Donald Martel

La résilience de Donald

Il aura fallu quelques jours à peine pour que Donald Martel retrouve son allant. Le député de Nicolet-Bécancour, exclu du conseil des ministres, se retrousse les manches et entreprend son troisième mandat avec beaucoup de résilience. C’est tout à son honneur.

Donald Martel avait toutes les bonnes raisons d’être en colère jeudi dernier. Il ne le dira pas, préférant justifier le visage long qu’il affichait lors de l’assermentation du conseil des ministres par une certaine tristesse. Si cette tristesse était légitime, une bonne colère intérieure pouvait l’être tout autant. Il n’y a pas de mal à ça.

Il n’est peut-être pas politiquement correct de l’écrire, mais Donald Martel a été sacrifié sur l’autel de la parité. Ou sur celui du surnombre.

Le premier ministre François Legault avait promis un conseil des ministres paritaire et il a tenu cette promesse. On peut certainement se demander ce qu’il serait arrivé si la CAQ avait fait élire disons 14 femmes au lieu des 28 qu’elle compte actuellement. Une seule députée n’aurait pas été ministre?

Le conseil des ministres du gouvernement de la CAQ compte 13 hommes et autant de femmes. Mais le bassin de députés formant le gouvernement compte, pour sa part, 28 femmes et 46 hommes. Une députée de la CAQ avait donc 46 % des chances d’être nommée ministre. En revanche, un élu masculin n’avait que 28 % des chances d’accéder à une fonction ministérielle.

Les différents engagements pris par les partis politiques pour augmenter le nombre de femmes candidates, en prévision d’une élection, sont parfaitement louables. On peut aussi dire que le fait de former un conseil des ministres paritaire envoie un message positif pour inciter un plus grand nombre de femmes à se lancer en politique. Rien de tout cela n’est ici remis en question. Le constat qu’on peut faire, par contre, c’est que des candidatures de qualité – comme celle de Donald Martel – ont pu être laissées de côté pour respecter les engagements en matière de parité homme-femme. Tout comme elles ont pu être laissées de côté pour des raisons de représentation régionale.

La question du surnombre est l’argument privilégié par le premier ministre pour justifier l’exclusion de députés comme Donald Martel. C’est plus élégant. C’est vrai qu’avec un bassin de 74 députés, la sélection des ministres est à la fois plus facile, sur le plan des compétences, et plus complexe, sur celui des choix déchirants qu’il faudra faire, inévitablement. Le surnombre est, en quelque sorte, un heureux problème.

Ceci étant dit, il faut s’attendre à voir atterrir Donald Martel à une fonction parlementaire prochainement. En plus d’être un ministre potentiel en attente d’un remaniement, il demeure un soldat indispensable à sa formation politique, principalement en raison de son expérience parlementaire.

On avait évoqué dans ces pages les fonctions de vice-président de l’Assemblée nationale, de leader adjoint, de whip adjoint du gouvernement ou de président de commission parlementaire. Mais l’enthousiasme de Donald Martel lorsqu’il parle, à la suite d’entretiens qu’il a eus avec François Legault et avec le chef de cabinet de celui-ci, de fonctions qui collent davantage à son expérience professionnelle et qui seront avantageuses pour la circonscription qu’il représente, il faut plutôt envisager une fonction d’adjoint parlementaire.

Adjoint parlementaire d’un ministre dont les dossiers collent à l’expérience personnelle et professionnelle, c’est un prix de consolation qui peut être intéressant.