François Legault

La région comme champ de bataille

François Legault était de passage dans la région, mercredi, pour présenter la candidate qui portera les couleurs de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans Laviolette–Saint-Maurice. Attendez-vous à le voir revenir en Mauricie à plusieurs reprises au cours des six prochains mois. La région, on le sait, deviendra un champ de bataille où la CAQ espère déloger les députés libéraux en poste. Tous les récents sondages démontrent que les astres semblent s’aligner pour le parti de François Legault. Mais nous sommes à six mois des élections. Et six mois, en politique, c’est une éternité.

Mais si on regarde l’évolution des intentions de vote et le taux d’insatisfaction envers le gouvernement, on se rend bien compte que la partie n’est pas gagnée pour le Parti libéral du Québec. Les derniers chiffres donnent 37 % des voix à la CAQ, 26 % aux libéraux, 22 % au Parti québécois et 9 % à Québec solidaire. Chez les francophones, donc dans les régions centrales du Québec, le pourcentage des intentions de vote exprimées en faveur de la CAQ grimpe à 42 %. C’est beaucoup.

Des sites web et des blogues spécialisés en agrégation de données provenant de sondages et de résultats antérieurs présentent des projections de sièges, c’est-à-dire des scénarios de répartition des députés en fonction de l’évolution des intentions de vote. Sur le blogue Qc125, par exemple, on donne ces jours-ci 63 sièges à la CAQ, 40 sièges au PLQ, 18 sièges au PQ et 4 sièges à QS. Le plus frappant, c’est que le Québec central, depuis les Laurentides jusqu’à Charlevoix, en passant par Lanaudière, la Montérégie, le Centre-du-Québec, la Mauricie, la région de la Capitale-Nationale, la Beauce et une bonne partie de l’Estrie, serait balayé par la CAQ.

Les quatre circonscriptions de la Mauricie, actuellement détenues par des députés libéraux, pourraient donc passer aux mains de la CAQ. Marie-Louise Tardif aurait peut-être un peu plus de travail dans Laviolette–Saint-Maurice, où Julie Boulet a toujours obtenu la faveur des électeurs chaque fois qu’elle l’a sollicitée. Même avec le redécoupage de la carte électorale, Mme Boulet demeure une adversaire difficile à déloger.

Il ne faut pas oublier que les quatre circonscriptions du Centre-du-Québec sont déjà représentées par la CAQ. Et le parti de François Legault mise beaucoup sur le nord du fleuve pour espérer former le gouvernement et, avec plus d’ambition encore, le rendre majoritaire.

On connaît donc celle qui représentera la CAQ dans Laviolette–Saint-Maurice. On a déjà une petite idée de celle qui atterrira dans Champlain. La candidature de Me Sonia LeBel, ex-procureure de la commission Charbonneau, sera vraisemblablement annoncée dans Champlain au cours des prochaines semaines. La CAQ aimerait bien, dit-on, présenter une femme dans Maskinongé mais aucun nom n’a encore émergé de cette chasse aux candidatures.

Enfin, dans Trois-Rivières, les rumeurs concernant Yves Lévesque ont perdu en intensité mais celles à propos de la candidature de Me Jean Boulet en gagnent toujours. Même s’il continue à nier, le principal intéressé pourrait bien être le porte-étendard de la CAQ pour affronter Jean-Denis Girard.

Si tel est le portrait et que la CAQ demeure populaire dans les intentions de vote au point de faire des gains en Mauricie, cela peut devenir très intéressant pour la région sur le plan du poids politique. Même si l’exercice demeure hautement hypothétique, on peut imaginer la place que pourrait occuper la région au sein d’un gouvernement caquiste; avec des figures comme Sonia Lebel, Jean Boulet et Donald Martel on peut penser que la région serait bien représentée au conseil des ministres ou dans la garde rapprochée de François Legault.

Évidemment, il y a encore loin de la coupe aux lèvres pour les candidats de la CAQ. Mais si la performance de leur parti dans les sondages se maintient, un tel scénario devient possible. Et il mérite réflexion.