Au Grand Prix de Trois-Rivières, Yves Lévesque a perdu son pari et il a fini dernier en Coupe Micra. Il a même concédé la victoire à Michel Barrette après la première course alors qu’il en avait une deuxième pour se reprendre. Ce n’est pas le Yves Lévesque qu’on connaît, ça! Résultat: le maire de Trois-Rivières a dû tondre le gazon du parc Champlain.

La course de trop

Est-ce qu’Yves Lévesque essaie d’apprendre à perdre? À lâcher prise? À s’en aller?

Le maire de Trois-Rivières savait très bien qu’il avait très peu de chances de gagner son pari contre Michel Barrette au Grand Prix de Trois-Rivières. Mais c’était plus fort que lui: il voulait être de la course! Yves Lévesque carbure aux défis et il ne veut surtout pas démontrer qu’il n’a pas (ou plus) le pouvoir d’aspirer aux grands honneurs.

Mais voilà, avec le temps qui passe, les années nous rattrapent et la loi de la moyenne finit par jouer contre nous. Au Grand Prix de Trois-Rivières, Yves Lévesque a perdu son pari et il a fini dernier en Coupe Micra. Il a même concédé la victoire après la première course alors qu’il en avait une deuxième pour se reprendre. Ce n’est pas le Yves Lévesque qu’on connaît, ça! Résultat: le maire de Trois-Rivières a dû tondre le gazon du parc Champlain. À bras, s’il-vous-plaît!

Ce duel amical était à la fois drôle et sympathique (surtout qu’il a permis d’amasser de l’argent pour la lutte contre le cancer), mais il cache quelque chose d’un peu plus profond et triste. Yves Lévesque est tanné. On le voit beaucoup moins souvent que par le passé. Il ne se gêne d’ailleurs pas pour le répéter: il est fatigué de la politique municipale et sa longue course en tant que maire de Trois-Rivières semble visiblement tirer à sa fin.

En fait, Yves Lévesque semble vivre des sentiments vraiment contradictoires ces jours-ci. Il aime être en contact avec la population et c’est en fait cette exceptionnelle proximité avec les gens qui lui a permis de résister au temps.

En revanche, il n’a plus envie de s’obstiner pour faire passer ses idées et ses projets. Bref, il est fatigué de se battre. En perdant la majorité des appuis autour de la table du conseil de ville, il a perdu ce contrôle qui lui permettait (à tort ou à raison) d’avoir toujours le dernier mot.

À l’époque du Groupe des 7, Yves Lévesque avait le goût de se battre… et il détenait le vote qui lui permettait de faire pencher la balance sur son bord! Aujourd’hui, il ne l’a plus et, de surcroît, l’opposition devant lui est plus subtile. Moins systématique. Elle n’en est que plus crédible mais surtout moins tolérable.

Bref, c’est le mandat de trop pour Yves Lévesque. Il aurait pu facilement se retirer dans la gloire avant les dernières élections municipales. Mais non! Comme au GPTR, il voulait encore être de la course. Il voulait avoir un cinquième mandat et, surtout, il voulait couper le ruban de son nouveau Colisée. Regrette-t-il cette décision aujourd’hui? Chose certaine, il commence à payer le prix de cet acharnement et c’est assurément plus douloureux que de faire le gazon devant un public rieur.

Fera-t-il le saut en politique fédérale? Une option intéressante qui lui offre une porte de sortie élégante tout en préservant un parachute en cas de défaite. Mais, justement, a-t-il envie de revenir? De toute façon, Yves Lévesque ne doit même plus savoir s’il est prêt pour le fédéral tellement son «écoeurantite» a l’air aigüe… et que la victoire est loin d’être acquise après l’affaire Maxime Bernier!

En fait, la question qu’il faut poser actuellement est la suivante: à quel prix faut-il s’accrocher? Trop s’accrocher peut avoir des effets négatifs sur la santé, sur la famille et sur le souvenir qu’on va laisser de notre passage. Yves Lévesque est en train de le réaliser.

Peu importe ce que l’avenir lui réserve, Yves Lévesque demeurera l’un des plus grands maires de l’histoire de Trois-Rivières. Le maire de la fusion, le maire des grands projets, de la revitalisation du centre-ville. Et ce n’est pas fini: Yves Lévesque a encore beaucoup à donner. À lui d’évaluer où il veut aller et le prix qu’il est prêt à payer pour s’y rendre. Ce qui est fait est fait et d’autres suivront pour essayer de faire mieux.

C’est la roue qui tourne et, un jour, il faut se dire que la course est finie.