L'épreuve de rallycross du GP3R.

La ville qui aime les chars

La 48e édition du Grand Prix de Trois-Rivières s'est ouverte vendredi. Pour les deux prochaines semaines, la ville vibre au même rythme que les moteurs des voitures et des autres véhicules qui seront en piste. Une atmosphère festive enveloppe le centre-ville. À n'en pas douter, le Grand Prix constitue le point culminant de l'été touristique à Trois-Rivières.
Le Grand Prix est présent dans le paysage estival de Trois-Rivières depuis cinquante ans, avec une pause vers la fin des années 80 en raison de difficultés financières. Au fil des ans, les Trifluviens ont apprivoisé l'événement et semblent de moins en moins incommodés par le bruit ou par les entraves à la circulation occasionnées par le débordement du circuit sur certaines artères entourant le parc de l'Exposition.
On se dit qu'au fond, c'est pour une courte période et que c'est un moteur économique considérable pour la ville et les commerçants.
Bien sûr, la présence en milieu urbain d'un circuit automobile peut provoquer une moue chez les plus proches voisins du circuit. Au pire un exil temporaire vers un chalet ou chez des amis ou des membres de la famille. Et c'est tout à fait compréhensible. Mais on ne peut certainement pas parler à Trois-Rivières d'un grand dérangement comme ç'a été le cas à Montréal en fin de semaine dernière.
La présentation d'une course de Formule E en plein centre-ville, autour de la tour de Radio-Canada, est loin d'avoir fait l'unanimité. Montréal est habituée à la course automobile, avec son grand prix de Formule 1 présenté à l'île Notre-Dame. Mais un circuit urbain, qui paralyse la circulation et qui gêne commerçants et résidents, elle ne connaissait pas ça. L'événement, rappelons-le, a coûté 24 millions de dollars à la Ville de Montréal.
Les organisateurs et le maire Coderre ont eu beau faire le bilan de l'événement en parlant d'un succès sur toute la ligne, c'est loin d'être l'impression qui s'en dégage quand on écoute les commentaires des citoyens et des gens d'affaires qui se retrouvaient enclavés.
Heureusement qu'il y a eu des gens du GP3R, le directeur général Dominic Fugère en tête, pour aller donner un coup de main sur le terrain. Les circuits urbains, ils connaissent bien.
Voilà que Montréal veut présenter de nouveau l'événement et peut-être même ajouter une autre série sur son circuit l'an prochain. C'est un peu dommage. Parce que ça joue peut-être dans les plates-bandes du GP3R.
Les promoteurs de la Formule E préfèrent les grandes métropoles et les capitales pour les différents grands prix de leur saison. C'est leur droit. Mais cela ne nous empêchera pas de penser que Trois-Rivières aurait pu être un cadre idéal pour la présentation de cette course de véhicules électriques. Faut-il absolument être dans une grande ville pour sensibiliser la population et les élus à l'électrification des transports? Par le biais d'une course de chars, de surcroît? Pas sûr...
Mais vouloir bonifier le week-end de Formule E à Montréal en ajoutant une autre série constitue peut-être une forme de concurrence dont Trois-Rivières n'a certainement pas besoin.
Maintenant que la métropole semble avoir, en matière de sport automobile, des visées autres que celles de son Grand Prix de Formule 1 et de son nouveau circuit pour voitures électriques, l'équipe du GP3R devra garder un oeil sur ce qui se brasse à Montréal.
Entre-temps, Dominic Fugère, son équipe et l'armée de bénévoles qui s'activeront au cours des deux prochains week-ends pourront continuer de faire ce qu'ils font de mieux: donner à Trois-Rivières un événement de grande qualité et de grande envergure.