François-Philippe Champagne 

Le ministre Champagne à la hauteur de la situation

ÉDITORIAL / La semaine dernière, les critiques envers le premier ministre Justin Trudeau quant à sa gestion de la crise de la COVID-19 fusaient de partout au pays. Depuis quelques jours, les rendez-vous médiatiques sont devenus plus fréquents et l’information circule enfin mieux du côté fédéral. Certains ministres ont davantage de temps de glace, ce qui n’est pas une mauvaise idée quand le capitaine est en isolement préventif. Et il faut bien reconnaître que parmi ces politiciens qui donnent davantage de crédibilité et de visibilité aux interventions du fédéral, il y a le ministre François-Philippe Champagne.

Comme ministre des Affaires étrangères, le député de Saint-Maurice–Champlain hérite d’un défi complexe. Défi qu’il relève plutôt bien dans les circonstances.

On le savait habile communicateur et c’est certainement une aptitude qui le rend souvent, sur le plan médiatique en tout cas, plus intéressant que son propre chef. Mais avec la crise du rapatriement nécessaire des ressortissants canadiens coincés à l’étranger, c’est une opération logistique sans précédent qu’il doit coordonner.

En entrevue à La Presse récemment, le ministre Champagne affirmait qu’il s’agissait de l’opération de rapatriement la plus importante de l’histoire du pays. Sa complexité tient du fait que le Canada doit composer avec des pays qui ferment leurs frontières, qui imposent des restrictions de l’espace aérien, qui procèdent à des fermetures d’aéroports et qui réduisent le nombre de vols. Une course contre la montre, a-t-il imagé.

Il est vrai que pour la plupart des Canadiens pris à l’étranger, la course contre la montre prenait plutôt les airs d’un enfer dans lequel ils étaient plongés, pour la plupart, jour après jour. Ils voulaient être rapatriés au plus vite et cela se comprend parfaitement. Au cours de la fin de semaine dernière, Affaires mondiales Canada a reçu, en deux jours seulement, près de 14 000 courriels et 10 000 appels à l’aide de Canadiens qui se trouvaient à l’étranger. Si le gouvernement canadien ne sera pas en mesure de tous les rapatrier, il est toutefois rassurant de savoir que le ministère est bien au fait de ces cas qui se multiplient et qu’une assistance consulaire est fournie à ces ressortissants. Le problème, comme on le constate ces jours-ci en Équateur, semble être dans la marche à suivre pour que les voyageurs coincés puissent avoir une place à bord d’un appareil servant au rapatriement.

Les opérations avaient commencé en fin de semaine dernière par un premier vol en provenance du Maroc, où se trouvaient notamment les Mauriciens Linda Chandonnet, Alain Léger, Jeanne Charbonneau et Christian Avila Tovar. Il est facile d’imaginer l’angoisse de l’attente pour ces voyageurs et la difficulté à avoir des réponses rassurantes de la part du gouvernement fédéral ou de ses représentants.

Dans ce déploiement complexe, François-Philippe Champagne n’a jamais cherché à se justifier. Il a plutôt expliqué assez clairement ce que représentait une telle opération et pourquoi les délais de rapatriement étaient plus longs dans les circonstances exceptionnelles que l’on connaît. Ses explications étaient claires, franches et avec juste la bonne dose de compréhension et de compassion qu’il fallait.

En début de semaine, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé plusieurs nouveaux vols spéciaux pour ramener au pays des Canadiens en provenance d’Afrique du Nord, d’Europe et d’Amérique latine en raison de la pandémie de COVID-19. Il reste du travail à faire sur le plan de l’information aux voyageurs et sur celui de la logistique d’accès aux vols, mais dans les circonstances, le fédéral en fait déjà beaucoup.

Dimanche dernier, le ministre Champagne était invité à l’émission Tout le monde en parle pour, justement, aller faire le point sur la situation. Aussi à l’aise sur un plateau de télévision que dans des événements en campagne électorale, il a certainement contribué à améliorer la perception que le public aura du travail abattu par le gouvernement fédéral dans la gestion de cette crise.

Maintenant qu’il est sorti de la période d’isolement volontaire dans laquelle il était placé depuis son retour d’un voyage à Londres et que les résultats des tests se sont avérés négatifs, François-Philippe Champagne sera certainement plus présent pour propager les messages du gouvernement fédéral. C’est une bonne nouvelle pour Justin Trudeau et son équipe.