La 51e édition du Festival western de Saint-Tite bat son plein.

La sage idée de rester à l’écart

ÉDITORIAL / La 51e édition du Festival western de Saint-Tite bat son plein. Chez les organisateurs, on a dû pousser un certain soupir de soulagement, plus tôt cette semaine, alors qu’on apprenait que les opposants aux rodéos n’entendent pas faire de coup d’éclat ou de grosse sortie médiatique pendant l’événement. C’est d’ailleurs une sage décision.

Le message des opposants aux rodéos et aux défenseurs des animaux a été entendu plusieurs fois au cours des dernières années. Il est maintenant plus pertinent d’attendre les conclusions du rapport du comité de travail mis en place avec le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation sur le traitement des animaux dans un contexte de rodéo.

Le professeur Alain Roy, qui était à l’origine d’une injonction visant à faire interdire la présentation d’un rodéo à Montréal par les organisateurs du FWST, en 2017, a indiqué plus tôt cette semaine qu’il n’allait pas envoyer d’observateurs à Saint-Tite au cours des prochains jours. La SPCA Montréal a aussi confirmé qu’elle n’entendait pas manifester à Saint-Tite et qu’elle allait attendre, elle aussi, le rapport du comité.

Ce comité aviseur du MAPAQ avait été mandaté il y a maintenant plus d’un an pour vérifier si la pratique des rodéos passait le test de la Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal, adoptée en décembre 2015. Cette loi interdit entre autres les abus ou les mauvais traitements pouvant affecter la santé des êtres animaux ou les actions ou omissions les exposant à de la détresse. Plusieurs prétendent que certaines épreuves de rodéo constituent des abus au sens de la loi.

Le fameux rapport se laisse donc désirer. Les membres du comité souhaitaient-ils se donner une deuxième mission d’observation à Saint-Tite avant de tirer leurs conclusions? Il n’y aurait assurément pas beaucoup de changement par rapport à ce qu’ils y ont vu en 2017.

L’organisation du Festival joue toujours la carte de la transparence, ce qui est tout à son honneur, et réitère inlassablement que les animaux des rodéos sont bien traités. Le débat demeure évidemment ouvert, puisque pour les défenseurs des animaux, la pratique des rodéos en soi constitue un mauvais traitement, peu importe l’armée de vétérinaires qui peut y être dépêchée ou le traitement royal que les hommes de chevaux réservent à leurs bêtes.

Même si ce n’est vraisemblablement pas avant le printemps prochain qu’on verra le dépôt du rapport du comité du MAPAQ, il faut s’attendre à ce que certaines épreuves du rodéo puissent recevoir un avis défavorable. Ailleurs au pays et chez nos voisins du sud, on retrouve des exemples d’épreuves jugées traumatisantes qui ont été retranchées des rodéos.

En attendant, le Festival se dirige tout droit vers un autre succès. La recette marche bien et elle attire autant les inconditionnels que les néophytes, année après année.

Une étude récente de KPMG réalisée pour le Regroupement des événements majeurs internationaux démontrait que le Festival western génère des retombées économiques de plus de 45 millions $ dans la région et constitue un des événements les plus payants au Québec. Pour chaque dollar investi, le Festival western rapporte 13 $ au gouvernement du Québec et 15 $ au gouvernement du Canada, ce qui le place devant le Grand Prix de Montréal ou le Festival de jazz, notamment. Pas mal, pour un festival organisé dans une municipalité de moins de 4000 habitants.

La région a de quoi être fière de ce qui se passe à Saint-Tite chaque mi-septembre.