Il faudra qu'un candidat se lève de bonne heure s'il souhaite déloger Michel Angers de la mairie de Shawinigan.

Le chevalier de la concertation

Il faudra qu'un candidat se lève de bonne heure s'il souhaite déloger Michel Angers de la mairie de Shawinigan.
L'homme, bien en selle depuis bientôt huit ans, sollicite un troisième mandat et même s'il ne fait pas l'unanimité dans sa ville, il rallie déjà une majorité de citoyens. Pourrait-il devenir - ou redevenir - celui qui ralliera aussi une majorité d'intervenants régionaux pour reconstituer une solidarité régionale? C'est loin d'être impossible. Et peut-être souhaitable. 
Il se trouvera toujours des personnes qui critiqueront ses façons de faire ou certains des choix que lui et son conseil ont faits. Mais globalement, Michel Angers a un bilan plutôt positif pour quelqu'un qui est à la tête d'une ville qui n'en finit plus d'encaisser des coups sur le plan économique.
Une ville dont la population vieillit et décroît. Une ville où les statistiques, quelles qu'elles soient, sont - malheureusement - parmi les moins enviables au pays.
La reconversion de l'économie est amorcée, la mise en place d'un centre d'entrepreneuriat est complétée, l'harmonie est revenue au conseil municipal, la fierté locale revient peu à peu. Il lui reste un autre grand défi qu'il souhaite poursuivre: la réhabilitation des infrastructures municipales pour laisser un héritage aux générations qui suivront.
C'est avec cette volonté de poursuivre le travail amorcé qu'il a confirmé lors d'une entrevue éditoriale au Nouvelliste, qu'il sollicitait un troisième mandat. Tout le monde le savait déjà, mais la question qui devient intéressante, c'est de voir s'il peut étendre son rayonnement à l'ensemble de la région.
Pourquoi? Parce que s'il est réélu, il serait favorable à remettre en place un forum régional pour gérer la mise en place et la réalisation de projets structurants à connotation régionale. Le gouvernement entend redonner aux régions des moyens financiers qui favoriseront l'émergence de tels projets pour lesquels les élus devront travailler ensemble.
Michel Angers réitère que la concertation régionale est plus que jamais nécessaire. Si d'autres régions du Québec ne voulaient plus de leur conférence régionale des élus (CRE), la Mauricie en avait cruellement besoin, rappelle-t-il.
Et il verrait d'un bon oeil la mise en place d'une sorte de «CRE 2.0», à condition qu'elle inclue aussi des représentants de la société civile. Le thème lui est cher, lui qui a longtemps représenté cette société civile dans les instances régionales. La région, dit-il, ne peut se priver d'une telle expertise et de partenariats essentiels à son développement.
Le maire de Shawinigan avait déjà livré, en mars 2016, un vibrant plaidoyer pour la concertation régionale dans ces pages. Il souhaite y travailler encore.
Est-ce que les difficultés rencontrées avec ses voisins immédiats pour le partage des coûts des équipements et des services supralocaux ont un peu terni ses habits de chevalier de la concertation régionale? Peut-être.
Mais il est encore celui qui est le mieux placé pour rallier les élus et les représentants de la société civile. Son passé, son caractère et sa façon de gérer lui donnent les clés pour jouer ce rôle de rassembleur dont la région a cruellement besoin.
L'histoire nous démontre, sur la scène municipale, qu'il est difficile de battre un maire déjà en place. Si Michel Angers est réélu, il faudra souhaiter que ce sera au tour de la population de toute la région de bénéficier de son leadership.
Mais ne mettons pas la charrue devant les boeufs. Attendons de voir la campagne électorale qu'il mènera. S'il doit en mener une, évidemment.