Le bas du Cap: un enjeu majeur

ÉDITORIAL / Mine de rien, on dirait bien que la revitalisation des premiers quartiers du secteur Cap-de-la-Madeleine est en train de devenir un des enjeux majeurs de l’élection partielle à la mairie de Trois-Rivières. Il faut souhaiter que ce thème ne soit pas qu’un prétexte pour faire des promesses en l’air et qu’il se retrouve plutôt rapidement dans les priorités d’action du prochain maire et du conseil municipal.

La fusion municipale à Trois-Rivières date de dix-sept ans et ça fait au moins seize ans qu’on dit que les premiers quartiers du secteur Cap-de-la-Madeleine en sont les grands perdants. Le tissu social, commercial, économique et industriel du «bas du Cap» s’est détérioré au cours des dernières décennies, conférant au secteur longeant le delta de la rivière une étiquette de quartier défavorisé.

Il suffit de voir l’état des artères commerciales que sont les rues Fusey, Saint-Laurent et Sainte-Madeleine pour constater que les affaires, dans ce secteur, ne sont plus ce qu’elles étaient. C’est également dans ce secteur qu’on retrouve les logements parmi les moins chers en ville.

Il y a bien eu quelques efforts de revitalisation, notamment par des propriétaires audacieux qui ont tiré avantage des programmes d’aide financière pour la rénovation. Mais globalement, le secteur en arrache encore. Des commerces bien établis ont fermé boutique. Les institutions financières – outre une caisse d’économie de travailleurs – ont déserté. Des magasins à rabais ou de matériel usagé sont apparus. Des immeubles commerciaux sont devenus résidentiels à travers des transformations qui ne sont pas toujours réussies.

Bref, il n’est pas étonnant que la revitalisation de ce secteur soit au cœur des préoccupations des candidats. Au moins deux d’entre eux ont consacré un événement de presse pour présenter leur vision quant au redéveloppement du secteur Est de la ville et plus particulièrement du «bas du Cap».

Plusieurs de leurs engagements font écho aux préoccupations souvent exprimées et à celles entendues encore mardi soir dans le cadre d’une consultation publique qui avait lieu au centre culturel Pauline-Julien. L’assemblée en question, organisée par Innovation et développement économique (IDE) Trois-Rivières, avait pour but d’échanger sur la vision du plan de revitalisation de ce secteur de la ville.

Il a beau y avoir plein de bonne volonté dans tout ça mais la perception demeure celle selon laquelle la problématique du bas du Cap ne demeure présente que dans des propositions, des préoccupations, des idées, des discussions, des plans d’action, des orientations, des comités. C’est une énorme frustration: il faut du temps et de la coordination pour arriver à des actions concrètes et surtout à quelque chose de visible sur le terrain.

Il y a quelques mois, un comité spécial piloté par IDE Trois-Rivières et réunissant des représentants de la Démarche de revitalisation des premiers quartiers, de Culture Trois-Rivières et des conseillers municipaux du secteur a été mis en place pour que ça bouge davantage. Tout cela s’inscrit dans le cadre du plan «Vision 2030» de la Ville de Trois-Rivières.

Il est toutefois dommage que la consultation, que l’on dit être la première étape d’un plan de match, survienne à ce moment-ci. Ça fait plus de quinze ans que c’est une réelle nécessité.

Les candidats Jean-François Aubin et Jean Lamarche misent beaucoup sur la décontamination du terrain de l’ancienne usine Aleris pour créer un ensemble résidentiel qui redonnera de la vitalité au quartier. Évidemment, il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Les exigences de décontamination pour une utilisation résidentielle sont élevées et, forcément, coûteuses. Il faudra de l’aide.

L’utilisation du terrain et de l’immeuble de l’ancien magasin Canadian Tire est certainement, à court terme, une des clés du développement du bas du Cap.

Il y a d’autres pistes connues depuis longtemps. Cette fois, il faut aller plus loin que le pelletage de nuages et le poussage de crayons.