Marc Parent. Plus tôt cette semaine, il affirmait que sa ville aurait besoin d’un peu de temps pour réfléchir avant d’agir, tout en promettant que des gestes allaient être posés rapidement.

Il ne faudrait pas que l’environnement soit au cœur d’un fiasco de communications comme l’a été l’adoption de la «Vision zéro» en matière de circulation et de sécurité publique.