Martin Francoeur
Le Nouvelliste
Martin Francoeur

Le ciment de notre région

ÉDITORIAL / Cent ans d’histoire. C’est ce que nous célébrons avec vous aujourd’hui. 

Discrètement, certes, parce qu’une certaine pandémie s’est invitée dans ce qui devait être une année riche en célébrations. En fait, Le Nouvelliste souligne non seulement ses cent ans d’histoire mais aussi sa renaissance, après une année 2019 marquée par des soubresauts inattendus.

La route pour se rendre au centenaire aura été sinueuse et de nombreux obstacles s’y seront dressés. Mais elle ne nous rend que plus fiers d’y être arrivés. L’équipe du Nouvelliste a travaillé fort pour atteindre cette étape importante et pour préparer le trajet pour bien d’autres décennies encore. Le journal, même si sa forme, son modèle administratif et sa structure organisationnelle se trouvent modifiés, doit continuer d’être – bien humblement et presque naturellement – le ciment de la région où il est implanté.

Quand Le Nouvelliste a vu le jour, le 30 octobre 1920, la région était encore toute jeune. C’étaient les années folles. La population de Trois-Rivières n’était que de 22 000 habitants. Shawinigan et Grand-Mère étaient encore de jeunes villes, nées au tournant du siècle. Il y avait, partout dans la Mauricie qui ne s’appelait même pas encore ainsi, des villages disséminés qui étaient en pleine croissance. Même chose sur la rive sud.

On peut dire, sans trop se tromper, que Le Nouvelliste a été un témoin privilégié du développement de la région. À quelques occasions, il en aura été un acteur. Lorsque vient le temps des grandes mobilisations ou des revendications, le journal n’est jamais bien loin. Les médias régionaux sont souvent le ciment de nos communautés. C’est ce qui les garde tissées serré. C’est ce qui porte leur voix quand elles ont besoin de se faire entendre. Le Nouvelliste entend bien demeurer ce porte-voix des aspirations de sa communauté.

En fouillant dans les archives du Nouvelliste, on peut prendre conscience de l’ampleur du travail journalistique accompli pour informer la population. Des thèmes sont récurrents, notamment la carrière politique de Maurice Duplessis ou celle de Jean Chrétien. Des événements marquants ont eu droit à une couverture constante et étoffée: la construction du pont Laviolette, la naissance de l’Université du Québec à Trois-Rivières, le glissement de terrain de Nicolet, la grève du textile à Louiseville, l’affaire du policier Louis-Georges Dupont à Trois-Rivières, la disparition de Cédrika Provencher. L’histoire économique de la région s’y trouve, avec l’âge d’or industriel de Shawinigan, le statut de capitale mondiale des pâtes et papiers à Trois-Rivières, les débuts du parc industriel de Bécancour, les hauts et les bas de l’exploitation forestière.

Les humeurs politiques des citoyens de la région ont toujours trouvé écho dans les pages du Nouvelliste. Les grands rendez-vous sportifs et culturels, les petits et grands exploits y trouvent aussi leur compte. Le journal a toujours été un véhicule privilégié pour communiquer avec la population.

L’histoire du Nouvelliste démontre bien l’importance d’un quotidien régional dans une communauté comme celle de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Avec ce centième anniversaire, l’occasion est belle de réaffirmer le caractère essentiel d’une information régionale de qualité et de prendre l’engagement de poursuivre le travail effectué pour informer, renseigner, vulgariser, rappeler à l’ordre, veiller au maintien d’une saine démocratie et souligner les bons coups, quels qu’ils soient.

C’est une chance d’avoir un quotidien et un écosystème de médias d’information dans une région comme la nôtre. Et c’est un privilège plus grand encore, doublé d’une responsabilité importante, de faire partie d’une équipe dédiée à l’accomplissement de cette mission d’information.

Avec votre collaboration et votre confiance sans cesse renouvelée envers Le Nouvelliste, cet engagement se renouvelle aujourd’hui. Merci d’être là pour ce Nouvelliste, qui est aussi là pour vous.

Depuis cent ans.