Le Noël du Pauvre.

Le cœur à la bonne place

Avoir le cœur à la bonne place. C’est une expression qu’on entend souvent pour parler de personnes qui font acte de bonté, de générosité, de solidarité. Avec décembre qui s’installe et les Fêtes qui approchent, les occasions seront nombreuses d’avoir le cœur à la bonne place.

Si le dernier mois de l’année est inévitablement associé aux festivités, aux rassemblements et à la consommation, il devrait aussi évoquer autre chose. Décembre, plus que n’importe quel mois de l’année, c’est la saison de la générosité. La saison des cœurs d’or, de ceux qui ont le cœur sur la main ou le cœur à la bonne place.

C’est aussi la saison de ceux qui ont le cœur gros.

Ceux qui sont seuls, ceux qui n’ont pas les moyens de se payer un repas des Fêtes digne de ce nom, ceux qui ne pourront pas offrir un cadeau à leurs enfants, ceux qui ont toutes les difficultés à joindre les deux bouts, ceux qui sont malades, ceux qui vivent l’isolement, la détresse.

Ils sont plus nombreux qu’on pense.

C’est essentiellement pour ces personnes que s’organisent d’impressionnants élans de solidarité, particulièrement à l’approche des Fêtes. La pauvreté prend des centaines de visages dans la région. Et certains de ces visages nous sont familiers parce qu’ils sont parfois plus près de nous qu’on pense. Ou qu’on tente d’éviter de le penser.

Le 59e téléthon du Noël du Pauvre a lieu vendredi. Il est peut-être le symbole le plus fidèle et le plus marquant de la générosité dans notre région. Tant d’enfants ont grandi en amassant des sous ou en organisant des activités dans leur école pour le Noël du Pauvre. Tant d’hommes et de femmes mettent la main à la pâte pour que les collectes de fonds et les activités-bénéfice soient couronnées de succès.

Le Noël du Pauvre, ça appartient à la région. C’est ce qui distingue la Mauricie et le Centre-du-Québec des autres régions. L’idée d’avoir un téléthon comme point culminant d’une année marquée par plusieurs élans de solidarité dans le cadre de la campagne annuelle du Noël du Pauvre est unique. Et cette idée a survécu à l’épreuve du temps. 

Il fallait être visionnaire quand en 1959, Gilles Boulet, alors animateur d’une émission religieuse, a convaincu le propriétaire de la station CKTM-TV, Henri Audet, de mettre en place une émission d’action sociale visant à amasser des fonds qui viendraient en aide aux familles plus démunies de la région.

Celui qui allait devenir le fondateur de Cogeco a accepté et a su faire de ce téléthon une des plus solides traditions de solidarité non seulement dans la région, mais aussi à l’échelle nationale. On dit encore du Noël du Pauvre que c’est le plus vieux téléthon à la télévision francophone en Amérique du Nord.

Le 59e téléthon est un moment clé de cette «saison de la générosité». Il y a eu le Noël des Nôtres à Shawinigan, il y aura la Grande guignolée des médias, le Gâteau latuquois, les paniers de Noël, les parrainages d’enfants défavorisés... Autant d’occasions de démontrer que nous avons le cœur à la bonne place. 

Répondons, dans la mesure où on peut le faire, aux appels à la solidarité qui nous sont lancés en cette période de forte consommation. Ceux et celles qui en ont besoin sont peut-être dans votre famille, dans vos amis, vos voisins. Ou alors ils sont les amis de vos amis. Il est possible, aussi, que vous ne les connaissiez pas du tout. Mais serait-ce vraiment une raison pour ne pas donner? Pour ne pas aider?

Au contraire, ça permet au geste de prendre tout son sens.

Il y a dans la région une belle tradition de solidarité. Malgré les coups durs, malgré les difficultés, on répond toujours avec force quand il s’agit de démontrer un peu d’altruisme, de générosité et de sens de la communauté.

Faisons en sorte d’honorer cette réputation, une fois de plus.

Soyons ceux de qui on pourra dire qu’ils ont le cœur à la bonne place.