Les voiliers, le navire Europa et la frégate NCSM Toronto ont attiré des milliers de personnes au parc portuaire.

L'appel du fleuve et des bateaux

Se pourrait-il que Trois-Rivières ait ravivé la flamme d'une vieille histoire d'amour avec les eaux qui la baignent? À voir la quantité de personnes qui se sont rendues au parc portuaire au cours de la fin de semaine dernière pour admirer les voiliers, le bateau de croisière et la frégate militaire qui y faisaient escale, il faut bien se rendre à l'évidence: Trois-Rivières est une ville d'eau, de fleuve, de bateaux. Et sur le plan touristique, ça devient un atout majeur.
On a parfois tendance à l'oublier, mais si Trois-Rivières est ce qu'elle est aujourd'hui, c'est beaucoup grâce au fleuve et à la rivière Saint-Maurice. Même le nom de la ville témoigne de l'importance de l'eau dans son identité et son histoire.
Au cours de la fin de semaine, les astres étaient alignés pour créer un rendez-vous ou un happening maritime. Le passage de grands voiliers dans le cadre du Rendez-vous 2017, jumelé à une escale - une rare escale de fin de semaine - de bateau de croisière et à la présence du NCSM Toronto, a peut-être donné à la ville et à la région un de ses plus beaux rassemblements estivaux. 
Pourtant, il ne s'agissait pas d'un festival à grand déploiement ni d'un événement coûteux. Et même s'il y a une grande part de chance dans la genèse de cet événement maritime impromptu, il serait certainement souhaitable d'envisager de bonifier le calendrier annuel des événements estivaux avec un événement à saveur maritime.
Le parc portuaire est devenu, au fil des ans, une agora privilégiée pour différents événements festifs, qui n'ont toutefois aucun lien avec l'eau ou la vocation maritime de la ville. Les Délices d'automne, le RibFest et les expositions de voitures modifiées ou anciennes, pour ne nommer que ceux-là, constituent des rendez-vous intéressants, certes, mais pourquoi ne pas faire en sorte qu'au moins une fois dans l'année, le parc portuaire soit le théâtre d'un événement qui colle à sa vocation première? 
On pourrait ressortir certaines idées mises de l'avant dans le cadre de l'événement «Trois-Rivières, ville maritime», au milieu des années 1990, porté à bout de bras par Phil Goyette. On se demande encore pourquoi cet événement, tout comme la Ferragosto, n'a pas survécu.
On pourrait s'inspirer des succès obtenus, invariablement, par le passage chez nous de navires imposants ou emblématiques: le navire de défense côtière NCSM Shawinigan à quelques reprises, la goélette Marie-Clarisse en 2001, le navire de recherche Lampsilis, les brise-glace en hiver, les navires de croisière... Il suffit souvent d'avoir un visiteur inhabituel au port pour voir affluer des centaines voire des milliers de curieux.
Il doit bien y avoir moyen de concocter une programmation d'activités et de spectacles pour remplir une fin de semaine quelque part entre le Festivoix et le Grand Prix.
La Ville et le Port ont développé, au cours des dernières années, une belle collaboration lorsque vient le temps de faciliter le tourisme maritime ou de redonner à la population des accès au fleuve. Il est permis de penser qu'une telle complicité pourrait servir la cause d'un événement touristique récurrent basé sur la vocation maritime de Trois-Rivières.
On a déjà accompli de grandes choses, notamment en faisant de la ville un port d'escale pour des bateaux de croisière. On doit bien être capable d'offrir à la population un rendez-vous annuel au bord du fleuve.
On a la preuve que ça peut marcher. Et que l'histoire d'amour entre la population et les bateaux est bien vivante.