Les championnats nationaux de curling junior ont attiré 11 000 visiteurs à Shawinigan.

Le savoir-faire shawiniganais

Une fois de plus, Shawinigan vient de démontrer son savoir-faire dans un créneau qui lui sied bien, celui des événements sportifs de grande envergure. Les championnats nationaux de curling junior viennent de prendre fin et l’événement a été couronné de succès. Si bien qu’on semble déjà se demander, à Shawinigan, quel pourrait bien être le prochain gros événement sportif qu’on pourrait accueillir.

Un peu plus de cinq ans après avoir organisé le tournoi de la Coupe Memorial et la 47e Finale des Jeux du Québec, Shawinigan a une fois de plus profité d’une belle dose de visibilité avec la présentation des championnats juniors. Le réseau TSN était sur place pour les finales, diffusées également en français sur RDS-2, ce qui a permis à bien des amateurs de curling partout au pays de voir le logo de Shawinigan sur les glaces de l’aréna de Grand-Mère.

Une telle visibilité, ça vaut de l’or pour une ville. Non seulement l’événement lui-même permet de faire rouler l’industrie touristique, avec les hôtels et les restaurants, mais il permet aussi de faire circuler le nom de Shawinigan, de rappeler à des touristes potentiels que la ville existe toujours même si son nom circule moins qu’il y a quinze ou vingt ans, alors qu’un certain Jean Chrétien était premier ministre.

Au cours des deux dernières semaines, ce sont vingt-huit équipes de curling de partout au pays qui ont convergé vers Shawinigan et qui y ont séjourné. Plusieurs familles de joueurs ont aussi fait le trajet, assurant ainsi la présence d’un minimum de partisans le long des glaces. Beaucoup d’amateurs de curling de la région mais aussi d’ailleurs au Québec sont allés assister à l’un ou l’autre des matchs au programme, si bien qu’on a vite manqué de voitures de location à Shawinigan et dans les environs. Au total, l’événement a attiré 11 000 visiteurs. En plein mois de janvier, on ne crache pas là-dessus.

Le tourisme sportif est un important générateur de retombées économiques et les villes le savent très bien. À Trois-Rivières, entre 15 % et 20 % des nuitées dans les hôtels sont directement reliées au tourisme sportif. Pourtant, on sent beaucoup plus de volonté d’attirer des événements majeurs à Shawinigan qu’à Trois-Rivières. C’est dommage, parce que quand un gros événement sportif atterrit dans l’une ou l’autre de ces villes, c’est toute la région qui en profite.

À Trois-Rivières, il faut chercher loin pour trouver quelque chose de comparable aux Jeux du Québec, à la Coupe Memorial ou aux Juniors canadiens de curling. La ville dispose pourtant d’infrastructures sportives exceptionnelles et d’un parc hôtelier plus qu’adéquat.

Il y a quelques années, la Ville souhaitait devenir rien de moins que la capitale du tourisme sportif. L’effervescence engendrée par la relance des courses sous harnais, par l’arrivée des Aigles de la Ligue Can-Am, de même que par le parachèvement du complexe sportif Alphonse-Desjardins, ouvrait la porte aux plus grandes ambitions sportives.

La Ville de Trois-Rivières avait mis sur pied un comité du tourisme sportif, qui gérait un fonds destiné, notamment, à promouvoir la tenue d’événements sportifs d’envergure. La Ville versait 75 000 $ annuellement dans ce fonds né à la suite de la tenue des Jeux du Québec d’hiver 1999.

Aujourd’hui, ce comité n’existe plus à Trois-Rivières, mais celui de Shawinigan est toujours actif. Trois-Rivières a plutôt choisi de faire confiance au Centre régional d’entraînement et d’événements de la Mauricie, un organisme dont la mission bicéphale consiste à aider les athlètes et entraîneurs d’excellence et à faciliter la tenue de grands rendez-vous sportifs. Le CREEM chapeaute un sous-comité pour développer les événements à Trois-Rivières.

Ces instances sont assurément des courroies importantes dans le développement du tourisme sportif. Mais la clé demeure la volonté politique. Et la nécessité d’avoir confiance un peu plus souvent en nos moyens, en l’expertise d’organisateurs solides et en l’enthousiasme de bénévoles toujours prêts à servir.