La Mauricie obtient les meilleurs résultats depuis vingt ans, affichant un solde migratoire positif pour toutes les tranches d’âge.

Le pouvoir d’attraction

ÉDITORIAL / Encourageantes, ces récentes statistiques sur le solde migratoire interrégional au Québec. La Mauricie obtient les meilleurs résultats depuis vingt ans, affichant un solde migratoire positif pour toutes les tranches d’âge. Le portrait est presque aussi parfait au Centre-du-Québec.

Encourageantes parce qu’elles confirment le pouvoir d’attraction de la région auprès d’autres Québécoises et Québécois, que ce soit pour y habiter, y travailler, y étudier ou y prendre sa retraite.

Il s’agit d’un spectaculaire renversement de tendance, puisqu’au milieu des années 1990, les deux régions étaient en déficit migratoire. Il y avait plus de gens qui quittaient la région que de gens qui venaient s’y installer. En 2017, 6729 personnes vivant ailleurs au Québec sont devenues des citoyennes de la Mauricie, alors que 5602 résidents de la région sont allés s’installer dans d’autres endroits du Québec. Le Centre-du-Québec affiche la même tendance: en 2016-2017, le solde est de 1247 personnes (7000 qui ont adopté la région, 5753 qui l’ont quittée). Ces chiffres sont nettement plus élevés que les soldes migratoires positifs de l’année précédente.

Dans le cas de la Mauricie, la migration interrégionale est essentielle pour contrecarrer, du moins en partie, l’accroissement naturel négatif que l’on y observe encore.

En clair, cela signifie qu’il y a, année après année, un plus grand nombre de décès que de naissances en Mauricie. Un tel facteur de décroissance de la population doit alors être compensé par l’immigration et par les migrations interrégionales. Entre 2016 et 2017, la population de la Mauricie a augmenté de 1028 personnes, malgré le fait qu’il y a eu 530 décès de plus que de naissances.

La migration interrégionale, c’est le phénomène par lequel des résidents d’une région du Québec vont s’établir dans une autre région. C’est fréquent pour les études, mais ça se produit aussi, de plus en plus, à l’âge de la retraite.

En Mauricie, le solde migratoire interrégional pour les personnes de 65 ans et plus est de 176 personnes. À Trois-Rivières seulement, il est de 290.

Les chiffres dévoilés la semaine dernière par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) donnent raison à des élus comme Yves Lévesque qui constatent le pouvoir d’attraction de la région pour les retraités et qui encouragent ce retour à la région qui les a vus naître ou grandir. Plusieurs facteurs servent bien la cause de ceux qui tentent d’attirer ici les retraités: coût abordable du logement, sécurité, proximité des grands axes de communication, proximité de la nature, accès aux services, accès aux loisirs et aux produits culturels, bonne qualité de vie en général.

C’est un pari intéressant que de vouloir attirer des retraités. Leur pouvoir d’achat est considérable et constitue un facteur économique important. Ce sont des gens qui, lorsqu’ils sont actifs, consomment, mangent au restaurant, vont au théâtre, voyagent. C’est «l’argent gris» en quelque sorte. Par contre, ça peut être à double tranchant: ces personnes-là consomment pendant qu’ils sont en bonne santé, mais finissent par créer nécessairement une pression sur le système de santé. Et le phénomène est loin de stabiliser la pyramide des âges dans la région.

Par ailleurs, il devient intéressant de constater que si la région a un pouvoir d’attraction envers les retraités ou les personnes qui sont aux portes de la retraite, elle sait aussi attirer les étudiants. Ça, c’est relativement nouveau et c’est plutôt bon signe. En 2016-2017, le solde migratoire chez les 15-24 ans est positif en Mauricie (+44) et tout particulièrement à Trois-Rivières (+279).

Au Centre-du-Québec, c’est précisément dans cette tranche d’âge qu’on observe le seul solde négatif en ce qui a trait à la migration interrégionale, avec une perte de 93 individus. Malgré cela, le solde migratoire global est plus prononcé qu’en Mauricie, avec une augmentation de 1247 personnes, comparativement à 1127 au nord du fleuve.

Ce sont des statistiques encourageantes, même s’il y a encore beaucoup de travail à faire.