Alex Bellemare

La région derrière Alex

Ce n’est pas arrivé très souvent, disons dans les trente dernières années, que la Mauricie s’est remplie de fierté pour un de ses athlètes aux Jeux olympiques d’hiver. Mais samedi soir, on pourra enfin renouer avec ce plaisir et encourager Alex Bellemare, un gars de Saint-Boniface, qui prendra part aux épreuves de ski acrobatique. En slopestyle, plus exactement.

Depuis 2006, année de la dernière participation du patineur de vitesse sur courte piste Éric Bedard aux Olympiques comme compétiteur, la Mauricie n’avait pas eu de représentants au grand rendez-vous des sports d’hiver. Heureusement, Bédard a laissé une marque impressionnante dans le grand livre d’histoire de la Mauricie olympique, avec quatre médailles au total. Le Thèclois d’origine avait décroché le bronze au 1000 mètres et l’or au relais 5000 mètres à Nagano, l’or au même relais à Salt Lake City et l’argent, toujours au relais masculin, à Turin.

Avant lui, le Latuquois Dany Bouchard avait participé aux épreuves de ski de fond à Albertville, en 1992, puis à Lillehammer en 1994. À ces mêmes jeux de Lillehammer, le Madelinois Pascal Caron faisait partie de l’équipe de bobsleigh. Il tentera de nouveau sa chance en 2002 à Salt Lake City après avoir purgé une suspension de quatre ans pour avoir été testé positif aux stéroïdes anabolisants, en 1995. Avant eux, il y a bien eu d’autres athlètes comme Linda Crutchfield – en ski alpin et en luge dans les années 60 – ou Lucien Laferté en saut à ski en 1948 et en 1952, qui ont marqué l’histoire sportive de la région. Mais l’engouement populaire et médiatique était différent. Tout comme les chances de médailles.

Alex Bellemare, donc, s’élancera en slopestyle samedi et ça tient presque du miracle. Il y a un mois, une vilaine chute l’a sérieusement blessé au dos, le forçant même à ne pas prendre part aux X Games. La bonne nouvelle, c’est qu’il assure maintenant qu’il est en plein contrôle de ses moyens, même si son dos le fait encore souffrir à l’occasion.

Il y a de ces exemples de courage et de rétablissement rapide, presque miraculeux, qui peuvent inspirer Alex Bellemare. Son compatriote Mark McMorris est revenu à la compétition, en snowboard slopestyle, après avoir subi de graves blessures l’an dernier. Il a décroché le bronze à PyeongChang. En patinage artistique, il suffit de voir les prouesses du Japonais Yuzuru Hanyu, après trois mois d’absence des compétitions, pour voir qu’il est possible de se remettre d’une chute qui a causé, dans son cas, une blessure aux ligaments de la cheville droite. Hanyu est pratiquement assuré de monter sur le podium, lui qui a offert le meilleur programme court jeudi soir.

C’est aussi pour tout ça que les Jeux olympiques demeurent un spectacle exceptionnel: pas tant pour le cadre ou le décor, mais pour tout ce qu’on retrouve de grand chez les humains qui en sont les acteurs.

Persévérance, résilience, détermination, capacité de surmonter la défaite ou les aléas de leur discipline: c’est ce qui fait la marque des grands qui se rendent jusqu’aux Olympiques. Les Jeux nous permettent souvent de mesurer tout le travail, toutes les heures d’entraînement, tous les sacrifices que font ceux et celles qui sont passionnés par un sport au point d’en devenir des champions à différentes échelles.

C’est aussi cela qu’il faudra voir quand notre skieur de 24 ans de Saint-Boniface s’élancera au parc à neige Phénix de Bokwang, en Corée du Sud.

Et puisque tous les espoirs sont permis, il faut aussi savoir que c’est sur ce même site de snowboard qu’il a obtenu son meilleur résultat en carrière, en février 2016. Il avait alors décroché la médaille d’or lors de cette étape de la Coupe du monde présentée en Corée du Sud.

Comme plusieurs autres avant lui, et peu importe le résultat qu’il obtiendra à PyeongChang, Alex Bellemare nous rend fiers. Et c’est bon d’être fier d’un gars de chez nous.