André Bertrand est déjà la cible des pires accusations sur les réseaux sociaux. On lui reproche de vouloir diviser le vote au profit du maire Yves Lévesque.

Le troisième candidat

Si vous croisez le maire Yves Lévesque au cours des prochains jours, ne soyez pas surpris de le voir afficher son plus large sourire.
L'entrée en scène d'un troisième candidat dans la course à la mairie de Trois-Rivières est de nature à lui redonner la bonne humeur et, du même coup, chasser une nervosité qui était palpable lors de ses plus récentes sorties publiques. N'allez pas croire que la victoire est déjà dans la poche pour celui qui dirige la cité de Laviolette depuis déjà 16 ans, mais la division du vote risque fortement de tourner à son avantage le 5 novembre prochain.
Retournons aux élections municipales de 2013 pour constater qu'une course à plusieurs candidats provoque systématiquement la fragmentation des votes opposés à Yves Lévesque qui, lui, peut compter sur une base d'appuis relativement solide.
Le maire Lévesque avait alors recueilli tout près de 50% du suffrage alors que sa plus proche adversaire, Sylvie Tardif, se contentait d'un score de 31%. De toute évidence, l'expérimentée politicienne aurait eu besoin des votes que les autres candidats se sont partagés pour, à tout le moins, espérer chauffer les fesses d'Yves Lévesque.
En 2009, un candidat beaucoup moins connu, André Carle, lui avait donné une meilleure opposition alors qu'il avait amassé plus de 45% des votes. Mais, rappelons-le, il s'agissait d'une course à deux...
Ce troisième candidat, André Bertrand, est déjà la cible des pires accusations sur les réseaux sociaux. On lui reproche justement de vouloir diviser le vote au profit du maire Yves Lévesque.
Celui qui a déjà côtoyé le conseil municipal trifluvien alors qu'il était commissaire industriel à Innovation et Développement économique Trois-Rivières rejette ces insinuations du revers de la main. On veut bien le croire mais n'en reste pas moins que les résultats des dernières élections nous démontrent clairement qu'une course à plusieurs candidats n'est jamais favorable aux aspirants.
C'est évidemment Jean-François Aubin, qui mène jusqu'à maintenant une campagne à la fois efficace et surprenante, qui risque de sortir perdant de ce nouveau contexte électoral. Déjà qu'il est excessivement difficile de battre un maire déjà en poste, voilà qu'il devra composer avec un troisième candidat qui viendra assurément lui subtiliser de précieux votes qui, en bout de ligne, peuvent faire toute la différence.
Surtout que le bagage économique d'André Bertrand pourrait attirer des opposants à Yves Lévesque qui hésitent à se tourner vers Jean-François Aubin en raison de ses positions plus à gauche, qu'ils jugent moins favorables au développement économique.
Une course à deux aurait été intéressante à suivre mais, démocratie oblige, il faut respecter la décision d'André Bertrand de faire le saut dans l'arène. Il faut également entendre ses idées avant de porter un jugement final sur la qualité de sa candidature.
Pour le reste, la course à la mairie de Trois-Rivières est loin d'être terminée. On l'a dit, Jean-François Aubin se débrouille plutôt bien et il commence sûrement à inquiéter l'entourage d'Yves Lévesque. Il est particulièrement actif sur les réseaux sociaux.
Pourrait-il inciter les plus jeunes électeurs, qui ne sont pas des modèles d'assiduité lorsque vient le temps d'aller voter, à faire une différence? Chose certaine, le prétendant numéro 1 à la mairie de Trois-Rivières devra faire preuve de ténacité et d'ingéniosité pour réussir à vaincre Yves Lévesque dans une course à plusieurs candidats.