L’ex-maire de Trois-Rivières Yves Lévesque devra surveiller ses arrières et éviter les faux pas d’ici le scrutin du 21 octobre prochain.

Les Aubin à l’attaque

ÉDITORIAL / C’est visiblement à deux Aubin qu’Yves Lévesque aura affaire dans sa course pour devenir député fédéral de Trois-Rivières. Preuve que l’ex-maire de Trois-Rivières devra surveiller ses arrières et éviter les faux pas d’ici le scrutin du 21 octobre prochain.

C’est via son compte Facebook que Jean-François Aubin s’en est pris à Yves Lévesque à la fin de la semaine dernière. Il lui a notamment reproché de ne pas avoir respecté l’engagement qu’il avait fait lors de la campagne électorale de 2017 à l’effet qu’il allait compléter son mandat s’il était réélu. On connaît la suite: Lévesque s’est heurté à un nouveau conseil de ville moins facile à contrôler, il est parti en congé de maladie, a démissionné… puis est récemment revenu dans le portrait en tant que candidat conservateur.

Mais surtout, Yves Lévesque a fait des apparitions publiques durant l’élection partielle pour sa propre succession qui ont pu nuire à la candidature de Jean-François Aubin. Ce dernier se défend d’agir sous le coup de la frustration, mais il devra être un peu plus subtil pour nous convaincre qu’il n’y a aucune amertume derrière ses commentaires.

Jean-François Aubin est un citoyen de Trois-Rivières et c’est son droit le plus strict d’exprimer ses opinions. Celles-ci pourraient même intéresser une partie de la population trifluvienne. Rappelons que presque 14 000 personnes ont voté pour lui lors de la dernière élection pour la mairie de Trois-Rivières. Or, pour avoir un minimum de crédibilité, il devra trouver le juste équilibre entre le candidat défait frustré et le citoyen expérimenté et avisé.

Il faut d’ailleurs admettre que ses doléances concernant les valeurs environnementales d’Yves Lévesque, émises dans le même message Facebook, étaient davantage pertinentes dans le contexte actuel. Beaucoup plus que tous ces reproches concernant la décision de Lévesque de faire le saut en politique fédérale ou ces suspicions sur son congé de maladie.

«Les préoccupations environnementales d’Yves Lévesque ne rejoignent pas nécessairement celles des Trifluviens», indiquait Jean-François Aubin sur les réseaux sociaux. À ce sujet, il rejoint le député sortant Robert Aubin qui a profité de son investiture, tenue samedi dernier, pour mentionner que les conservateurs étaient à ses yeux «les champions toutes catégories confondues des prix fossiles».

Les dossiers environnementaux n’ont jamais été aussi importants aux yeux des électeurs et c’est visiblement sur ce genre de questions qu’il sera possible de déséquilibrer le candidat conservateur dans Trois-Rivières. Il s’agit d’une excellente stratégie d’inciter Yves Lévesque à se compromettre sur des valeurs conservatrices moins populaires au Québec, comme l’environnement. L’ancien maire de Trois-Rivières n’a jamais eu à répondre à une ligne de parti et c’est assurément en le forçant à s’exprimer sur des sujets controversés qu’il pourrait commettre des erreurs.

Tout le monde sait qu’Yves Lévesque n’a pas la langue dans sa poche. Une déclaration controversée pourrait rapidement se retrouver dans les médias nationaux et mettre son parti dans l’embarras. À moins évidemment que la direction du parti lui ait demandé d’être un peu moins loquace… Bonne chance!

Yves Lévesque, le politicien attachant, travaillant et combatif, bénéficie d’un incomparable capital de sympathie qui devrait le diriger vers la victoire. Reste à voir si cette popularité et cet attachement passeront le test des positions conservatrices plus controversées au Québec.

Comptez sur les deux Aubin pour les faire ressortir au cours des prochaines semaines…