La Ville de Trois-Rivières invite des élèves membres des comités environnement afin de présenter les actions environnementales entreprises ainsi que celles prévues au budget 2020.

Le virage vert de Trois-Rivières

ÉDITORIAL / Il y a quelque chose de très inspirant dans l’activité que tenait mardi matin la Ville de Trois-Rivières, en collaboration avec différentes écoles de son territoire. Des dizaines de jeunes sont venus entendre ce que les autorités municipales avaient à présenter comme bilan en matière d’environnement, un peu plus d’un an après avoir signé la Déclaration d’urgence climatique. À n’en pas douter, il y a un changement de philosophie qui s’opère à l’hôtel de ville en cette matière et c’est tant mieux.

Le budget 2020 de la Ville de Trois-Rivières reflète bien cette sensibilité accrue envers les actions liées aux changements climatiques. Si on inclut la bonification de 1,7 million $ pour la contribution de la Ville à la Société de transport de Trois-Rivières, c’est plus de 3,2 millions $ qui seront consacrés à des mesures à caractère essentiellement environnemental. C’est considérable.

Tellement que pour plusieurs fonctionnaires de la Ville, c’est du jamais vu. Même Dominic Thibeault, chef de la division Environnement, n’en revient pas. Pour la première fois depuis qu’il est en poste, rien n’a été coupé dans ses propositions budgétaires qu’il a présentées au conseil municipal.

Normalement, de telles propositions sont présentées en juin et à mesure que le conseil calcule ce qu’il faut couper pour boucler le budget de la Ville, ces budgets prévisionnels s’effritent petit à petit. En environnement, ça n’a pas été le cas cette année et c’est ce qui rend la chose exceptionnelle.

Évidemment, dire cela à des étudiants du secondaire aurait été un peu indigeste. Alors pour eux, la conseillère Mariannick Mercure et son collègue Claude Ferron ont livré une présentation dans laquelle on a mis en évidence certains projets réalisés par le conseil municipal: distribution de plus de 450 composteurs domestiques et développement de composteurs collectifs, éducation à l’environnement dans plusieurs écoles et institutions, réduction des îlots de chaleur par la plantation de plus de 420 arbres, bonification du budget de transport collectif et du budget consacré aux pistes cyclables, etc. D’autres actions à caractère environnemental sont à venir en 2020.

Les jeunes qui ont pris connaissance du bilan vert de la Ville sont satisfaits, mais pas complètement. C’est normal. Une Ville ne peut pas toujours agir immédiatement ou directement. Mais quand une mentalité s’enracine, ça peut finir par donner des choses intéressantes. C’est ce qui se produit à Trois-Rivières. C’est aussi ce qui s’est produit à Nicolet ces dernières années.

Bien sûr, il reste du chemin à faire. Et une ville seule ne peut pas régler le problème d’émissions de gaz à effet de serre d’une province, d’un pays ou d’une planète entière. Mais si chacune s’y met, ça peut finir par faire une différence. C’est ce qu’on semble avoir compris à la Ville. Et quoi qu’on pense de certains élus autour de la table du conseil, leur contribution à cette évolution des mentalités est réelle et digne de mention.

Il y a encore du pain sur la planche pour la Ville. La question du bannissement des plastiques à usage unique et du polystyrène en est un exemple. Beaucoup d’autres villes prennent des actions en ce sens et là-dessus, Trois-Rivières devrait bouger prochainement. Il est aussi question du compostage, avec ces retards ridicules du côté de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie.

Et il faut aussi s’attendre à ce que la Ville prenne des mesures qui n’encourageront pas les déplacements en voiture, surtout les déplacements en «auto-solo». Sans aller jusqu’à faire la vie dure aux automobilistes, il faut reconnaître que c’est le seul moyen de faire changer certains comportements. La lutte aux gaz à effets de serre doit d’abord se faire en travaillant sur la mobilité.

Mais tout le succès des initiatives municipales réside dans le doigté dont on fera preuve pour atteindre de tels objectifs. Dans l’inclusion et la participation citoyenne aussi. Dans la communication efficace.

À l’hôtel de ville, en tout cas, la table semble plus que jamais mise pour passer à l’action.