Ce n’est pas pour rien que Justin Trudeau se tourne vers le Québec pour compenser des pertes d’appuis ailleurs au pays.

Le PLC pourrait-il balayer la région?

À moins de neuf mois des élections fédérales, le portrait dans la région s’esquisse peu à peu. Avec des sondages qui placent le Parti libéral du Canada en bonne position au Québec, on pourrait croire que la région tournera au rouge. Mais c’est loin d’être fait.

Le sondage Mainstreet réalisé pour le Groupe Capitales Médias démontre qu’au Québec, les libéraux de Justin Trudeau jouissent d’un appui qui pourrait même leur permettre d’augmenter leur nombre de sièges. En 2015, le parti avait raflé 40 des 78 circonscriptions du Québec, ce qui était déjà une large victoire. Cette fois, si on applique des modèles mathématiques de projection de sièges comme savent le faire plusieurs spécialistes en la matière, on pourrait voir les libéraux gagner une vingtaine de nouveaux sièges. C’est énorme.

Et ce n’est pas pour rien que Justin Trudeau se tourne vers le Québec pour compenser des pertes d’appuis ailleurs au pays.

Le coup de sonde réalisé par Mainstreet révèle qu’au Québec, le Parti libéral obtiendrait 42,4 % des voix. C’est plus du double des conservateurs, à 19,1 %. Le Bloc recueillerait 13,5 % des voix, le Nouveau Parti démocratique chuterait à 8,9 % des voix. C’est à peine un peu plus que le Parti vert, à 8,4 %. Le Parti populaire du Canada de Maxime Bernier est à 5 %. Quand on s’intéresse à ce que cela pourrait donner comme portrait sur le plan de la députation, on se doute bien qu’il ne restera plus beaucoup de députés du NPD. Il y en avait 16 en 2015, dont Robert Aubin dans Trois-Rivières et Ruth Ellen Brosseau dans Maskinongé. Des survivants de la vague orange de 2011 qui en avait vu élire 59 au Québec.

Les plus récentes projections de sièges ne donnaient le NPD gagnant que dans deux circonscriptions au Québec: Alexandre Boulerice dans Rosemont–La Petite-Patrie et Ruth Ellen Brosseau dans Berthier-Maskinongé. Mais plus récemment encore, voilà qu’on considérait que Berthier–Maskinongé était une circonscription «pivot», c’est-à-dire qui peut soit demeurer néo-démocrate, soit basculer du côté des libéraux.

En fait, l’avance des libéraux au Québec est telle qu’elle fait même pâlir le bleu bloquiste de Bécancour-Nicolet-Saurel, le fief de Louis Plamondon. La circonscription, pratiquement toujours identifiée avec l’étiquette «solide» pour le Bloc québécois, est maintenant qualifiée de «pivot enclin Bloc québécois».

Il ne faudrait toutefois pas compter pour battus des personnalités comme Ruth Ellen Brosseau et Louis Plamondon. Si les libéraux peuvent avoir des bâtons dans les roues dans leurs deux circonscriptions, il semble qu’ils aient les coudées franches – si on se fie aux sondages et aux modèles de projection – dans Saint-Maurice–Champlain et même dans Trois-Rivières. Voilà qui alimente certainement la réflexion du député Robert Aubin quant à son avenir politique. Et qui fait réfléchir pas mal de monde, notamment quant à une potentielle candidature libérale dans Trois-Rivières. Jusqu’à maintenant, l’ex-attachée politique de Julie Boulet, Amina Chaffaï, est la seule à avoir publiquement confirmé qu’elle était tentée et qu’elle était en sérieuse réflexion.

Dans l’ensemble de la région, le portrait est encore flou. Dans Trois-Rivières, la seule autre candidature qui avait été évoquée était celle de l’ex-maire Yves Lévesque pour les conservateurs. Les récents événements et le peu d’intérêt pour le parti d’Andrew Scheer au Québec rendent maintenant improbable cette candidature.

À l’opposé, celle de Pierre Jolivet pour le Bloc québécois dans Saint-Maurice–Champlain est, à toutes fins utiles, confirmée. Même s’il réside dans cette circonscription, le nouveau chef du Bloc, Yves-François Blanchet, ne souhaitait pas s’y présenter, par respect pour François-Philippe Champagne et par réalisme, puisque ce dernier apparaît comme indélogeable.

Pour le reste, le tableau demeure ouvert. Et ça va certainement s’activer au cours des prochains mois. Parce que si la course s’annonce intéressante à l’échelle nationale, elle le sera aussi dans la région.