Le directeur du SANA, Ivan Suaza, dit que tout est prêt pour accueillir une nouvelle vague de réfugiés syriens.

Les bras et le coeur ouverts

Trois-Rivières accueillera 28 nouveaux réfugiés syriens au cours des prochains jours, ce qui portera à tout près d'une centaine le nombre de nouveaux citoyens accueillis depuis un an en vertu de cet important plan d'accueil.
Il y a un an, le Canada accueillait ses premiers réfugiés syriens dans le cadre de cet effort international. Au pays, cela s'est traduit par la volonté d'un Justin Trudeau fraîchement élu d'accueillir ici 25 000 réfugiés.
Si plusieurs se réjouissaient de ce programme et de ce témoignage de solidarité, d'autres émettaient des doutes, des craintes, souvent alimentées par une stigmatisation ou une peur de l'autre. Surtout dans un contexte où l'actualité avait été marquée plus d'une fois par des images frappantes d'attentats terroristes.
On a l'amalgame facile, parfois.
La campagne de peur, menée notamment par les conservateurs qui brandissaient le spectre de l'infiltration possible de sympathisants de groupes terroristes, n'a pas convaincu une majorité de Canadiens. 
Un an plus tard, il faut bien se rendre à l'évidence et constater que l'accueil des réfugiés syriens au pays est un succès. Le Canada, bien sûr, n'est à l'abri de rien. Mais la catastrophe appréhendée n'a pas eu lieu. Le Québec, comme l'ensemble du Canada, témoigne de son ouverture et de sa compassion d'une façon généralement exemplaire.
L'intégration des personnes réfugiées au sein de leurs communautés d'accueil se poursuit. Trois-Rivières ne fait pas exception dans cet élan de générosité et d'entraide qui a caractérisé l'accueil de cette importante vague d'immigrants.
L'accueil et l'aide aux réfugiés, ici, sont principalement l'affaire du Service d'accueil aux nouveaux arrivants (SANA). L'organisme possède non seulement l'expertise en la matière, mais un impressionnant réseau de partenaires qui facilitent l'arrivée des étrangers qui s'établissent dans la région.
Et lorsque le directeur du SANA, Ivan Suaza, dit que tout est prêt pour accueillir une nouvelle vague de réfugiés syriens, on ne peut que le croire. Le travail de son organisme, jusqu'à maintenant, a été sans faille.
Il suffit de relire le témoignage de la famille Badawa, paru dans nos pages il y a quelques mois. Le père, la mère et leurs sept enfants sont arrivés à Trois-Rivières à la fin février, après avoir fui la Syrie et passé trois ans en Jordanie. Monsieur Badawa avait toujours refusé de quitter son pays, malgré les horreurs de la guerre civile. Mais comme bon nombre de ses compatriotes, il n'a finalement pas eu le choix de partir.
Quelque temps après leur arrivée à Trois-Rivières, les membres de la famille Badawa se disaient enchantés par leur nouvelle ville d'adoption. 
Il y a tout lieu de croire que si Trois-Rivières a été assez accueillante pour les Badawa, elle peut l'être pour encore un bon nombre de familles réfugiées. La beauté de la chose, c'est qu'il y a maintenant de plus en plus de Syriens en ville pour faciliter l'accueil et l'intégration des arrivants attendus.
On se doute bien qu'il subsiste des obstacles culturels. Et que la barrière de la langue est certainement la plus haute et la plus ardue à franchir. Mais les livres du SANA regorgent de beaux exemples d'intégration et de francisation au fil des ans. On dit que l'apprentissage du français est difficile, mais plusieurs réfugiés atterris ici ont déjà surmonté bien des difficultés. Plus grandes et plus éprouvantes encore.
Et nous, en tant que communauté, souhaitons qu'on garde encore cette ouverture qui semble nous caractériser. Celle des bras et celle du coeur.