Jeudi et aujourd’hui, ce sont plus de 4300 élèves du préscolaire, du primaire et du secondaire qui auront la chance de visiter le Salon du livre, de rencontrer des auteurs, de faire des découvertes et de participer à des activités conçues spécialement pour eux.

L’année de ses trente ans

ÉDITORIAL — Il en a coulé de l’eau sous les ponts depuis le tout premier Salon du livre de Trois-Rivières. L’événement, qui célèbre ses trente ans cette année, a atteint une belle maturité et a su devenir un rendez-vous incontournable qui va bien au-delà de la vente de livres et des dédicaces d’auteurs.

Avec plus de 350 auteurs invités et 200 maisons d’édition représentées, ce trentième Salon du livre est avant tout une célébration de la littérature, des mots, des images et de la langue. Il suffit de jeter un coup d’œil à la programmation, notamment aux tables rondes, aux entrevues et aux activités d’animation, pour s’en convaincre.

Les organisateurs du Salon du livre ont, conformément à leur thème de cette année, «joué d’audace» en confiant la présidence d’honneur à Alexandre Jardin, un monument de la littérature contemporaine il va sans dire. Le plus beau, dans tout ça, c’est que le populaire auteur a accepté avec plaisir l’invitation trifluvienne. À elle seule, sa présence au centre des congrès de l’Hôtel Delta pendant les quatre jours que dure l’événement témoigne non seulement de la sincérité de son engagement, mais aussi et surtout de la crédibilité qui enveloppe maintenant le Salon de Trois-Rivières.

Pour que cela devienne possible, il faut bien sûr une organisation solide. Mais il a surtout fallu, il y a trente ans, que des personnes aient l’idée de doter la région d’un tel événement. La Jeune chambre de commerce de Trois-Rivières y est pour beaucoup dans la mise en place du premier Salon, tenu dans les salles de récréation du Séminaire Saint-Joseph.

Au fil des ans, l’événement a évolué, a déménagé, a grossi et a élargi ses activités. Aujourd’hui, le Salon du livre tient des activités «hors les murs» dans des résidences de personnes âgées, des écoles, des bibliothèques et même au centre de détention.

C’est une chance d’avoir chez nous un tel événement. Jeudi et aujourd’hui, ce sont plus de 4300 élèves du préscolaire, du primaire et du secondaire qui auront la chance de visiter le Salon du livre, de rencontrer des auteurs, de faire des découvertes et de participer à des activités conçues spécialement pour eux. Certains de ces jeunes sont probablement déjà des passionnés de lecture. Mais il se peut fort bien que le Salon soit la bougie d’allumage pour quelques autres qui, par exemple, n’auraient pas eu la chance d’avoir été initiés à la lecture et au monde des livres chez eux. Seulement pour ça, l’événement est une nécessité.

Ce contact unique avec l’univers livresque permettra sans doute d’améliorer les statistiques saisissantes quant au niveau de littératie de la population québécoise. Des études et des statistiques récentes démontrent qu’au Québec, une personne sur cinq, soit 19 % de la population, est susceptible de se retrouver dans une situation où elle éprouvera de grandes ou de très grandes difficultés à lire et à utiliser l’écrit. Une personne sur trois (34,3 %) est susceptible de se retrouver dans une situation où sa capacité à lire sera relative à la présence de conditions facilitantes ou d’environnements écrits non complexes. Enfin, moins d’un Québécois sur deux (47 %) est susceptible de démontrer la maîtrise de compétences en littératie le rendant capable de lire en vue d’apprendre, de comprendre, d’agir ou d’intervenir en toute autonomie. C’est préoccupant.

Donner le goût de la lecture, procurer un contact avec les livres, créer des rencontres avec des auteurs, témoigner de la diversité de ce qui est publié un peu partout, voilà la mission de ce Salon du livre et voilà pourquoi il traverse maintenant les décennies sans prendre une ride.

Lire, apprendre, comprendre, se divertir, découvrir, s’évader, se détendre, confronter ses idées, ce sont toutes des activités qui ne se démoderont jamais.

On doit une fière chandelle à ceux et celles qui, il y a trente ans, ont cru que Trois-Rivières avait besoin d’un Salon du livre.

Et à tous les autres qui, depuis, ont assuré la pérennité de l’événement.