Le fruit d’un travail d’équipe

On oubliera rapidement plusieurs éléments du budget 2019 de la Ville de Trois-Rivières. Mais on retiendra certainement qu’il s’agit, pour une rare fois, du fruit d’un travail d’équipe et d’un processus qui a fait consensus. Cela nous change des budgets adoptés sur division, parfois en plein temps des Fêtes, ou des budgets pour lesquels les élus n’avaient que bien peu de mots à dire.

L’adoption du budget 2019 de la Ville de Trois-Rivières s’est faite à l’unanimité, vendredi. Celle pour la réglementation concernant les taxes aussi. Globalement, il s’agit d’un exercice rondement mené. Les contribuables trifluviens sont relativement épargnés.

Évidemment, on ne peut pas avoir droit à un gel de taxes tous les ans. L’an passé, le gel de taxes avait surtout pour but de donner un répit aux citoyens tout en marquant une volonté, pour les élus, d’avoir un droit de regard plus significatif sur l’élaboration du budget.

D’ailleurs, la catastrophe annoncée l’an passé par certains élus – dont le maire Yves Lévesque – concernant les pertes de revenus liés au gel de taxes n’a pas eu lieu. Cela n’a pas occasionné de pression excessive sur la préparation du budget de 2019.

La révision du rôle d’évaluation est venue donner un bon coup de pouce aux élus dans la confection du budget et l’ajustement des taux de taxation. Si bien que l’impact sur le compte de taxes, pour une résidence moyenne de 185 000 $, sera d’une cinquantaine de dollars.

Le budget 2019 de Trois-Rivières démontre que la Ville fait face à des dépenses additionnelles de 13 millions $. Les nouveaux revenus sont estimés à 5,3 millions $, ce qui occasionnait un manque à gagner de 7,7 millions $. La Ville espère aller chercher 3,8 M$ en nouvelles valeurs taxables, 1 M$ en raison de la fin de certains programmes de crédits de taxes et autour de 3 M$ en tarifs et taxes.

On s’est mis à chercher plein d’endroits où il est possible de gratter. Des événements et des organismes vont recevoir une subvention moindre. On s’est mis à vouloir repenser la tarification du stationnement au centre-ville, à revoir les droits de mutation pour les transactions de plus de 500 000 $, à modifier la tarification pour les dépôts à neige et à envisager d’autres petites économies ou de nouveaux revenus, parfois saugrenus tellement ils sont insignifiants.

Insignifiants quand on les place dans le contexte d’une ville qui génère des surplus considérables depuis une douzaine d’années. En 2017, le surplus était de 8,8 millions $. L’année précédente, il était de 11,2 millions $. Et lors des dix années précédentes, la moyenne des surplus annuels était d’environ 10 millions $. C’est considérable. Vraisemblablement, on a tendance à être conservateur dans l’estimation des revenus.

Ce n’est pas mauvais en soi, mais ça fausse le besoin réel de nouveaux revenus. La Ville a maintenant un surplus accumulé qui approche les 40 millions $. La dette nette, en 2017, se situait à 300 M$, en baisse de 10 millions $ par rapport à l’année précédente.

D’ailleurs, c’est un peu passé sous le radar mais on note un changement de philosophie dans la gestion de la Ville. Au lieu d’honorer le proverbe selon lequel «qui paie ses dettes s’enrichit», on préfère maintenant parler de la nécessité d’«investir pour s’enrichir». Intéressant. Pourtant, la Ville semble maintenant vouloir mettre la pédale douce sur les nouveaux gros investissements d’infrastructures et plutôt procéder dans l’entretien efficace de celles dont elle est déjà propriétaire.

La Ville devrait aussi talonner les gouvernements pour le juste paiement des compensations tenant lieu de taxes sur les immeubles gouvernementaux. La Ville, rappelons-le, perd 3 M$ par année pour des raisons pas tellement justifiables.

Le fait que les conseillers municipaux aient pu participer activement à la préparation du budget et du programme triennal d’immobilisation a été profitable et il s’agit d’une façon de faire qu’il faut maintenir et perpétuer.