L'annonce faite mardi a quelque chose de spectaculaire. D'abord parce qu'elle concerne non seulement un gros contrat, mais une transaction majeure.

Le couronnement d'efforts soutenus

C'est à Trois-Rivières que se fera l'entretien des Airbus à fuselage étroit d'Air Canada. Un contrat d'un demi-milliard de dollars est accordé à l'entreprise américaine AAR, qui se porte acquéreur de deux installations de Premier Aviation, dont celles du parc industriel aéroportuaire trifluvien.
C'est une grosse, très grosse nouvelle pour l'économie de la région. C'est surtout le couronnement des efforts soutenus, déployés au cours des quinze dernières années.
L'annonce faite mardi a quelque chose de spectaculaire. D'abord parce qu'elle concerne non seulement un gros contrat, mais une transaction majeure. Premier Aviation, qui avait confirmé son installation à Trois-Rivières en 2002, la même année que la création de la nouvelle ville, en a vu de toutes les couleurs depuis ce déménagement.
Au début des années 2000, il fallait être visionnaire - et peut-être un peu fou - pour penser que Trois-Rivières était vouée à un bel avenir dans le créneau de l'aéronautique. Techni-Paint était en faillite et l'aéroport montrait d'inquiétants signes de vieillissement.
Mais l'acharnement du maire Yves Lévesque et du directeur de la Société de développement économique de Trois-Rivières - devenue IDE Trois-Rivières depuis -, Yves Marchand, a finalement permis de convaincre les dirigeants de Premier Aviation de s'installer à Trois-Rivières plutôt qu'à Mirabel, comme ils l'envisageaient en quittant Québec. 
Il y a eu des hauts, des bas, des moments d'inquiétude, des moments d'espoir. Mais l'entêtement des dirigeants de cette entreprise, jumelé à la collaboration de la Ville, des organismes de développement économique et des institutions d'enseignement supérieur, a donné raison à ceux qui croyaient au potentiel de la filière aéronautique chez nous.
C'est d'ailleurs Yves Lévesque qui, réagissant à l'annonce de la transaction et du contrat qui y est attaché, a voulu le mieux résumer la situation. «La filière aéronautique entre dans les ligues majeures», a-t-il commenté, sans doute en voulant dire que Trois-Rivières entrait dans les ligues majeures de la filière aéronautique. On l'a compris. 
Pour Trois-Rivières, c'est aussi une retombée attendue des nombreux investissements réalisés à l'aéroport au cours des quinze dernières années. La Ville a non seulement soutenu des entreprises qui voulaient s'y installer, mais elle a surtout injecté une quinzaine de millions de dollars au total, notamment pour le prolongement de la piste, un facteur déterminant dans l'établissement d'entreprises comme Premier Aviation.
Si le contrat conclu entre Air Canada et AAR a quelque chose de rassurant pour les employés en poste, il ouvre aussi des possibilités intéressantes d'expansion. Le contrat d'entretien des Airbus A319, A320 et A321 est d'une durée de dix ans. À cela s'ajoute le renouvellement d'un contrat de cinq ans pour les appareils Embraer E190 d'Air Canada, qui était déjà réalisé par Premier Aviation.
Évidemment, une acquisition majeure comme celle que vient de réaliser AAR en mettant la main sur les installations de Premier Aviation à Trois-Rivières et à Windsor, en Ontario, peut comporter certains risques.
Si les affaires finissent par ralentir, les dirigeants d'une telle entreprise - qui possède des installations à Indianapolis, Miami, Oklahoma City, Duluth (Minnesota) et Rockford (Illinois) - peuvent à leur guise décider de regrouper des opérations, de concentrer les activités à un centre d'entretien plutôt qu'un autre. Mais disons que la qualification de la main-d'oeuvre, sur laquelle on a beaucoup misé au fil des ans, joue certainement en faveur de Trois-Rivières.
Et le plus beau, dans tout ça, c'est que les emplois du secteur de l'entretien aéronautique sont des emplois de qualité, bien rémunérés. 
Des annonces comme celle de mardi, on en prendrait plus souvent.