L’arc-en-ciel est de retour

ÉDITORIAL / Les couleurs de l’arc-en-ciel sont revenues au centre-ville de Trois-Rivières. En prévision de l’événement «Ensemble contre l’homophobie et la transphobie», qui a lieu du 16 au 19 mai, les traverses piétonnières de l’intersection des rues des Forges et du Fleuve ont été peintes aux couleurs de l’arc-en-ciel, symbole du mouvement LGBT+, de sa diversité et de sa fierté.

Les activités entourant la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie prennent de plus en plus d’ampleur à Trois-Rivières. Et l’événement lui-même gagne en visibilité. D’autres villes de la région souligneront cette journée mais c’est à Trois-Rivières que sont concentrées des activités comme une table ronde littéraire, une conférence sur les personnes trans et la diversité sexuelle, ainsi qu’une projection de film suivie d’une discussion.

Le point culminant aura lieu dimanche, tout juste après un pique-nique collaboratif pour parents et futurs parents LGBT. La grande marche de sensibilisation aura lieu dans les rues du centre-ville, pour se terminer au parc portuaire où un spectacle sera présenté.

Pour une deuxième année consécutive, c’est le Groupe régional d’intervention sociale (GRIS) Mauricie–Centre-du-Québec, déjà très actif pour ce qui est des témoignages en milieu scolaire notamment, qui a pris en charge l’organisation de l’événement.

Si l’homosexualité, la bisexualité et la transsexualité sont de plus en plus reconnues et acceptées, il y a encore beaucoup de sensibilisation à faire, même dans un pays comme le Canada, sur plusieurs enjeux reliés à l’homophobie. Celle-ci est toujours dans le haut de la liste des motifs d’intimidation les plus répandus dans les écoles.

Pourquoi tant d’activités de visibilité? Parce qu’il faut encore combattre certains préjugés tenaces au sein de la population. Il arrive encore que des personnes considèrent l’homosexualité comme étant une maladie mentale, qu’elle est contagieuse, qu’elle est synonyme de pédophilie, d’incapacité parentale et même qu’elle peut être guérie.

Beaucoup de progrès ont été réalisés au cours des dernières décennies. L’homosexualité et la différence sexuelle sont de plus en plus acceptées, peut-être en raison d’une présence plus «normale» dans des œuvres de fiction ou dans la sphère publique.

À ce propos, il se passe quelque chose de très intéressant chez nos voisins du sud depuis quelques semaines. Le candidat à l’investiture démocrate Pete Buttigieg est ouvertement homosexuel, croyant, pratiquant et marié religieusement à son conjoint. Une telle situation aurait été impensable il y a une dizaine d’années à peine. Dans plusieurs sondages concernant la course à plus de vingt candidats, Buttigieg est troisième derrière Joe Biden et Bernie Sanders. Il devance des gros noms comme Kamala Harris, Elizabeth Warren, Cory Booker ou Beto O’Rourke. Pour beaucoup d’États-Uniens, il est maintenant normal de voir des candidats politiques ouvertement homosexuels.

De ce côté-ci de la frontière, on pourrait croire que c’est encore davantage assimilé. Des leaders politiques comme Kathleen Wynne, ancienne première ministre de l’Ontario, ou Wade MacLachlan, ex-premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard, démontrent bien le haut degré d’ouverture de la population. Plus il y aura de leaders, d’artistes, de sportifs ou de personnalités ouvertement LGBT, plus il sera normal pour un jeune d’exprimer ou d’affirmer sa différence.

L’événement «Ensemble contre l’homophobie et la transphobie», qui se déroule de jeudi à dimanche, vient créer une autre forme de rencontre avec la population et donne une autre belle occasion de visibilité à la cause des droits des personnes LGBT.

Tant mieux si, un jour, on n’aura plus besoin de modèles inspirants ou d’activités de sensibilisation. En attendant, c’est bon d’avoir des organismes comme le GRIS et des activités comme la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie. En plus, ça vient mettre un peu de couleur dans la ville, comme pour inaugurer l’été.