Malgré le cynisme ambiant, l’indifférence de certains électeurs ou l’impression de «pareil au même», voter est un geste fort et nécessaire.

La tendance se maintiendra-t-elle?

ÉDITORIAL / La campagne électorale qui tire à sa fin a beau être plutôt terne selon certains, il n’en demeure pas moins qu’elle est un préambule essentiel à un exercice qui demeure encore un grand privilège et dont l’importance n’est pas moindre. Malgré le cynisme ambiant, l’indifférence de certains électeurs ou l’impression de «pareil au même», voter est un geste fort et nécessaire. Et si on se donnait comme objectif de faire grimper le taux de participation?

Depuis vendredi et jusqu’à lundi inclusivement, il est possible de voter par anticipation dans le cadre de cette quarante-troisième élection générale au Canada. Quatre jours de scrutin anticipé, qui font eux-mêmes suite à cinq jours de vote sur plusieurs campus d’institutions d’enseignement postsecondaire, voilà certainement une façon de permettre au plus grand nombre d’électeurs de voter sans être limité à la journée même du scrutin. Un millier d’électeurs ont déjà voté sur le campus de l’UQTR, la moitié de ceux-ci étant des électeurs de la circonscription de Trois-Rivières et l’autre moitié des électeurs inscrits dans d’autres circonscriptions électorales.

Ajoutons à cela le fait qu’il était aussi possible de voter dans les bureaux des directeurs du scrutin ou encore par la poste et on constate rapidement qu’un électeur canadien, à part peut-être par protestation ou par paresse, n’a aucune raison valable de ne pas exercer son droit de vote. Le fait de «ne pas être disponible» ou de «ne pas avoir le temps» le jour du scrutin ne tient plus comme justification tellement il y a de possibilités d’exercer son droit de vote.

Élections Canada déploie en effet beaucoup d’efforts pour pousser vers le haut le taux de participation. Et ça marche. En ce sens, le fédéral fait figure d’exception quand on compare avec les taux de participation à la baisse qu’on observe généralement au provincial et au municipal.

Depuis 2008, le taux de participation moyen, pour les quatre circonscriptions du territoire desservi par Le Nouvelliste, est passé de 63,1 % à 66,6 %. Dans Bécancour-Nicolet-Saurel, ce taux était de 65,5 % en 2008, 65,7 % en 2011 et 67,5 % en 2015. Dans Berthier-Maskinongé, le taux de participation est passé de 62,8 % en 2008, à 63,6 % en 2011, puis à 66,6 % en 2015. Dans Saint-Maurice–Champlain, on était sous la barre des 60 % (59,3 %) en 2008. En 2011, le taux de participation était de 60,7 %, alors qu’en 2015, il a atteint 65,1 %. Dans Trois-Rivières, enfin, le taux de participation en 2008 et en 2011 était pratiquement identique (64,6 % et 64,5 %) mais il grimpait à 67,2 % en 2015.

Ce qui a fait bondir le taux de participation, en 2015, c’est essentiellement le vote des jeunes. Les électeurs de 18 à 24 ans votaient dans une proportion de 38,8 % en 2011 mais en 2015, ils se sont rendus aux urnes dans une proportion de 57,1 %. C’est majeur.

Et si on se donnait pour mission de maintenir ou, mieux encore, d’améliorer le taux de participation à la présente élection? Le scrutin a beau être le 21 octobre, il est possible, doit-on le rappeler, de voter par anticipation jusqu’à lundi. Chaque électeur devrait avoir reçu l’information sur le lieu de vote par anticipation. Ces bureaux sont ouverts de 9 h à 21 h.

Lors des élections fédérales de 2015, pas moins de 20,8 % des électeurs canadiens avaient participé au vote par anticipation, une hausse de 74 % par rapport à l’élection de 2011. Élections Canada a dû apporter des changements pour faire face à cette nouvelle réalité. On a donc augmenté le nombre de bureaux pour voter par anticipation et prolongé les heures d’ouverture.

Avec le congé de l’Action de grâces, on est en pleine longue fin de semaine. C’est presque idéal pour voter. Peu importe de quel côté on penche, il reste un geste essentiel à poser pour donner un minimum de légitimité à ceux et celles qui nous représenteront à Ottawa.

Les hommes et les femmes qui aspirent à le faire méritent notre respect. La grande majorité d’entre eux le font pour les bonnes raisons, avec les meilleures intentions.

La façon la plus pertinente de leur montrer qu’on respecte cet engagement, c’est en se rendant voter. Et c’est déjà commencé.