Françoise Viens

Le bon moment?

Éditorial / Est-ce que Françoise Viens a réellement été intimidée par Yves Lévesque? Est-ce que l’ex-conseillère a vraiment été victime «d’agressions verbales et de menaces» de la part du maire sortant de Trois-Rivières? C’est la parole de l’un contre la défense de l’autre.

Évidemment, ce sont des accusations qu’il ne faut pas prendre à la légère. Il faut espérer, encore une fois, que des gens qui ont été témoins de gestes susceptibles de violer l’intégrité de Mme Viens apportent des preuves implacables soutenant ces graves allégations.

Là où il y a lieu d’apporter quelques bémols, c’est le moment choisi par Françoise Viens pour faire ces sévères révélations, soit à quelques heures du vote par anticipation. On peut comprendre Mme Viens de vouloir «mettre un terme à ce règne de l’intransigeance», mais n’aurait-il pas été plus logique, devant la gravité des gestes rapportés, qu’elle rende publiques ces accusations beaucoup plus tôt que ça?

Ce décalage entre l’accomplissement des hypothétiques menaces et leur divulgation est encore plus difficile à comprendre quand on se rappelle que Mme Viens faisait partie du groupe des 7 qui, à l’époque, était carrément prêt à tout pour déstabiliser Yves Lévesque. Il est donc surprenant de constater que Mme Viens ait attendu toutes ces années pour parler d’événements de nature à faire mal au maire trifluvien.

Il est donc essentiel de mettre ces accusations dans le contexte politique qui prévaut à Trois-Rivières depuis plusieurs années. Yves Lévesque a peut-être parfois perdu patience devant les attaques insistantes du groupe des 7, mais les membres de cette opposition ne méritent pas l’absolution sans confession. Entre autres, on n’a qu’à faire une rapide revue de presse pour soulever des commentaires contre les anciens dirigeants des fêtes du 375e qui auraient pu mériter des poursuites judiciaires. La politique rend trop souvent les gens méchants.

Au début de la campagne, le candidat à la mairie opposé à Yves Lévesque, Jean-François Aubin, indiquait que des gens connus allaient l’appuyer durant sa campagne. Il y a quelques jours, c’est l’ancien greffier Gilles Poulin qui lui a donné un coup de pouce... en écorchant au passage l’éthique et la personnalité de son ancien patron à la Ville de Trois-Rivières. Or, cette sortie s’est quelque peu tournée contre le clan Aubin, qui s’est fait reprocher d’orchestrer à son profit les attaques contre Yves Lévesque. Comme le hasard fait bien les choses, quelques jours plus tard, c’est l’ex-conseillère Françoise Viens qui fait le même genre de sortie… en prenant bien soin de préciser qu’elle n’appuie personne!

Mais, on le répète, cela ne veut pas dire que le maire Yves Lévesque n’a absolument rien à se reprocher. Il peut parler fort et postillonner à profusion. Il a tendance à ne faire qu’à sa tête et à mettre de côté ceux qui ne sont pas d’accord avec lui. Mais de là à l’accuser «d’agressions» et de «menaces», il y a un énorme pas que Mme Françoise Viens vient de franchir. Pour le bien de tous, pour la réputation d’Yves Lévesque et pour la crédibilité des propos de Mme Viens, il aurait été beaucoup plus constructif d’essayer de faire la lumière sur ces accusations en dehors d’un contexte électoral.