Alexandre Jardin agissait comme président d'honneur du dernier Salon du livre de Trois-Rivières.

Le défi de Monsieur Jardin

Le rideau est tombé sur la trentième édition du Salon du livre de Trois-Rivières, qui aura attiré plus de 16 000 personnes au total. Sans doute que le fait qu’un auteur comme Alexandre Jardin agissait comme président d’honneur de l’édition de cette année y est pour quelque chose dans la capacité d’attraction de l’événement. Et ce président d’honneur avait tout un défi pour la communauté trifluvienne.

Samedi, dans le cadre d’une activité table ronde sur le programme Lire et faire lire, Alexandre Jardin a manifesté le souhait que Trois-Rivières devienne un chef de file pour le programme Lire et faire lire. Il voudrait que Trois-Rivières soit la première ville au Québec où ce programme serait offert dans toutes les écoles. Grosse commande, mais c’est tellement un beau défi.

J’avais le plaisir d’animer cette rencontre avec Alexandre Jardin, qui a mis sur pied l’organisme qui chapeaute le programme Lire et faire lire, Marie Laberge, une des marraines de ce programme au Québec, ainsi que Margelaine Dumas-Renaud et Johanne Bouchard, deux bénévoles-lectrices qui font régulièrement la lecture à des enfants de 4 à 8 ans.

Il faut savoir que Lire et faire lire est un programme éducatif ayant pour but de développer, chez les enfants, le plaisir de la lecture. Il s’agit sans doute d’un des plus beaux exemples de solidarité intergénérationnelle, puisque ce sont des aînés qui font, bénévolement, la lecture aux enfants. Par ricochet, l’activité valorise les aînés et brise leur isolement.

Lire et faire lire est présent au Québec depuis 2002 et dans la région depuis 2008. Ce sont principalement les centres d’action bénévole – Laviolette, Shawinigan, Sainte-Anne-de-la-Pérade et Mékinac – qui sont les antennes locales du programme. Sur la rive sud, l’AREQ de Nicolet et la bibliothèque de Saint-Pierre-les-Becquets font ce travail de coordination des bénévoles et de supervision des activités.

On peut sentir l’émotion qui envahit Alexandre Jardin lorsqu’il parle de ce programme, de sa simplicité, de ses bienfaits. Donner le goût de la lecture, c’est faire le plus beau des cadeaux. C’est semer une graine de citoyen plus curieux, plus sensible, mieux informé aussi.

Je me suis engagé, devant Alexandre Jardin et devant le public présent au Salon du livre, à diffuser ce souhait qu’il formulait et à apporter mon humble contribution pour que le public sache qu’une telle activité existe.

Les parents n’ont pas toujours le temps de faire la lecture à leurs enfants après le souper. Un programme comme Lire et faire lire peut devenir un bon moyen de donner des occasions aux enfants de se familiariser avec les livres, la lecture. Il y a des foyers où ce contact avec les livres n’existe pas. Les aînés bénévoles ont du temps et de l’attention. Et à entendre les témoignages de Mmes Dumas-Renaud et Bouchard, samedi dernier, les bénévoles ont aussi la passion de la lecture et la volonté de transmettre celle-ci aux plus jeunes.

C’est particulièrement noble à une époque où, au Québec, les statistiques sur l’analphabétisme fonctionnel sont encore inquiétantes. Depuis quelques années, on estime que près de la moitié de la population a des problèmes de lecture ou de compréhension de textes. Il va sans dire qu’un programme comme Lire et faire lire peut contribuer à faire baisser ces statistiques.

Il faut surtout reconnaître que ce programme, dans la simplicité de son déploiement et dans le fait qu’il repose sur la passion de bénévoles, mérite certainement que les institutions et les gouvernements s’y intéressent davantage. Il s’agit ici d’un défi qui appartient à toute la communauté.

Trois-Rivières et la région a des outils extraordinaires pour répondre au défi lancé par Alexandre Jardin: des établissements d’enseignement, un festival de poésie, un salon du livre, des bibliothèques dynamiques, des centres d’action bénévoles très actifs, des médias écrits et, surtout, des bénévoles disponibles et compétents, matière première de ce programme extraordinaire.

Et si on relevait ce défi?