Martin Francoeur
Le Nouvelliste
Martin Francoeur
Le maire de Shawinigan, Michel Angers.
Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

L’engagement du maire Angers

ÉDITORIAL / Le maire de Shawinigan, Michel Angers, a eu l’occasion de réitérer à quelques reprises depuis les dernières semaines, son engagement à aller chercher auprès des gouvernements fédéral et provincial les sommes manquantes liées au dépassement de coûts et à la réduction du montant subventionné pour le projet d’assainissement des eaux à Lac-à-la-Tortue. Mais en signant une lettre d’opinion en ce sens dans ces pages, il vient sceller un engagement ferme envers la population. Et il envoie un message clair aux élus provinciaux et fédéraux.

S’il y en a un qu’on doit croire lorsqu’il se dit mécontent des augmentations de coûts liées au projet d’assainissement des eaux dans le secteur Lac-à-la-Tortue, c’est bien le maire de Shawinigan lui-même, Michel Angers. Conscient des limites financières de sa ville et aussi de la capacité de payer de ses contribuables, la dernière chose qu’il voulait faire était certainement de refiler une facture plus élevée que prévu aux propriétaires touchés. Croire le contraire serait de la mauvaise foi pure et simple.

Le fait que les citoyens concernés soient mécontents est parfaitement normal. Qu’une pétition soit initiée par ces citoyens est une conséquence qui était prévisible. Mais la pétition vise-t-elle la bonne cible? N’aurait-il pas été plus pertinent de s’adresser aux gouvernements provincial et fédéral pour que l’aide financière corresponde au montant réel des coûts?

En tout cas, souhaitons qu’elle puisse servir de munition au maire qui devra poursuivre sa croisade auprès des gouvernements.

La Ville de Shawinigan se retrouve, avec les dépassements de coûts et la réduction du montant subventionné, à un niveau de subvention de 70 % plutôt que de 83 % comme promis initialement. Il y a donc des sommes à aller chercher. Il faudra un travail de persuasion considérable pour convaincre les ministères concernés de remettre l’ensemble des subventions annoncées et acceptées dès le départ pour éventuellement redistribuer ces montants aux contribuables. Mais le jeu en vaut certainement la chandelle. Parce que les résidents touchés par la taxe d’amélioration locale qui découle de ce projet sont pris à la gorge.

«Je vais continuer à remuer ciel et terre pour que nos citoyens obtiennent ce qui leur est dû et pour récupérer un maximum d’argent sur ce projet», assure le maire Angers dans sa lettre. C’est là-dessus qu’il faut le talonner. Et c’est dans cette démarche qu’il doit avoir l’appui de la population. Pas en tentant de faire répartir autrement la taxe d’amélioration, ni en tentant de faire payer la Ville.

Déjà que le chantier a été ponctué de rebondissements pas toujours réjouissants, il importe de faire en sorte que ces difficultés soient derrière tout le monde le plus rapidement possible. Et c’est ce ras-le-bol que les paliers subventionnaires doivent entendre.

Il n’est pas normal que les contribuables payent pour les augmentations reliées à plus d’un millier de directives de changements sur un chantier déjà complexe. La fameuse règle du plus bas soumissionnaire conforme a des effets pernicieux; les élus et les citoyens de Shawinigan sont plus que jamais en mesure de le confirmer. On s’est retrouvé avec des entreprises qui soumissionnent en deçà des évaluations de départ avec des résultats finaux bien différents du scénario d’origine. Pour des professionnels et des entrepreneurs, les contrats sont faciles à décrocher quand on peut se dire qu’on tartinera plus épais par la suite.

Les gouvernements ne peuvent pas se laver les mains devant une telle situation. Plus tôt cette semaine, la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, a tenté de le faire de façon plus ou moins élégante en rappelant que Shawinigan recevra 33,9 M$ d’aide gouvernementale pour concrétiser ce projet. Une somme non négligeable, dit-elle en rappelant les «engagements» généraux contractuels de la Ville. Ce n’est pas très courtois envers un maire aux prises avec une crise.

Oui, une crise. On peut sans exagérer appeler ça ainsi.