Yves Lévesque

La menace du maire

La campagne électorale à Trois-Rivières n'est pas encore officiellement lancée que le torchon brûle déjà entre les deux candidats à la mairie. Yves Lévesque et Jean-François Aubin se sont notamment crêpé le chignon en début de semaine sur les ondes du 106,9. Visiblement, les Trifluviens auront droit à une lutte sans merci. Les hostilités sont tellement intenses que le maire Lévesque a «menacé» de participer à un débat, lui qui a toujours fermé la porte à cette possibilité.
Bizarrement, c'est Yves Lévesque lui-même qui a mis le feu aux poudres lundi alors que l'animateur Robert Pilotte l'a surpris sur son elliptique pour lui parler de tout et de rien et ainsi meubler l'actualité qui peut être assez tranquille merci en cette période estivale. En fait, une lettre ouverte publiée dans Le Nouvelliste critiquant le Cirque du Soleil devait être au centre des discussions. Rapidement, l'échange entre le maire Lévesque et l'animateur s'est transformé en charge en règle contre le conseiller municipal et rival Jean-François Aubin. Comme ça, sans raison.
Il est surprenant de voir Yves Lévesque aussi réactionnaire alors que plusieurs observateurs le considèrent grand favori dans cette course à la mairie. Au lieu d'attaquer, il devrait plutôt attendre les attaques. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu'il réagit un peu trop intensément en public. Aux derniers Grands Prix culturels, il avait vivement répliqué au jeune cinéaste Alexandre Dostie qui avait profité de la tribune dont il bénéficiait pour le critiquer. Yves Lévesque n'a jamais été du style à se laisser piler sur les pieds, mais on le sent beaucoup plus nerveux qu'à l'habitude. En bon québécois, disons qu'il a la mèche pas mal courte. Est-il inquiet? Fatigué?
Peut-être ne s'attendait-il pas à recevoir une opposition aussi coriace de la part de Jean-François Aubin. «Je m'attendais à être tranquille...», a-t-il laissé échapper dans son envolée verbale sur les ondes de 106,9. Il risque de trouver les prochaines semaines pas mal longues s'il s'attendait à une petite campagne électorale sans histoire et à une réélection facile. 
Il faut dire également que le maire de Trois-Rivières a dû changer son fusil d'épaule à plusieurs reprises au cours des derniers mois, notamment dans les dossiers de la fluoration de l'eau, des jeux d'eau et de la rue Henri-Audet. Yves Lévesque aime dicter le jeu et ces changements de cap imposés pourraient aussi expliquer cette grande exaspération qu'il affiche depuis quelque temps.
La bonne nouvelle dans tout ça, c'est de l'entendre soulever la possibilité de prendre part à un débat. En fait, il menace plutôt son adversaire de l'affronter publiquement «s'il continue à dire des conneries».
 Un débat ne devrait pas être une menace mais bien un devoir et une nécessité. Les dossiers importants sont nombreux à Trois-Rivières et ce sont les électeurs qui sortiraient gagnants d'entendre les candidats échanger sur les orientations qu'ils ont l'intention de mettre de l'avant pour les quatre prochaines années.
Espérons maintenant qu'il ne changera pas d'idée. On le sait, Yves Lévesque ne raffole pas des débats. Son expérience, son instinct politique et son bilan quand même assez reluisant devraient plutôt l'inciter à participer à cet exercice démocratique. En autant évidemment qu'il puisse garder son calme...