Avec la nomination des membres des différents comités et groupes de travail, et aussi avec la désignation de membres du conseil au sein d'organismes extérieurs qui requièrent la présence d'un représentant de la Ville, le maire devient un peu comme un premier ministre qui compose son conseil des ministres.

La carotte et le bâton

À Trois-Rivières, le dévoilement de la composition des principaux comités est toujours l'occasion de faire quelques découvertes sur l'humeur du maire. Et sur certaines aberrations.
Le conseiller municipal Jean-François Aubin.
Avec la nomination des membres des différents comités et groupes de travail, et aussi avec la désignation de membres du conseil au sein d'organismes extérieurs qui requièrent la présence d'un représentant de la Ville, le maire devient un peu comme un premier ministre qui compose son conseil des ministres.
Nous sommes dans un monde où le favoritisme, la récompense et la punition prennent souvent le dessus sur le gros bon sens ou les affinités naturelles.
La formation des comités, à Trois-Rivières comme ailleurs, est souvent inspirée de la politique de la carotte et du bâton.
On a fait état, plus tôt cette semaine, du fait que le conseiller du district de Marie-de-l'Incarnation, Jean-François Aubin, perdait deux comités importants: celui de la Société protectrice des animaux de la Mauricie et celui de la Société de développement commercial du centre-ville.
Il conserve certains groupes de travail et d'autres comités de moindre envergure et s'est même vu ajouter une désignation à d'autres comités plus discrets: celui des Bassins versants des rivières du Loup et Yamachiche, celui du Comité ZIP Les deux rives et celui du Musée québécois de culture populaire.
On peut aussi se consoler: il reste en poste dans ses comités à saveur sociale et communautaire. Et il est loin d'être le moins occupé des conseillers municipaux.
Il est vrai que c'est une prérogative du maire de procéder aux désignations et aux affectations. Dans plusieurs cas, le cabinet du maire tient compte des affinités et des intérêts. Mais de telles nominations sont souvent significatives au point de vue des relations politiques au conseil municipal.
On s'explique mal pourquoi le conseiller Aubin ne siège pas à la Corporation pour le développement de l'île Saint-Quentin, pourtant située dans son propre district électoral.
On comprend bien le lien géographique naturel qui fait en sorte que François Bélisle, le conseiller de Pointe-du-Lac, se retrouve à la Table de concertation régionale du lac Saint-Pierre. Mais pourquoi comme substitut? Et pourquoi M. Bélisle n'a-t-il pas hérité du comité des Bassins versants des rivières du Loup et Yamachiche?
Dans le même registre des aberrations géographiques, il n'est pas normal que ni Jean-François Aubin, ni Guy Daigle ne siègent à la SDC. Ce sont les deux seuls dont le district électoral englobe une partie du centre-ville.
On peut aussi se questionner sur la charge de travail de certains conseillers.
Comment se fait-il que le conseiller du district de Laviolette, Guy Daigle, se retrouve uniquement vice-président du comité exécutif et ne soit membre d'aucun autre comité ou groupe de travail? En tant que vice-président du comité exécutif, il empoche une rémunération additionnelle totale de 20 114 $, ce qui porte son salaire de conseiller à 63 253 $ incluant une allocation de dépenses de 14 380 $.
C'est vrai que le comité exécutif est une lourde tâche pour un conseiller avec sa trentaine de réunions par année. Mais quand Fernand Lajoie agissait comme vice-président de ce comité, il était aussi maire suppléant et représentait la Ville sur quelques autres comités.
Et au sein même du conseil actuel, il y a des conseillères et des conseillers qui cumulent deux groupes de travail et une dizaine de comités. Même si ceux-ci ne se rencontrent pas tous à la même fréquence, cela représente une variété impressionnante de dossiers à connaître et à maîtriser.
Il doit sûrement être possible de trouver une façon plus équitable de répartir les comités et les désignations au sein du conseil.
Mais tant qu'il n'y aura pas de volonté politique pour revoir cette façon de faire, on restera toujours pris avec les carottes et les bâtons.