Le chef de la CAQ, François Legault.

L’année de la CAQ?

L’année 2018 sera le théâtre d’élections provinciales et, à moins de neuf mois du scrutin, la Coalition avenir Québec devance les libéraux dans la majorité des sondages. Il est encore tôt mais disons que le parti de François Legault n’a jamais été aussi bien positionné pour prendre le pouvoir.

Dans les scénarios les plus optimistes favorables à la CAQ, des régions complètes pourraient même virer caquistes. D’ailleurs, la plus récente projection de QC 125, publiée à la mi-décembre, avance que les quatre circonscriptions de la Mauricie, actuellement libérales, pourraient passer à la CAQ. Cette analyse, basée sur une moyenne de 50 000 simulations, a de quoi faire frémir les bonzes du parti libéral.

Les circonscriptions de Champlain et de Maskinongé seraient les plus susceptibles d’élire un représentant de la CAQ. Si cette prédiction n’est pas surprenante dans Champlain, où les électeurs ont l’habitude de suivre la tendance (au cours des dix dernières années, Champlain a été adéquiste, péquiste et libérale), des nuances plus importantes s’imposent dans Maskinongé où le député Marc H. Plante pourrait bénéficier d’un capital de sympathie souvent sous-estimé quand vient le temps de sonder les intentions de vote. Non seulement le jeune politicien fait un travail terrain remarquable (en fait, on le voit partout!), mais il a également pris de l’assurance au cours des derniers mois. On le voit d’ailleurs de plus en plus porter d’importants dossiers régionaux. En plus, selon ses collègues à l’Assemblée nationale, il figure parmi les députés qui représentent le mieux leur circonscription. Bref, il faudra plus qu’une affiche sur le poteau pour le déloger.

C’est à Trois-Rivières que la CAQ pourrait créer la plus grande surprise. Le libéral Jean-Denis Girard n’a pas mal fait depuis son élection en 2014, mais il n’est pas ressorti du lot non plus. Pourtant, il a eu toutes les chances de se mettre en valeur en obtenant dès son entrée à l’Assemblée nationale une responsabilité ministérielle économique et en étant nommé ministre responsable de la Mauricie. Quelques mois plus tard, ses patrons le reléguaient à simple député, rôle dans lequel on l’a senti plus à l’aise. M. Girard est un homme de terrain, honnête et efficace, mais son style effacé pourrait le rattraper aux prochaines élections et une candidature un tant soit peu solide dans le camp de la CAQ pourrait lui faire mal. 

Les caquistes doivent cependant résister à la tentation, comme l’a fait le PQ par le passé, de parachuter un candidat «vedette» dans Trois-Rivières. Le nom de l’ex-procureure en chef de la Commission Charbonneau, Sonia Lebel, a d’ailleurs alimenté les rumeurs. Ce serait une erreur. Un bon nom local serait davantage gage de succès.

Là où il risque d’avoir pas mal d’action en 2018, c’est dans la nouvelle circonscription redessinée de Laviolette–Saint-Maurice. Une première lutte devrait se passer à l’intérieur même des rangs libéraux puisque les députés des deux comtés fusionnés veulent rester en poste. Qui de Julie Boulet (Laviolette) ou Pierre Giguère (Saint-Maurice) aura la faveur des membres de l’association régionale? Voilà un face-à-face susceptible de laisser des marques et qui ne fait sûrement pas l’affaire des grands dirigeants libéraux. Surtout que Julie Boulet, en poste depuis 2001, a vraiment de meilleures chances de l’emporter que son collègue Giguère. En plus, Mme Boulet est revenue dans les bonnes grâces du gouvernement Couillard depuis quelques mois et il ne serait pas surprenant de voir le premier ministre intervenir pour être sûr de ne pas perdre cette nouvelle circonscription aux mains de la CAQ qui, prédit-on, pourrait aussi y faire bonne figure. 

Chose certaine, au terme des prochaines élections provinciales, le député de Nicolet-Bécancour Donald Martel ne devrait plus être le seul député de la CAQ dans la région Mauricie–Centre-du-Québec. Reste à voir combien de ses collègues caquistes prendront le chemin de Québec avec lui. Les paris sont ouverts.